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Pays-Bas : qui est Geert Wilders, leader d'extrême droite et allié de Marine Le Pen ?

Avec son Parti pour la liberté, il est en passe de réaliser son meilleur score aux élections législatives néerlandaises.

Geert Wilders, leader du Parti pour la liberté, lors d'un débat avec son adversaire le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le 13 mars 2017
Geert Wilders, leader du Parti pour la liberté, lors d'un débat avec son adversaire le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, le 13 mars 2017 Crédit : YVES HERMAN / POOL / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Son programme s'intitule "Rendez-nous nos Pays-Bas". Geert Wilders, leader d'extrême droite et président du Parti pour la liberté (PVV) s'est imposé comme la personnalité centrale de ces élections législatives. Cet homme de 53 ans, anti-islam et eurosceptique a fait avec son parti la course en tête des sondages pendant toute la campagne, et pointe désormais à la deuxième place, avec deux points de retard sur le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) de son adversaire le Premier ministre Mark Rutte. Celui que l'on compare à Donald Trump  mais aussi à son alliée Marine Le Pen espère bien faire de son parti la première force politique du pays. 

Même chevelure "peu commune" que le magnat de l'immobilier devenu président des États-Unis, la position de Geert Wilders sur l'islam est encore plus radicale que celle de Donald Trump. Il souhaite purement et simplement interdire la vente du Coran, qu'il compare à Mein Kampf. Selon lui, si l'oeuvre de Hitler est empreinte de haine et d'antisémitisme, le Coran serait un appel à l'antisémitisme et à la violence. "Si nous interdisons Mein Kampf, nous devons faire la même chose avec le Coran", affirme le candidat. 

Il promet un "Muslim ban" et la fermeture de toutes les mosquées

Geert Wilders veut également interdire l'entrée de ressortissants de certains pays à majorité musulmane sur le sol néerlandais, une proposition similaire au "Muslim ban", mis en place par Donald Trump. Autre mesure visant la population musulmane, le candidat affirme vouloir fermer toutes les mosquées de son pays. Ce n'est pas la première fois que cet ancien membre du Parti populaire libéral démocrate attaque la communauté musulmane. En 2014, lors d'une soirée post-élections municipales, Geert Wilders avait demandé sur scène à ses sympathisants s'ils voulaient "plus ou moins de Marocains dans leur ville et aux Pays-Bas". "Moins ! Moins ! Moins !" avait crié la foule. Ce à quoi le président du PVV avait répondu : "Nous allons nous en charger". 

Placé sur les listes noires d'Al-Qaïda, il vit sous protection policière

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Cette sortie de route lui a valu un procès, où il avait défendu sa "liberté d'expression". Le 8 décembre 2016, le tribunal le déclare coupable de discrimination, mais aucune peine ni amende n'est prononcée. Ces multiples saillies lui ont permis de se faire un nom en Europe mais également au-delà. Son nom apparaissait sur les listes noires d'Al-Qaïda. Il vit depuis sous protection policière permanente et limite ses sorties. Quand il se déplace, c'est toujours accompagné d'une demi-douzaine de policiers. "Son monde est devenu très petit", expliquait il y a peu son frère Paul Wilders. "Parlement, événements public et son appartement", en dehors de cela, "il ne peut aller nulle part ailleurs", précise-t-il. 

Si l'ennemi numéro un du candidat s'appelle l'islam (comme on peut le voir sur l'arrière-plan de son compte Twitter), l'Union européenne n'est pas loin derrière. Cet eurosceptique promet un référendum sur une sortie des Pays-Bas de l'UE, en cas de victoire aux législatives. Pourtant, le parlement néerlandais avait rejeté à une écrasante majorité (124 voix contre 14) une motion de Geert Wilders demandant "la tenue, aussi vite que possible d'un référendum sur un Nexit (contraction de Netherlands et exit, ndlr), en juin 2016, 5 jours après le vote du Brexit

Si ses positions très controversées lui ont valu d'être bien seul dans son pays, les autres partis politiques ayant juré de ne pas collaborer avec lui, Geert Wilders a trouvé du soutien France, en la personne de Marine Le Pen. Ils ont officialisé leur alliance en 2014, dans une interview commune au quotidien néerlandais De Telegraaf. Le FN et le PVV se sont d'ailleurs rassemblés au sein du groupe politique de l'Europe des nations et des libertés (ENL), qui regroupe les partis populistes de l'UE. "Nous sommes sur la même ligne sur le constat d'une faillite de l'Union européenne et la restauration d'une souveraineté politique", explique au Figaro Edouard Ferrand, eurodéputé FN et vice-président de l'ENL. 

Pour Marine Le Pen, Geert Wilders "n'est pas d'extrême droite"

La présidente du Front national a d'ailleurs tenu à défendre Geert Wilders à quelques heures des élections. Selon elle, il "n'est pas d'extrême droite, il est patriote", a-t-elle affirmé sur RFI et France 24. "À chaque fois que, dans un pays, un homme s'oppose à l'immigration massive, il est traité de populiste, de raciste, de xénophobe, etc (...) est-ce qu'on a le droit d'être opposé à l'immigration sans se faire insulter ?", a poursuivi Marine Le Pen

Lors d'une tribune commune en janvier dernier, Geert Wilders déclarait : "Hier une nouvelle Amérique, demain une nouvelle Europe (...) nous sommes à l'aube d'un printemps patriotique". Ce à quoi la candidate FN à l'élection présidentielle avait répondu "2016 a été l'année où le monde anglo-saxon s'est réveillé. 2017 sera, j'en suis sûre l'année du réveil des peuples de l'Europe continentale". 

Il faudra attendre ce mercredi 15 mars en soirée et les premières estimations du vote pour savoir si la prophétie des deux alliés s'est réalisée. S'il apparaît très peu probable que Geert Wilders entre au gouvernement, son score lui permettra à coup sûr de peser dans l'opposition du pays, et de susciter des débats nationaux autour de ses thèmes de prédilection, qu'il a d'ores et déjà réussi à placer au coeur de la campagne. 

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Avec son Parti pour la liberté, il est en passe de réaliser son meilleur score aux élections législatives néerlandaises.
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