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"S'il vous plaît, ne nous faites pas de mal" : l'appel désemparé d'un marin bloqué avec son équipage dans le détroit d'Ormuz

Quelque 20.000 marins sont bloqués et environ 2.000 navires sont immobilisés depuis que le trafic a été interrompu dans le détroit d'Ormuz, alors que Téhéran et Washington imposent chacun un blocus distinct.

Le détroit d'Ormuz, au Moyen-Orient, le 25 juin 2025.

Crédit : Giuseppe CACACE / AFP

Juliette Vignaud & Vincent Serrano

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Il est bloqué depuis bientôt deux mois dans le détroit d'Ormuz. Le capitaine Kapour est coincé avec son équipage dans le golfe Persique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Quelque 20.000 marins et environ 2.000 navires sont immobilisés, alors que la menace d'une guerre navale de grande ampleur plane plus que jamais sur ce passage maritime stratégique, bloqué à la fois par l'Iran et les États-Unis.

"On a vu de nombreux missiles, des explosions, beaucoup d'incidents", raconte le capitaine indien au micro de RTL. "Chaque jour, on reçoit des informations sur une possible nouvelle escalade. L'équipage est toujours inquiet pour sa sécurité", poursuit-il. "Les marins veulent rentrer chez eux."

Et de regretter : "Nous ne sommes pas préparés pour la guerre, nous ne sommes pas entraînés pour la guerre. Nous sommes de simples marins innocents, des matelots". "Évidemment que les bateaux sont liés à des pays mais nous, nous sommes des victimes collatérales de la guerre", conclut-il, avant de lancer un appel : "S'il vous plaît, ne nous faites pas de mal. Nous sommes innocents." 

Le chef de l'agence maritime de l'ONU a lancé, mardi 21 avril, un appel à venir en aide à ces équipages isolés. Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), a indiqué que certains pays ont mis en place des lignes d'assistance téléphonique accessibles 24 heures sur 24, tandis que d'autres leur fournissent de la nourriture. Mais davantage pourrait être fait au niveau personnel, comme "leur fournir un accès au Wi-Fi afin qu'ils puissent contacter leurs familles et leur faire savoir qu'ils vont bien".

Un point de tension

Le contrôle du détroit d'Ormuz apparaît comme la pièce maîtresse de Téhéran dans ses négociations avec Washington. La semaine dernière, dans le contexte du cessez-le-feu conclu le 8 avril, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a annoncé la réouverture de la route maritime avant de rétropédaler. En effet, dès le lendemain, Téhéran est revenu sur sa décision, prenant pour motif le maintien du blocus américain des ports iraniens.

Avec le blocus américain, le détroit est passé de possible "monnaie d'échange à un point de tension susceptible d'entraîner une escalade militaire", affirment les analystes de l'International Crisis Group (ICG), à l'Agence France-Presse (AFP). Samedi 18 avril, un navire du français CMA CGM a notamment "fait l'objet de tirs de semonce" alors qu'il se trouvait dans le bras de mer. 

Dimanche, la marine américaine a ouvert le feu sur un cargo iranien qui tentait de forcer le blocus des ports iraniens par les États-Unis. Le navire a été intercepté dans le golfe d'Oman, puis immobilisé par des tirs sur la salle des machines. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé avoir sommé l'équipage du navire d'évacuer l'espace avant d'endommager son système de propulsion par plusieurs salves d'obus. 

Depuis dimanche, seuls quatre navires ont effectué la traversée dans un sens ou dans l'autre du détroit d'Ormuz, selon la société de suivi maritime Kpler. 

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