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Présidentielle américaine : soutiens, affaire d'agression sexuelle, où en est la campagne de Biden ?

ÉCLAIRAGE - Après Bernie Sanders et Barack Obama, Elizabeth Warren a déclaré mercredi 15 avril son soutien à Joe Biden dans la course à la Maison Blanche. Le parti démocrate fait désormais front commun pour battre Donald Trump en novembre.

L'ancien vice-président américain Joe Biden
L'ancien vice-président américain Joe Biden Crédit : MANDEL NGAN / AFP
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Thomas Pierre Journaliste

C'est une campagne sans précédent que mène Joe Biden, où plutôt une non-campagne. Malgré la pandémie de Covid-19 qui le contraint à rester chez lui (dans le Delaware), où il s'est fait construire un studio de télévision, et des accusations d'agression sexuelle à son encontre, l'ancien vice-président âgé de 77 ans n'a qu'un seul objectif en tête : battre Donald Trump en novembre. 

Chez les démocrates, la crise du coronavirus qui frappe durement les Etats-Unis a changé la donne, en affaiblissant politiquement un président Républicain toujours très populaire, mais dont la gestion chaotique de la pandémie lui coûte de précieux points dans les sondages. Et les rivaux d'hier de Joe Biden, ceux de la primaire démocrate, ne s'y sont pas trompés. 

Dernière en date à lui avoir apporté son soutien, Elizabeth Warren avait laissé longtemps plané le doute sur ses intentions. Depuis mercredi 14 avril, c'est désormais chose faite. 

"Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser Donald Trump continuer à mettre en péril les vies et les emplois des Américains. C'est pour cela que je suis fière de soutenir Joe Biden", assure sur Twitter la sénatrice progressiste. Qui sait, il y a peut-être aussi une place pour elle sur le ticket présidentiel ? 

Front commun autour de Biden

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Le démocrate a en effet promis de choisir une femme comme colistière. Qui plus est, désigner une candidate issue des minorités, Noire ou Hispanique, renforcerait ses chances pour le scrutin. Mais cette vice-présidente en puissance devra aussi lui apporter les voix qui lui manquent, notamment celles de la gauche du parti. 

Car Joe Biden veut rassembler tous les démocrates et, pour l'instant, il y parvient. Lundi, c'était Bernie Sanders, son principal concurrent des primaires, qui rejoignait sa campagne, toujours avec le même objectif à l'esprit : faire front contre Donald Trump, le "président le plus dangereux de l'histoire moderne". 

Un ralliement du sénateur socialiste, révélateur du sentiment qui domine dans le parti, et aussitôt suivi par un autre soutien de poids : celui de Barack Obama. 

"L'élection la plus importante de nos vies"

Pour l'ancien président, seul son ancien bras droit est aujourd'hui en mesure de guider les Américains "à travers certaines de nos heures les plus sombres". Dans une vidéo publiée sur Twitter, celui qui est encore très populaire dans le camp démocrate, estime que "Joe a toutes les qualités dont nous avons besoin chez un président en ce moment". 

Et Barack Obama d'ajouter : "choisir Joe pour être mon vice-président" entre 2009 et 2017, "a été l'une des meilleures décisions que j'ai jamais prises, et il est devenu un ami proche".

Le même jour, le président du parti démocrate, Tom Perez, saluait le mouvement de "rassemblement" autour de Joe Biden avant "l'élection la plus importante de nos vies". Les démocrates sont désormais en ordre de bataille pour défier Trump en novembre. Et l'élection est encore loin d'être gagnée. 

Des accusations d'agression sexuelle refont surface

Car ces derniers jours, une affaire d'agression sexuelle est venue s'immiscer au milieu du rassemblement du parti. Joe Biden s'est vu accuser par une ancienne membre de son équipe d'avoir abusé d'elle. Les faits remonteraient à 1993, lorsque l'ancien vice-président était sénateur et avait pour collaboratrice Tara Reade, alors âgée de 29 ans. 

 "Le vice-président Biden a consacré sa vie publique à changer la culture et les lois concernant les violences faites aux femmes. (…) Ce qui est clair à propos de cette affirmation : elle est fausse. Cela ne s’est absolument pas produit", a démenti le camp démocrate. 

"Nous nous battrons plus fort"

Malgré la pandémie de Covid-19 qui la bouleverse, cette élection présidentielle américaine ne s'annonce donc pas moins houleuse. Et alors que tous les meetings, réunions publiques et autres porte-à-porte sont mis en sourdine le temps de la crise sanitaire, Donald Trump reste lui très visible, n'hésitant pas à faire de son point quotidien une tribune de campagne. 

Dans le même temps, Joe Biden peine à occuper l'espace médiatique depuis son sous-sol aménagé en studio de campagne. Le démocrate assurant même qu'il refuse de combattre Donald Trump avec les mêmes armes. "Nous ne vaincrons pas ce président en étant comme lui", écrit-il sur Twitter. 

"Nous gagnerons en faisant le contraire", insiste-t-il. "Là où il cherche à nous diviser, nous connecterons les gens. Là où il fait preuve de cruauté, nous ferons preuve de compassion. Et quand il se bat, nous nous battrons plus fort". Un vœu pieux dans une campagne encore jamais vue et dont l'issue reste très incertaine. 

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