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Royaume-Uni : pourquoi Londres est en train de se vider de ses habitants

ÉDITO - La ville de Londres, au Royaume-Uni, a perdu 8% de sa population l'an passé. Une saignée inédite depuis la Seconde Guerre mondiale.

Illustration du quartier de la City à Londres, le 15 janvier 2021
Illustration du quartier de la City à Londres, le 15 janvier 2021
Crédit : Tolga Akmen / AFP
Royaume-Uni : pourquoi Londres est en train de se vider de ses habitants
03:11
François Lenglet - édité par Benjamin Hue

Les chiffres sont incroyables. Sur la seule année dernière, la capitale britannique a perdu 700.000 habitants, pour une bonne part des résidents étrangers, soit 8% de sa population. Jamais on a vu une telle saignée depuis la Seconde Guerre mondiale. 

En fait, on observe ce phénomène de contraction dans toutes les grandes métropoles de la planète en ce moment, mais il est beaucoup, beaucoup plus puissant dans la capitale britannique. Il est vrai qu’elle avait au contraire aimanté de puissants flux de population dans les années précédentes.

L’épidémie de Covid, qui est au Royaume-Uni plus forte qu’ailleurs, a fait fuir bon nombre d’Européens, en particulier provenant de l’Est de l’Europe, à cause de la crainte de la contagion. Sans compter les restrictions d’activités pour les restaurants, qui employaient beaucoup de personnel étranger, lesquels n’ayant plus de travail, sont rentrés chez eux.

La perspective du Brexit n'a rien arrangé. La rupture officielle avec l’Europe n’a été effective qu’au 31 décembre dernier. Le climat est beaucoup moins tolérant vis à vis des étrangers, fussent-ils européens.

Les prix des loyers ont baissé

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Certains secteurs comme la finance ont vu des emplois se délocaliser à cause du rétablissement des frontières, qui pénalise les banques britanniques. 7.000 emplois financiers auraient disparu à la City, non pas au profit de Paris ou de Francfort comme on l’attendait, mais d’un outsider, qui le mois dernier a dépassé Londres pour les transactions d’actions européennes, Amsterdam. 

À tout cela s’ajoute l’exode vers les banlieues, provoqué par la montée des prix de l’immobilier, les difficultés de circulation, qui a été accéléré par l’essor du télétravail.

Conséquence de cet exode : les prix des loyers ont connu une baisse inédite. Moins 8% en moyenne, et jusqu’à - 40% dans l’hyper centre, où les prix étaient déments. Même après cette très forte baisse, un deux pièces s’y loue encore 2.500 euros par mois. Les prix à la vente marquent le pas également.

Même tendance à San Francisco, New York et Paris

On observe ces tendances dans toutes les grandes villes. C’est particulièrement net à San Francisco, qui elle aussi refoule des habitants en périphérie à cause des prix, des conditions de vie de plus en plus difficiles et du télétravail. 

À New York encore, qui avait été aussi une ville très attractive. New York subit en outre une extraordinaire remontée des violences, vols et crimes depuis 2020. Au second semestre 2020, les demandes de changement d’adresse postale y ont été six fois plus nombreuses que l’année précédente. Les ventes de maisons dans les comtés adjacents comme Westchester ont bondi de 65%. 

Quant à la région parisienne, on y observe aussi ce regain d’intérêt pour les banlieues, au détriment de la capitale. Dès avant l’épidémie, Paris perdait continument des habitants. De 2017 à 2019, 40 000 parisiens avaient disparu. Des classes sont fermées chaque année. Et ce sont les arrondissements centraux qui se vident le plus, le 8ème en particulier, -7% sur trois ans.

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