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Recensement, nationalités… Pourquoi l'identification des victimes de l'incendie de Crans-Montana prendra du temps

Invité de RTL le jeudi 1er janvier, le général François Daoust, directeur du centre de recherche de la gendarmerie nationale, a détaillé pourquoi l'identification des victimes de l'incendie mortel dans un bar en Suisse va prendre du temps.

La police contrôle l'accès à la rue où un incendie a ravagé un bar bondé pendant les célébrations du Nouvel An dans la station de ski alpine de Crans-Montana, le 1er janvier 2026.

Crédit : MAXIME SCHMID / AFP

Général François Daoust, directeur du centre de recherche de la gendarmerie nationale, était l'invité de RTL Soir

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Marine Langlois

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Un travail de longue haleine commence. Après un incendie mortel dans un bar de la station de ski de Crans-Montana, en Suisse, dans la nuit du mercredi 31 décembre au jeudi 1er janvier, les autorités ont fait part d'une "quarantaine" de personnes mortes de de 115 blessées, "la plupart grièvement". Elles ont aussi indiqué que la priorité sera à "l'identification des personnes décédées afin que leur corps puisse être remis rapidement à leurs familles".

Mais ce travail ne va pas être simple, comme l'a indiqué le président du canton du Valais, Mathias Reynard, lors d'une conférence de presse jeudi en fin de journée, précisant que cela peut "prendre du temps" en raison de la "situation critique" et du nombre de blessés graves et grands brûlés. Un constat qu'a également le général François Daoust, directeur du centre de recherche de la gendarmerie nationale, sur RTL. 

Un travail d'identification sur les blessés et les personnes mortes

"La réalité, c'est que ça va durer quand même un certain temps. Parce que, ce que l'on ne dit pas, et ce que peu de personnes savent, c'est que là, nous avons aussi 115 personnes qui sont hospitalisées. Sur ces 115, il y en a une majorité qui est certainement déjà mise en coma artificiel. Et on n'a même pas leurs identités. Donc il y a aussi parmi les blessés, le nécessaire recensement à faire", détaille-t-il. 

Le général François Daoust précise que toute une équipe va travailler, avec les médecins légistes, sur le travail d'identification, "que ce soit s'il y a des empreintes digitales, s'il y a de l'ADN prélevable, s'ils ont la denture, c'est-à-dire un panoramique dentaire, et des opérations précédentes que l'on retrouvera dans un dossier médico-légal". Tout cela devra être fait à la fois sur les blessés et sur les personnes décédées. 

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En plus de ce travail, d'autres équipes vont travailler avec les familles des personnes disparues pour "reconstituer un dossier médical, un dossier dentaire et faire un prélèvement des familles, des parents, des ascendants ou des descendants, si jamais c'était des parents qui étaient disparus". Ensuite, tout sera comparé aux éléments prélevés sur les victimes, ce qui "va durer un certain temps". 

Des victimes de plusieurs nationalités

Car un détail est à prendre en compte dans le cas de cet incendie : les victimes n'ont pas toutes la nationalité suisseDeux Français ont par exemple été blessés alors que le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani mentionne une "quinzaine d'Italiens" blessés. 

"On ne peut pas demander aux familles françaises, allemandes, italiennes s'il y en a, envoyez-nous votre ADN", explique le général François Daoust. "Ça passe par le canal diplomatique avec une demande formelle qui est faite aux autorités de chaque pays pour que les enquêteurs spécialisés puissent prélever les éléments sur les familles étrangères, de façon à pouvoir les renvoyer en Suisse, où elles seront comparées avec les victimes."

Pas forcément de papiers d'identité sur soi

Aussi, en ce moment de fête, alors que beaucoup de touristes étaient présents, tout le monde n'avait pas forcément ses papiers d'identité sur soi. "On a déjà eu le cas, y compris en France pour les attentats du Bataclan, de personnes qui étaient porteuses de papiers mais qui n'étaient pas les leurs, qui étaient les papiers de leurs amis. Parce qu'eux, ils avaient des poches et ils les gardaient pour tout le monde", détaille le général sur RTL.  

Avant d'ajouter : "Ce n'est pas parce qu'on a des papiers sur soi qu'on peut être identifié par ces papiers. Ça peut être ceux d'un camarade, d'une amie, etc. C'est vraiment tout ce qui est le processus médico-légal d'identification qui va permettre de donner une identité, soit d'un blessé qui est toujours inconscient, soit d'une personne décédée."

En attendant, les familles vont être dans l'attente, une attente "terrible", reconnaît le général François Daoust. C'est notamment le cas de Laetitia, dont le fils était dans ce bar de Cras-Montana pour le Nouvel An. Au micro de RTL, elle mentionne "un cauchemar sans nom" ajoutant : "Aujourd'hui, je ne sais pas dans quel hôpital est mon fils. Si mon fils est à la morgue, je ne sais pas dans quelle morgue il est."

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