3 min de lecture Russie

Poutine rencontre Macron à Brégançon pour essayer de rassurer les investisseurs mondiaux

Emmanuel Macron reçoit le président russe Vladimir Poutine ce lundi 19 août au fort de Brégançon pour évoquer les grands dossiers diplomatiques en amont du sommet du G7 à Biarritz le week-end prochain, où la Russie n'est pas conviée.

Economie - L'Angle Éco Bénédicte Tassart
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L'Angle Éco du 19 août 2019 Crédit Image : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Marie Sasin

Il est fort politiquement mais économiquement son pays rencontre quelques difficultés. Vladimir Poutine rencontre Emmanuel Macron au fort de Brégançon et le chef d'État russe n'est pas le tsar de l'économie. On a souvent tendance à regarder en Occident sa politique militaire mais aujourd'hui, le talon d'Achille du maître du Kremlin, c'est l'économie. Et il le sait.

Pour son quatrième mandat, il a mis en avant les sujets économiques et sociaux. Même si l'on en parle peu chez nous, c'est là-dessus qu'il sera jugé à la fin de son mandat en 2024.
D'ailleurs, la cote de popularité de Poutine a fortement chuté depuis son élection fin 2018 à cause d'une hausse de la TVA en janvier et d'un climat économique qui s'est dégradé. Il y a un ras-le-bol fiscal et un gros problème de pouvoir d'achat en Russie.

Nous ne sommes pas revenus à l'ère de l'URSS. Dans les années 1990, il y a eu un rattrapage de l'économie et du niveau de vie car la Russie s'est ouverte au libéralisme. 
Donc on n'est plus à l'époque du ticket de rationnement et des magasins vides.

Emmanuel Macron a-t-il raison de recevoir Vladimir Poutine au fort de Brégançon ?
Nombre de votes : 6250 *Sondage à valeur non scientifique

Le pays ne connaît pas une forte croissance

Quand on regarde la croissance actuelle du pays, on est sur un rythme très mollasson.
Le deuxième trimestre a été un peu meilleur mais on parle d'une croissance annuelle de 0,7%. Le FMI ne voit pas la Russie faire plus de 1,8% de croissance en rythme de croisière au cours des prochaines années. C'est moins que la France et que la plupart des grands pays développés.
  
La Russie garde un nombre de pauvres très important, notamment dans sa population de retraités. Les retraités ont d'ailleurs fortement manifester, l'an dernier, à cause d'une réforme qui visent à retarder l'âge de départ à la retraite. Cela pourra faire un sujet de discussion avec Emmanuel Macron.

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Les seniors sont pauvres d'un côté et les jeunes diplômés s'en vont à l'étranger. Vous avez donc un appauvrissement de la population active et donc du pays.

Qu'est-ce qui explique les difficultés de la Russie ?

Pourtant, la Russie faisait partie des économies les plus dynamiques au monde au début des années 2000. Là encore, on est un peu resté sur nos vieilles impressions. Au début des années 2000, on parlait des BRIC, comme étant les économies du XXIe siècle. BRIC pour Brésil, Russie, Inde et Chine. On a vu depuis que le Brésil ou la Chine connaissent des difficultés et la Russie aussi.

Un peu comme la Chine ou le Brésil, la Russie a beaucoup misé sur l'émergence d'une classe moyenne qui allait consommer et faire tourner la machine de l'intérieur. Or, cette classe moyenne n'est pas un moteur aussi puissant qu'espéré.

Qui plus est, la classe moyenne a envie de produits occidentaux. La Russie importe ses voitures d'Allemagne, ses médicaments de France, ses téléphones de Chine. Cela coûte cher et ça ne fait pas fonctionner l'économie locale.

Une économie qui repose sur le pétrole

En réalité, l'économie russe ne tient que grâce à son sous-sol. Le pays possède un tiers des ressources minières, gaz et pétrole. Cela représente 16% de son PIB, 59% de ses exportations et tous les ans, le budget du pays est calé sur les hypothèses de hausse ou de baisse des prix du baril de pétrole.

Cela rend cette économie très fragile. En 2014, la Russie a été renvoyée du G7 à cause de l'annexion de la Crimée. Il y a eu des sanctions économiques également, ça pèse lourdement ?

La Russie a dû se replier sur elle-même, et on a vu que la consommation des ménages était à la peine. Elle a dû se tourner vers la Chine qui n'applique pas les sanctions mais l'économie chinoise ralentit également. Depuis les sanctions en 2014, Vladimir Poutine a quand même réussi à stabiliser le rouble grâce à la politique de sa banque centrale. Il a relancé des filières industrielles dans l'agriculture, la métallurgie, l'automobile, mais tout cela prend du temps.

Rassurer les investisseurs mondiaux

Il a aussi programmé d'ici 2024 un vaste plan d'investissement de 400 milliards de dollars dans 12 secteurs comme la santé ou les routes : un New Deal Russe. Cela repose sur 115 milliards d'investissements privés et étrangers.

Or, les grands groupes mondiaux ont moins investi en Russie depuis janvier que l'an dernier.
C'est pour cela que Vladimir Poutine avait reçu avant l'été une délégation d'une dizaine de grands patrons français. À Brégançon, le VRP Poutine va essayer de rassurer les investisseurs mondiaux en utilisant Emmanuel Macron comme médiateur.

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