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Présidentielle américaine : qui soutient encore Trump chez les républicains ?

ÉCLAIRAGE - Les élus républicains sont en train de se diviser sur le sujet de la passation de pouvoir entre Donald Trump et Joe Biden. Petit tour d'horizon des loyautés intéressées ou non de la droite américaine.

Mitch McConnell, George W. Bush, Kayleigh McEnany et Mitt Romney
Mitch McConnell, George W. Bush, Kayleigh McEnany et Mitt Romney Crédit : AFP / montage RTL.fr
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Soutenir Trump et tomber avec lui ? Accepter la victoire de Biden et renouer avec une certaine forme de dignité ? Aller dans le même sens que les médias et se couper de la base très massive et très "fake news" de l'électorat trumpiste ? Miser sur une revanche de Trump en 2024 ? Effacer l'homme et espérer devenir le nouveau visage du parti ? Il n'est pas aisé d'être un républicain en 2020. 

Avec la victoire annoncée de Joe Biden à la présidentielle avec plus de 4 millions de voix d'avance et la majorité du collège électoral, le parti de l'actuel président américain ne sait plus vraiment comment réagir. Donald Trump se refuse toujours à reconnaître sa défaite et, malgré des chances très minces de succès dans les diverses aventures judiciaires qui se profilent, l'évidence est là : Joe Biden sera le prochain locataire de la Maison blanche.

Complètement perturbée par le déni présidentiel et l'incroyable inflexibilité de Trump qui aurait quelques leçons à enseigner à notre Émile Coué national, la famille républicaine paraît plus divisée et apeurée que jamais. Il y a les fidèles, ceux qui gardent le silence (une attitude qui confine à la couardise) et ceux qui sont bien heureux de se débarrasser de l'homme d'affaires orangé...

Il est urgent d'attendre

Pour l'heure, Donald Trump peut encore compter sur le soutien du parti républicain et des grandes voix républicaines au Sénat et à la Chambre des représentants. De façon plus ou moins claire, ces barons ne veulent pas s'avouer vaincus avant que les juges n'aient tranché tous les litiges électoraux soulevés par le camp Trump et avant que les éventuels recomptages n'aient eu lieu dans quelques États. Historiquement, ces actions judiciaires n'ont jamais inversé le cours des élections et l'avance de Joe Biden reste très importante. Mais la loyauté au président ou le goût pour le respect des procédures empêchent encore de nombreux républicains de quitter le navire.

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À la tête de cette force de résistance (ou de déni), on retrouve le très influent Mitch McConnell, le grand patron des sénateurs républicains. McConnell n'a pas repris à son compte les attaques de Donald Trump qui suggèrent que les démocrates auraient triché pendant le scrutin, mais ils ne se manifestent pas non plus pour demander au président Trump de quitter la Maison blanche avec grâce et dignité. 

Mitch McConnell
Mitch McConnell Crédit : Sarah Silbiger / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Il faut dire que Donald Trump vient de démontrer avec son score malgré tout historique qu'il a été capable de revitaliser la base de l'électorat républicain en conquérant les cœurs de certaines minorités. "Trump", ça marche. Pas assez pour dominer le vote populaire ou conserver la Maison blanche, mais ça marche pour inciter au vote et dominer le monde des idées et des médias. Et ça, les républicains le savent. "Nos institutions sont construites pour ça. Nous avons un système en place pour régler ces questions et le président Trump est à 100% dans son bon droit lorsqu'il dit vouloir faire juger de possibles irrégularités", a déclaré Mitch McConnell. De quoi imposer une ligne forte dans les rangs de la majorité républicaine du Sénat. Seuls 4 sénateurs républicains ont reconnu la victoire de Biden : Mitt Romney de l'Utah, Lisa Murkowski d'Alaska, Ben Sasse du Nebraska et Susan Collins du Maine.

Les républicains dans leur grande majorité ne seront pas une force bloquante pour l'accession au pouvoir de la nouvelle administration Biden. Ils jouent simplement la montre et continue de montrer à leur électorat qu'ils n'ont pas l'intention de plier le genou facilement. Une posture quasi-martiale qui pourrait être utile en 2024. Les élus républicains se donnent jusqu'au 14 décembre et le vote officiel des grands électeurs pour clarifier leur position. 

