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"Le coffre-fort des Gardiens de la Révolution" : qu'est-ce que l'île de Kharg, hub pétrolier de l'Iran, ciblée par des frappes américaines ?

Située à une trentaine de kilomètres des côtes iraniennes, l'île de Kharg a été prise pour cible vendredi 13 mars par les Américains. Il s'agit d'un site pétrolier majeur pour Téhéran, d'où partent environ 90% de ses exportations de brut.

Vue de l'île de Kharg qui abrite le principal terminal d'exportation de brut de l'Iran et assure la grande majorité de ses expéditions de pétrole vers le reste du monde.

Crédit : EUROPEAN SPACE AGENCY / AFP

Guerre au Moyen-Orient : le Journal Inattendu du général Dominique Trinquand

00:48:04

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AFP - édité par Gabriel Joly

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Elle est l'un des points-clés de la situation actuelle au Moyen-Orient. L'île de Kharg, prise pour cible vendredi 13 mars par les Américains, est un site pétrolier majeur de l'Iran, d'où partent environ 90% de ses exportations de brut. Située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes et à près de 500 kilomètres du détroit d'Ormuz, Kharg avait été soigneusement évitée par Israël et les États-Unis depuis le début de la guerre. Mais Donald Trump a annoncé que des frappes avaient "complètement détruit" des cibles militaires sur place dans la nuit de vendredi à samedi.

"J'ai choisi de ne pas détruire les infrastructures pétrolières de l'île", a-t-il ajouté sur son réseau Truth Social, tout en menaçant de le faire si l'Iran continuait à entraver le passage libre des navires dans le détroit d'Ormuz.

Aucune infrastructure pétrolière de l'île n'a été endommagée, a ensuite rapporté l'agence de presse iranienne Fars, qui a recensé 15 frappes ayant visé "les défenses de l'armée, la base navale Joshan, la tour de contrôle de l'aéroport et le hangar à hélicoptères de la Continental Shelf Oil Company".

Bande de terre broussailleuse qui fait environ un tiers de la taille de Manhattan, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran, selon une récente note de la banque américaine JP Morgan. La petite île a connu un fort développement pendant l'essor pétrolier de l'Iran dans les années 1960 et 1970, une grande partie du littoral étant trop peu profonde pour accueillir des superpétroliers.

La "station-service" des Gardiens de la Révolution

"C'est une station-service : là arrivent des pipes et puis les bateaux viennent s'arrimer, prennent le pétrole et partent, explique sur RTL le général Trinquand, ce 14 mars. C'est le coffre-fort des Pasdaran [Gardiens de la révolution]. Donc couper leur revenu, c'est quelque chose d'important. Les bombardements ont commencé et est-ce que les Américains voudront s'en saisir ? C'est une question." 

L'Iran a cherché à diversifier ses capacités d'exportation en ouvrant le terminal de Jask dans le golfe d'Oman en 2021, à l'extérieur du goulet d'étranglement du détroit d'Ormuz. Mais Kharg reste "une pierre angulaire de l'économie iranienne et une importante source de revenus pour les Gardiens de la Révolution", souligne JP Morgan, en faisant référence à l'armée idéologique de la République islamique.

Ces derniers jours, des médias américains ont fait état d'intenses spéculations selon lesquelles des forces terrestres américaines pourraient être en cours de préparation en vue d'un déploiement, en particulier sur Kharg. Mais une telle opération terrestre serait "très difficile" à mener sur cette île entièrement recouverte d'infrastructures pétrolières, d'oléoducs et de réservoirs, selon Farzin Nadimi, chercheur au Washington Institute for Near East Policy.  "Je ne pense pas à une invasion comme en Irak en 2003", juge de son côté le général Dominique Trinquand, voyant plutôt "des saisies de points-clés".

L'Iran - quatrième producteur de brut au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) - a prévenu que toute attaque contre ses infrastructures ferait l'objet d'une riposte "œil pour œil". Téhéran a menacé samedi de "réduire en cendres" les infrastructures pétrolières liées aux États-Unis au Moyen-Orient.

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