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Rohingyas : dans l'enfer des camps de réfugiés au Bangladesh

Des centaines de milliers de Rohingyas s'entassent dans le sud du Bangladesh, contraints de fuir la Birmanie. Ils survivent dans des camps surpeuplés dans des conditions effroyables.

Quelque 900.000 musulmans rohingyas de Birmanie ont trouvé refuge au sud du Bangladesh, où ils survivent des conditions déplorables
Quelque 900.000 musulmans rohingyas de Birmanie ont trouvé refuge au sud du Bangladesh, où ils survivent des conditions déplorables
Crédit : Nicolas Burnens
Rohingyas : dans l'enfer des camps de réfugiés au Bangladesh
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Nicolas Burnens & La rédaction numérique de RTL

Posé sur un flanc de colline, balayé par la pluie, son refuge se résume à des bâches en plastique, consolidé par des morceaux de bambou. Fariza Katoun, 14 ans, survit dans cet abri de fortune avec sa cousine. Sa gorge se noue lorsqu'elle évoque la fuite de son village, attaqué par l'armée birmane.

"Les militaires ont commencé à tirer, tout le monde a couru et j’ai perdu de vue mes parents, raconte-t-elle. J'ai fui avec d'autres villageois. Nous avons traversé des rivières et des forêts. Nous avons marché pendant 7 jours jusqu'à la frontière. Au bord de la route, j'ai vu des morts. Certains avaient les mains et les jambes coupées."

Quelque 900.000 musulmans rohingyas de Birmanie s'entassent dans des conditions insalubres dans des camps de tentes dans le sud du Bangladesh, où plus de 600.000 d'entre eux sont arrivés depuis fin août pour fuir ce que l'ONU considère comme une "épuration ethnique". Les camps sont surpeuplés et la nourriture manque, si bien que la malnutrition menace les réfugiés

Des familles séparées

Depuis deux mois, l'adolescente s'accroche à l'espoir de revoir le visage de ses parents ressurgir dans la poussière des camps. "J’ai croisé des hommes en uniformes et je leur ai dit que j’avais perdu mes parents. Ils m’ont demandé le nom de mon père, de mon frère et de ma sœur, ainsi que l’adresse ou je vis maintenant dans le camp. Ils m'ont dit que s’ils trouvaient quelqu’un, ils me le diraient. Je suis inquiète pour eux, je ne sais pas si je les retrouverai, je ne pense qu'à ça."

Le camp de Burmapara
Le camp de Burmapara
Crédit : Nicolas Burnens
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Sous un soleil de plomb, Abdul Karim, 15 ans, attend des heures au bord de la route la distribution de nourriture des humanitaires, tente de trouver de l'eau ou de collecter du bois dans la forêt pour cuisiner. Ses frères et sœurs ont été exécutés, puis brûlés devant ses yeux. "Je suis en colère, j’ai de la haine au fond de mon cœur, explique-t-il. Je veux prendre ma revanche. Si je les retrouve, je les tue, c'est eux qui sont responsables, eux qui ont tué ma famille. Mais je n'ai pas l'autorisation de rentrer."

"Nous voulons juste vivre en paix"

La campagne de répression menée par l'armée birmane n'offre, pour l'instant, aucune perspective de retour aux rohingyas. Alors, des familles exténuées s'entassent dans l'insalubrité, au milieu des latrines à ciel ouvert, construisent leurs propres mosquées et écoles.

Abul Hachel, 73 ans, enseigne le Coran aux enfants : "Nous ne refusons pas la Birmanie, nous voulons juste vivre en paix. Si on nous accepte en tant que rohingyas, avec des droits civiques, nous rentrerons. Aucune religion n’appelle à la violence. Si les bouddhistes veulent se réconcilier avec nous, nous le ferons aussi. Chacun pratiquera alors sa religion."

Plusieurs camps de réfugiés ont été établis dans la ville de Cox's Bazar, au sud du Bangladesh, à quelques kilomètres de la frontière avec la Birmanie
Plusieurs camps de réfugiés ont été établis dans la ville de Cox's Bazar, au sud du Bangladesh, à quelques kilomètres de la frontière avec la Birmanie
Crédit : Nicolas Burnens

Déchus de leur nationalité, les rohingyas n'ont aucun papier d'identité pour être enregistré au Bangladesh, l'un des pays les plus pauvres du monde. Et les autorités n'ont de toute façon pas la volonté de les intégrer.

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