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Le vice-président américain JD Vance s'exprime lors de sa visite à Pointe Precision, une usine d'usinage située à Plover, dans le Wisconsin, le 26 février 2026.
Crédit : Matt Rourke / POOL / AFP
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Dans le Bureau ovale, lundi 16 mars, le journaliste Philip Wegmann a osé la question qui fâche : JD Vance soutient-il pleinement la guerre en Iran ? À quelques mètres de Donald Trump, le vice-président ne se dérobe pas mais ne s'engage pas complètement.
"Je suis convaincu que le président Trump saura mener à bien sa mission, qu'il fera du bon travail pour le peuple américain et qu'il veillera à ce que les erreurs du passé ne se reproduisent pas", répond-il tout en reprochant au journaliste de vouloir "semer la discorde" entre lui et le président américain.
Une réponse soigneusement calibrée qui laisse entrevoir la véritable position de JD Vance. L'ancien militaire défend en réalité une ligne plus réservée, sceptique à l’égard des interventions militaires américaines à l’étranger.
Depuis le début de l'offensive en Iran, JD Vance joue ce jeu d'équilibriste. Avant même le déclenchement de la guerre, il plaidait encore pour la diplomatie.
Aujourd’hui, il valide l’objectif d'empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire sans jamais défendre explicitement le recours à la force. "Il est en retrait et il fait passer des messages en filigrane", analyse la politologue et journaliste spécialiste des États-Unis, Marie-Christine Bonzom.
"Ses propos laissent à penser, et cela est partiellement confirmé par des indiscrétions, qu'il avait effectivement conseillé au président Trump la voie diplomatique avec l'Iran", confie à RTL.fr l'ancienne correspondante à Washington de la BBC.
La prudence de JD Vance ne s’explique pas seulement par des considérations personnelles. Elle reflète une véritable division dans la camp Trump. "Il y a un très vif débat interne au sein de MAGA en ce moment sur ce qu’America First veut dire", explique Marie-Christine Bonzom.
Derrière le slogan ultra populaire de Donald Trump, deux visions s’opposent désormais clairement. La première assume l’usage de la force pour défendre les intérêts stratégiques des États-Unis et leurs alliés. Elle est portée par des figures comme Marco Rubio ou Lindsey Graham, et trouve un écho chez certains néoconservateurs, pourtant longtemps opposés à Donald Trump.
La seconde, plus isolationniste, rejette les "guerres de choix" (par opposition aux "guerres de nécessité") et revendique un recentrage sur les priorités nationales. Elle s’inscrit dans la promesse initiale du trumpisme : éviter les conflits extérieurs coûteux et interminables.
Pour le moment, J.D. Vance "ne prend pas parti dans le débat", indique la spécialiste des États-Unis. "Contrairement à une Marjorie Taylor Greene (Députée républicaine en Géorgie de 2021 à 2026, ndlr) qui a rompu de manière très publique et très féroce avec Trump en disant qu'il n'est plus America first", ajoute-t-elle.
Mardi 17 mars, Joe Kent, le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme a donné sa démission tout en critiquant l'offensive américaine en Iran. "Au début de ce mandat, de hauts responsables israéliens et des personnalités influentes des médias américains ont mené une campagne de désinformation qui a complètement sapé votre programme 'America First' et a attisé les sentiments bellicistes afin d’encourager une guerre contre l’Iran", écrit-il dans sa lettre de démission adressée à Donald Trump et publiée sur X.
Face aux tensions qui secouent le parti, JD Vance avance donc avec précaution. Il ne cherche pas à s'éloigner de Donald Trump, "il n’y a pas intérêt, note Marie-Christine Bonzom, en tout cas pour le moment, mais Vance n’a pas non plus intérêt à s’éloigner de la ligne non-interventionniste du mouvement America First, c’est pourquoi il ménage la chèvre et le chou."
Ce positionnement tient aussi à son horizon politique. Potentiel candidat pour 2028, il doit préserver un équilibre fragile. La base MAGA reste majoritairement favorable à sa candidature, mais les élites du parti et certains donateurs regardent désormais vers d’autres figures, comme Marco Rubio.
Lors d’une réunion avec 25 grands donateurs conservateurs dans sa résidence de Floride début mars, Donald Trump a ouvertement interrogé l’assemblée sur leur préférence pour sa succession : le vice-président ou le secrétaire d’État. D’après la presse américaine, la majorité a exprimé sa préférence pour Marco Rubio.
"Jusqu'à présent, Trump n'a jamais pris position. Il a toujours fait l’éloge de son vice-président et de son ministre des Affaires étrangères et dit qu'ils font un très bon boulot". "Pour le moment, il n'a pas pris parti.", assure la politologue.
JD Vance se retrouve ainsi pris dans une équation complexe : rester fidèle à Trump sans s’aliéner les électeurs anti-guerre, incarner l’avenir du parti républicain sans se couper du présent. Sa stratégie consiste à maintenir un équilibre délicat, dans un moment où chaque prise de position peut redessiner les rapports de forces internes.
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