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"Plus de 3.000 barils de pétrole" : une immense marée noire repérée au large de l’île de Kharg, en Iran

Au large de l’île iranienne de Kharg, une importante nappe de pétrole dérive dans le golfe Persique en direction des eaux saoudiennes. Cet incident, dont l’origine reste inconnue, intervient dans une zone stratégique déjà sous forte pression géopolitique et environnementale.

Vue de l'île de Kharg qui abrite le principal terminal d'exportation de brut de l'Iran et assure la grande majorité de ses expéditions de pétrole vers le reste du monde.

Crédit : EUROPEAN SPACE AGENCY / AFP

Eléonore Aparicio

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Une importante marée noire s’étend actuellement dans le golfe Persique, au large de l’île iranienne de Kharg, principal terminal d’exportation de pétrole brut du pays. Selon le New York Times, les images satellites analysées par Orbital EOS, un service international de surveillance des déversements pétroliers, montrent qu’une nappe de pétrole de plus de 52 km² dérivait jeudi vers le sud, en direction des eaux saoudiennes.

Selon les estimations préliminaires, plus de 3.000 barils de pétrole auraient été déversés en mer. Si l’origine exacte de la fuite reste inconnue, cet incident intervient dans un contexte de fortes tensions autour du détroit d’Ormuz et de pressions croissantes sur les infrastructures énergétiques iraniennes. 

Les installations pétrolières et gazières iraniennes sont mises à rude épreuve par le blocus naval imposé par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent habituellement entre 20 et 25 % du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.


En parallèle, Téhéran a également limité le trafic maritime dans cette zone clé, alors que les négociations sur une réouverture du passage sont dans l’impasse. Cette situation a fortement ralenti les exportations iraniennes, provoquant un engorgement des capacités de stockage sur l’île de Kharg.

Les pistes avancées pour expliquer cette fuite

Selon Dalga Khatinoglu, spécialiste du secteur énergétique iranien pour Iran Open Data, une grande quantité de pétrole brut serait actuellement stockée dans des pétroliers immobilisés, augmentant les risques de fuites et d’accidents environnementaux. 

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Parmi les hypothèses avancées, le spécialiste met en avant la possible rupture d’un pipeline sous-marin reliant l’île de Kharg au champ pétrolier offshore d’Abuzar, situé à l’ouest de l’île. Ce pipeline vieillissant aurait déjà subi plusieurs incidents ces dernières années, notamment une importante fuite en octobre 2024.

D’autres observateurs évoquent également la possibilité d’un rejet volontaire de pétrole en mer afin de soulager les capacités de stockage saturées. Aucune preuve ne permet toutefois de confirmer ces deux théories. 

Des conséquences "de grande ampleur"

Interrogé par le New York Times, Keyvan Hosseini, expert en énergie et environnement à l’Université de Southampton, estime que les sanctions internationales, les conflits régionaux et le sous-investissement chronique ont considérablement affaibli la capacité de l’Iran à entretenir et moderniser ses infrastructures pétrolières.

Selon lui, les conséquences écologiques pourraient être importantes : les hydrocarbures risquent de contaminer les sédiments marins, les mangroves, les récifs coralliens ainsi que les zones de reproduction de nombreuses espèces marines. Les pêcheries, les communautés côtières et les usines de dessalement pourraient également être touchées si la pollution continue de se propager dans les eaux du Golfe.

"Même une marée noire gérable peut se transformer en une crise environnementale régionale de grande ampleur si l’intervention est retardée", avertit le chercheur. Pour l’heure, les autorités iraniennes n’ont pas officiellement commenté l’incident, tandis que les médias d’État restent silencieux sur l’ampleur de la catastrophe.

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