Le cœur du réacteur inflexible

Naturellement, Donald Trump, sa famille et ses proches conseillers à la Maison Blanche ne sont pas simplement prudents. Ils attaquent. Et ces attaques souvent écrites en majuscules sur les réseaux sociaux et prononcées sans preuves concrètes, ce qui vaut à Donald Trump en particulier et à son équipe de campagne d'être censurés par bon nombre d'organisations pour désinformation. Certains y voient l'influence de grands groupes médiatiques qui voudraient faire taire Donald Trump. D'autres y voient la conséquence d'un travail journalistique qui consiste à donner des faits avérés et ne pas provoquer des explosions de violences dans un pays qui s'est surarmé ces derniers mois. 

Parmi les plus ardents défenseurs de la ligne présidentielle, on retrouve les sénateurs ultra-conservateurs Lindsey Graham et Ted Cruz. Ceux-ci sont encore soutenus par les éditorialistes de Fox News (le reste de la rédaction préférant les faits et les chiffres qui font de Joe Biden le président-élu) ou des médias nationalistes et pro-Trump comme One American News Network (OAN) ou encore Breitbart

Ted Cruz et Lindsey Graham lors de l'audition de  Brett Kavanaugh
Ted Cruz et Lindsey Graham lors de l'audition de Brett Kavanaugh Crédit : CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Les déclarations du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo ont aussi fait les gros titres. Interrogé sur la transition entre Trump et Biden, le Secretary of State a simplement répondu dans un sourire qu'il y aurait "une très douce transition entre l'administration actuelle et une seconde administration Trump". Plongeant dans la perplexité les observateurs de la vie politique et internationale. Donald Trump, lui, loue l'intelligence de son secrétaire d'Etat.

Donald Trump peut aussi compter sur les soutiens de ses enfants Ivanka ou Donald Trump Jr. Kayleigh McEnany sa porte-parole ou encore l'ancien maire de New York, Rudy Giuliani qui supervise la contre-attaque juridique de Donald Trump, sont aussi les premiers défenseurs de Trump ces derniers jours. 

Ceux qui reconnaissent la victoire de Biden

L'ancien président George W. Bush, qui a connu pourtant l'élection de 2000 et le fameux recomptage en Floride, a immédiatement tenu à saluer la victoire du président-élu Joe Biden. "Un homme bon qui vient de gagner l'opportunité de mener et d'unifier notre pays", a déclaré dans un communiqué l'ancien président républicain. 

La famille Bush n'a jamais été particulièrement proche de Donald Trump et elle entretient des rapports très amicaux avec les locataires démocrates de la Maison blanche. L'histoire se souvient de la lettre admirable laissée par Bush père sur le bureau de Bill Clinton. Les Bush s'entendent aussi très bien avec les Obama qu'ils ont souvent l'occasion de croiser lors de cérémonies officielles. Même son de cloche chez Jeb Bush, l'ancien gouverneur de Floride qui a appelé Joe Biden à réparer les blessures de la nation. 

Le gouverneur du Maryland Larry Hogan, a avoué n'avoir voté ni pour Biden, ni pour Trump mais avoir écrit "Ronald Reagan" sur son bulletin. Il a reconnu la victoire de Biden et a appelé à soutenir Joe Biden dans ses succès. 

Fred Upton fut le premier élu du parti républicain à la Chambre des représentants à rompre l'unité de sa famille politique pour reconnaître la victoire de Joe Biden. Biden et Upton ont toujours su travailler ensemble et ils s'apprécient mutuellement. Joe Biden, avec ses décennies à Washington est devenu l'homme du compromis et à toujours été particulièrement apprécié dans les rangs de l'opposition. Un talent qui lui sera nécessaire. 

Mitt Romney, le 23 décembre 2020
Mitt Romney, le 23 décembre 2020 Crédit : Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le sénateur Mitt Romney de l'Utah, ancien ennemi électoral du ticket Obama-Biden a aussi reconnu les grandes qualités humaines de Joe Biden et Kamala Harris. Même son de cloche chez le gouverneur de l'Ohio John Kasich, Adam Kinzinger, Tom Reed, le gouverneur du Vermont Phil Scott (qui a voté ouvertement pour Biden), Will Hurd du Texas, Paul Mitchell qui quitte la vie politique, le gouverneur du Massachusetts Charlie Baker, le futur gouverneur de l'Utah Spencer Cox. 

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