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Pourquoi la Corée du Nord a peur de la K-pop ?

ÉCLAIRAGE - Pyongyang s'inquiète de l'influence croissante de la culture sud-coréenne sur sa jeunesse, au point d'y voir une véritable "guerre sans coups de feu".

Kim Jong-un, le 29 juin 2021, lors d'un Congrès du parti, à Pyongyang.
Kim Jong-un, le 29 juin 2021, lors d'un Congrès du parti, à Pyongyang.
Crédit : AFP PHOTO/KCNA VIA KNS
Thomas Pierre

C'est un rapprochement inattendu. Contre toute attente, les relations intercoréennes viennent de se réchauffer, avec le rétablissement mardi 27 juillet des canaux de communication entre Pyongyang et Séoul, plus d'un an après leur suspension. 

Les deux camps, qui sont encore techniquement en état de guerre, ont annoncé que le président sud-coréen Moon Jae-in et le leader nord-coréen Kim Jong Un avaient échangé depuis avril des lettres et décidé que le rétablissement des canaux de communication serait une première étape productive vers une reprise des relations.

La Corée du Nord avait unilatéralement coupé tous ces canaux officiels de communication militaire et politique en juin 2020 après avoir dénoncé l'envoi sur son territoire de tracts de propagande anti-Pyongyang par des militants basés au Sud.

Un "cancer vicieux"

Une ingérence du sud que vit très mal Pyongyang et qui se manifeste également dans la volonté farouche de Kim Jung-un de contrôler coûte que coûte les influences culturelles de la jeunesse nord-coréenne. 

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En juin dernier, le New York Times rapportait ainsi que le leader suprême avait qualifié de "cancer vicieux", tout ce qui venait de chez son voisin : "tenue, coiffures, discours, comportements". À en croire Kim Jung-un, une telle attitude antipatriotique menacerait la Corée du nord elle-même. Une loi sanctionnant tout ceux qui consommeraient ou qui importeraient illégalement du "divertissement" sud-coréen a même été édicté dans la foulée. 

"Une guerre sans coups de feu"

Ces dernières années, la Corée du sud est en effet devenue une puissance culturelle indéniable : son cinéma, ses séries télévisées, ou sa musique, la "K-pop", connaissent une renommée mondiale de plus en plus importante et des fans de plus en plus nombreux. Difficile pour la jeunesse du royaume ermite d'y échapper, surtout en partageant une langue commune. 

Dans un article d'un media d'État en ligne, les autorités nord-coréennes ont ainsi réitéré mi-juillet leur mises en garde contre le "soft power" sud-coréen, implorant les plus jeunes à être "fidèles à l'appel de leur pays", en n'écoutant pas un groupe tel que BTS, et en interdisant le terme "oppa", venant du sud, pour désigner leur petit ami ("camarade masculin", lui étant préféré). 

"La lutte dans le domaine de l'idéologie et de la culture est une guerre sans coups de feu", peut-on y lire. Sans nommer spécifiquement la Corée du Sud, il est ajouté que perdre la guerre des cultures "aurait des conséquences bien plus graves que sur le champ de bataille", rapporte le site nord-coréen. 

La "K-Pop", une brèche culturelle

Pour le régime de Pyongyang en effet, "les vêtements, les coiffures et le langage (sont) le reflet de l'état de la pensée et de l'esprit". "Même si les jeunes chantent et dansent, ils devraient chanter et danser sur des mélodies et des rythmes qui correspondent aux besoins de l'époque et au sentiment national de notre peuple". 

En cela, la K-Pop représente bien un menace. Elle serait même la première brèche avant "l'effondrement d'un mur humide". Preuve en est que les autorités communistes sont bel et bien inquiètes, "les ordinateurs portables (sud-coréens) sont désormais recherchés (sur internet) pour leurs contenu et leurs accents sud-coréens", assurent des documents confidentiels nord-coréens consultés par le site Asia Press

Au travers de la K-Pop, la jeunesse affamée du nord pourrait donc prendre conscience qu'une alternative est possible : celle d'un système démocratique à l'économie florissante et à la culture triomphante. À mille lieux de la propagande du régime donc, et pourtant juste de l'autre côté de la frontière. 

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