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Rohingyas : la vie des réfugiés à la frontière du Bangladesh

La Birmanie et le Bangladesh ont signé le 23 novembre un accord au contenu flou sur le retour "dans les deux mois" de réfugiés récemment passés au Bangladesh. Aujourd’hui, ils sont encore plus de 620 000 Rohyngyas réfugiés au Bangladesh voisin dans des camps de fortune.

Marc-Olivier Fogiel RTL Monde Marc-Olivier Fogiel & Correspondants RTL à l'étranger
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Rohingyas : la vie d'Harif, réfugié à la frontière du Bangladesh Crédit Image : Nicolas Burnens | Crédit Média : Nicolas Burnens | Durée : | Date : La page de l'émission
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Nicolas Burnens Journaliste RTL

La vie d'Harif, 42 ans, s'est arrêtée sur un terrain vague de boue et de poussière, situé juste derrière la clôture militaire birmane, à la lisière du Bangladesh. Dans son abri de fortune, fait de bâches en plastique, le réfugié rohingya conserve une vidéo, enregistrée sur son téléphone portable. 

"On voit notre maison brûler, ma femme crie tellement fort qu'elle a perdu connaissance. Quand elle s'est réveillée, je lui ai dit : 'Ne crie pas, nous sommes vivants, c’est le principal'. Seuls ceux qui ont perdu leur terre, vu leur famille être tuée devant leurs yeux, et vivre désormais dans des tentes peuvent comprendre ce que nous avons vécu", explique le Rohingya

La Birmanie et le Bangladesh ont signé jeudi 23 novembre un accord au contenu flou sur le retour "dans les deux mois" de réfugiés récemment passés au Bangladesh. Le texte convenu par les deux parties "stipule que le programme de retours doit débuter dans les deux mois" selon le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh. 

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De la nourriture grâce aux associations bangladaises

Pour l'instant, sous la surveillance de gardes-frontières en armes, Harif est autorisé chaque soir, à traverser l'eau brunâtre du canal, pour récupérer, juste de l'autre côté, des sacs de nourriture déposés par des associations bangladaises. Une solidarité qui touche celui qui a dû fuir la Birmanie. "Deux ou trois jours après être arrivé, la population nous a donné beaucoup de choses, nous ne pensions pas que cela serait à ce point. Les relations entre nous sont bonnes, les Bangladais nous oppresse pas comme au Birmanie", confie Harif. 

Dépassé par le nombre de réfugiés, le Bangladesh n'incite plus, aujourd'hui, ceux encore en terre birmane, à rejoindre son territoire. Alors où aller ? C'est ce que se demande Dilma Amar, exténué par la chaleur. Ce père de famille erre depuis des semaines dans ce no man's land.

Nous vivons donc dans ce no man’s land pour sauver notre vie.

Dilma, Rohingya réfugié derrière la frontière entre Birmanie au Bangladesh.
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"Le Bangladesh nous dit que nous devons rentrer dans notre pays. De son côté, le gouvernement birman affirme que les opérations militaires sont terminées, mais j’ai des informations qui me disent que les Rohingyas continuent à fuir", s'inquiète le père de famille. "Nous vivons donc dans ce no man’s land pour sauver notre vie

Nous rentrerons quand nous obtiendrons nos droits civiques , nos terres et nos maisons", assure Dilma. Le long de la clôture, l'armée birmane a miné la frontière, pour dissuader ceux qui ont fui de retourner sur leurs pas, condamnant les réfugiés, à vivre ici, dans une prison à ciel ouvert.

Une des plus graves crises humanitaires du XXIe siècle

Un groupe de travail doit être mis en place dans les trois semaines pour décider des modalités de rapatriement des Rohingyas bloqués dans ces camps improvisés. Pourtant, leur nom reste tabou. En effet, l'accord n'emploie pas le terme "rohingya" que refusent les autorités birmanes. Les critères de rapatriement ou le nombre des personnes concernées par ce programme ne sont pas non plus précisés.

Face à une campagne de répression de l'armée birmane que l'ONU considère comme une épuration ethnique, une vague humaine a submergé le Bangladesh et engendré l'une des plus graves crises humanitaires de ce début de XXIe siècle en Asie

Depuis la fin août et l’attaque par des partisans de l’Armée du Salut des Rohyngas de l’Arakan (ARSA) d’une trentaine de postes de police, l’armée birmane a mené de nombreux raids présentés comme des opérations anti-terroristes. Aujourd’hui, ils sont plus de 620 000 Rohyngyas réfugiés au Bangladesh voisin dans ces camps de fortune.

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Rohingyas : la vie des réfugiés à la frontière du Bangladesh
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La Birmanie et le Bangladesh ont signé le 23 novembre un accord au contenu flou sur le retour "dans les deux mois" de réfugiés récemment passés au Bangladesh. Aujourd’hui, ils sont encore plus de 620 000 Rohyngyas réfugiés au Bangladesh voisin dans des camps de fortune.
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2017-11-25 00:57:00
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