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Le président américain Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 3 février 2026.
Crédit : SAUL LOEB / AFP
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Donald Trump souffle le chaud et le froid sur le dossier iranien, au point de rendre la position américaine de plus en plus difficile à suivre. Entre annonces de désescalade, menaces militaires et changements soudains de stratégie, le président américain impose un rythme erratique à la communication de la Maison-Blanche, provoquant une grande confusion.
Dernier exemple en date : dans la nuit du 5 au 6 mai, Marco Rubio, le secrétaire d'État américain, a assuré que la phase offensive contre l'Iran était (conclue), lors d'un point presse à la Maison-Blanche. "Nous sommes désormais dans une situation uniquement défensive, a-t-il aussi déclaré. Ce qui veut dire que nous ne frapperons pas en premier. Mais s’ils nous attaquent, nous répondrons."
Une décision contredite quelques heures plus tard. Donald Trump menace une nouvelle fois de bombarder l'Iran avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si les Iraniens refusaient de conclure un accord avec les États-Unis. Un nouveau coup de pression qui s’ajoute à une longue série de menaces jamais mises à exécution.
Le soir même, Donald Trump change à nouveau de ton et affirme que son administration a eu "de très bonnes discussions" avec l'Iran au cours des dernières vingt-quatre heures. "Il est très possible que nous passions un accord", assure-t-il.
Au début du conflit, l’administration américaine affichait une ligne offensive et assurée. Washington semblait convaincu que la pression militaire et économique suffirait à affaiblir rapidement Téhéran. Le président affirmait même que l'opération se terminerait dans "quatre ou cinq semaines". Mais à mesure que la guerre s’est installée dans la durée, le discours présidentiel a commencé à évoluer dans des directions parfois opposées.
Le 1er avril au matin, le locataire de la Maison-Blanche a ainsi déclaré devant la presse que la guerre serait terminée "dans les trois jours". Quelques heures plus tard, lors d’une nouvelle allocution, il a tenu un discours radicalement différent, promettant de frapper l’Iran "extrêmement fort" dans les deux ou trois semaines suivantes. Cette alternance constante entre volonté d’apaisement et démonstration de force est rapidement devenue l’une des caractéristiques du conflit.
Les hésitations de Trump se sont également manifestées autour du détroit d'Ormuz, devenu le principal point de tension économique du conflit. Dans un premier temps, le président américain a exigé que l’Iran garantisse immédiatement la libre circulation dans cette zone stratégique où transite 20% du commerce d'hydrocarbures. Quelques jours plus tard, il a minimisé soudainement l'importance du détroit pour les intérêts américains, estimant que les pays dépendants du pétrole du Golfe devaient gérer eux-mêmes la situation.
Face à l’aggravation des perturbations maritimes et à la hausse des inquiétudes sur les marchés mondiaux, Washington revenait à une position beaucoup plus ferme en renforçant sa présence militaire autour du détroit.
"Historiquement et politiquement, je ne pense pas avoir jamais vu un dirigeant changer aussi souvent de justification pour défendre ses décisions", a confié Leon Panetta au Washington Post. L'ancien secrétaire à la Défense et ancien directeur de la CIA estime que cette communication mouvante fragilise sérieusement la crédibilité des États-Unis. "L’Iran a probablement décidé il y a longtemps que la parole du président ne vaut pas grand-chose", affirme-t-il. Et d'ajouter : "Il n’y a pas beaucoup de confiance à la table des négociations".
L’administration Trump a également changé de discours sur les véritables objectifs de la guerre. Après les premières frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, le locataire de la Maison-Blanche évoquait clairement la nécessité de neutraliser durablement le régime iranien. Mais quelques semaines plus tard, virage à 360 degrés : le président américain affirme qu'un changement de régime n'a jamais constitué un objectif officiel de Washington.
Selon Suzanne Maloney, vice-présidente et directrice du programme de politique étrangère à la Brookings Institution, ces contradictions traduisent surtout une erreur d’appréciation de départ. Washington aurait sous-estimé la capacité de résistance de l’Iran ainsi que les conséquences économiques mondiales du conflit.
"Je pense donc qu’il y a eu une tentative de présenter de manière exagérée les gains, sans doute plus limités, obtenus par les États-Unis dans l’affaiblissement des capacités militaires iraniennes", précise-t-elle au Washington Post.
Alors que les discussions diplomatiques restent bloquées, le président américain continue d’osciller entre ouverture et menace. Tantôt il affirme qu’un accord reste possible, tantôt il évoque la destruction totale des capacités iraniennes. Une ambiguïté permanente qui laisse planer le doute sur l'avenir du conflit.
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