2 min de lecture Surveillance

Pour Edward Snowden, "le droit à la vie privée reste menacé"

L'ancien agent de la NSA dénonce, entre autres, les services secrets français dans une tribune publiée dans "Libération", qui exploiteraient les attentats de janvier pour obtenir de nouveaux pouvoir intrusifs.

Edward Snowden interview par le Guardian à Moscou
Edward Snowden interview par le Guardian à Moscou Crédit : Capture d'écran du site du Guardian
Valentin Chatelier
Journaliste RTL

"Les chefs des services secrets en Australie, au Canada et en France ont exploité les tragédies récentes afin d'essayer d'obtenir de nouveaux pouvoir intrusifs", écrit Edward Snowden dans une tribune à Amnesty International, publié ce vendredi 5 juin dans Libération, le New York Times, Der Spiegel et El Pais. L'ancien agent de la NSA aujourd'hui réfugié en Russie dénonce vivement les mesure qu'il juge liberticides, notamment la très décriée loi sur le renseignement.

"Certains des services en ligne les plus populaires au monde sont devenus les partenaires des programmes de surveillance de masse de la NSA", lance-t-il. Le lanceur d'alerte explique que "des milliards de données de géolocalisation et de communication continuent à être interceptées en vertu d'autres pouvoirs". Des critiques très vives qui concernent la France, les États-Unis, l'Australie, l'Angleterre, ou encore le Canada. Selon lui, les liens personnels et centres d'intérêt des internautes ordinaires seraient surveillés à "une ampleur sans précédent".

Les rapports de force commencent à changer

Edward Snowden
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Pourtant, Edward Snowden voit des réactions positives dans la population. "Les rapports de forces commencent à changer. Nous assistons à l'émergence d''une génération post-terreur, qui rejette une vision du monde définie par une tragédie particulière", écrit le réfugié en Russie. Un rejet de la peur qui le satisfait. "Nous discernons les contours d'une politique qui tourne le dos à la réaction et à la peur pour embrasser la résilience et la raison", résume Edward Snowden.

Au bout d'à peine quelques jours, le gouvernement américain a réagi en portant plainte contre moi

Edward Snowden
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Une vision optimiste qui n'a pas toujours été le cas chez le lanceur d'alerte, qui craignait que le public ne réagisse pas en juin 2013 après ses révélations sur la surveillance de masse de la NSA. Il revient sur la période post-révélations dans cette tribune. "Au bout d'à peine quelques jours, le gouvernement américain a réagi en portant plainte contre moi en vertu de lois sur l'espionnage datant de la Première Guerre Mondiale", ajoute-t-il. Ses révélations ont néanmoins déclenché une enquête de la Maison Blanche, qui a déclaré illégale le programme de suivi des appels de la NSA, et déclenché des réactions du public au niveau mondial.

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Alors qu'il se réjouit de certaines décisions, comme la déclaration des Nations unies estimant que la surveillance de masse constitue sans ambiguïté une violation des droits humains, Edward Snowden reste prudent. "Pendant que vous lisez ceci, le gouvernement en prend note", dénonce-t-il dans cette chronique. 

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