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“Cela fait un mois qu’on n’est pas ravitaillés” : bloqué dans le détroit d’Ormuz, un marin chinois partage son quotidien depuis le début de la guerre

Bloqué sur son tanker depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, un marin chinois documente son quotidien dans le détroit d’Ormuz. Entre pénurie d’eau, rationnement et incertitudes, il partage avec ses abonnés une vie suspendue, au cœur des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis.

Le détroit d'Ormuz, au Moyen-Orient, le 25 juin 2025.

Crédit : Giuseppe CACACE / AFP

Yasmine Boutaba

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Depuis sa cabine, Zhang Changchui, marin de 37 ans, filme un horizon saturé de pétroliers immobiles. Comme lui, des milliers de marins sont coincés dans le détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis, déclenchée le 28 février. Sur ses réseaux sociaux, où il rassemble plus de 100.000 abonnés, il raconte cette attente interminable.

"Nous sommes toujours bloqués, nous continuons à faire des manœuvres dans le détroit. C’est pareil pour les autres bateaux autour de nous", explique-t-il dans l’une de ses vidéos. Au loin, il aperçoit les côtes iraniennes et redoute une escalade : "Les Américains vont venir ici et transformer le détroit en champ de bataille, j’en suis sûr."

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Pénuries et système D à bord

À bord, les conditions de vie se dégradent. L’équipage n’a pas été ravitaillé depuis un mois, obligeant chacun à s’adapter. Zhang détaille un quotidien fait de débrouille et de rationnement.

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"Cela fait un mois qu’on n’est pas ravitaillés, donc on continue de rationner l’eau douce", raconte-t-il. Dans les cabines, trois récipients servent à gérer l’eau : l’un pour récupérer l’eau de mer utilisée pour les sanitaires, un autre pour la toilette notamment pour se laver le visage et se doucher, et une bouteille dédiée au brossage des dents.

Côté alimentation, les réserves s’amenuisent. "Il ne nous reste que quelques choux, des oignons et des pommes de terre", précise le marin. Le reste des repas dépend de la pêche quotidienne, devenue essentielle pour survivre. Même ses tentatives de cultiver des pastèques à bord ont échoué.

La situation de Zhang est loin d’être isolée. Environ 20.000 marins seraient actuellement bloqués dans le détroit d’Ormuz, suspendus aux évolutions du conflit et à une éventuelle reprise du trafic maritime.

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