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"Paradise Papers" : 3 questions pour comprendre les premières révélations

ÉCLAIRAGE - 96 médias, dont "Le Monde", publient les premiers fruits d'une enquête sur 13 millions de documents ayant trait à l'évasion fiscale.

Des dossiers sur une table (illustration)
Des dossiers sur une table (illustration)
Crédit : AFP / VALERY HACHE
Clarisse Martin
Clarisse Martin

Dix-huit mois après les premières révélations concernant les "Panama Papers" en avril 2016, les "Paradise Papers" prennent le relais. Internet bruissait de divulgations imminentes, ce dimanche 5 novembre. L'embargo a été rompu à 19 heures. 

Depuis plus d'un an, le Consortium international des journalistes d'investigations (ICIJ) a coordonné une enquête portant sur 13 millions de documents, issus de trois sources. Les 96 médias partenaires de l'ICIJ, impliquant 380 journalistes à travers 67 pays, notamment Le Monde et la cellule d'investigation de Radio France pour l'Hexagone, ou le Guardian et le New York Times ont enquêté pour mettre au jour un système global d'évasion fiscale organisée offshore et des soupçons de conflits d'intérêts en plus haut lieu. 

Les révélations, qui ont commencé ce dimanche en début de soirée, comportent plusieurs volets qui seront publiés au cours des prochains jours par les médias enquêteurs. 

1. D'où proviennent les documents ?

Tout a commencé avec un leak, une fuite de données parvenues anonymement au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung au cours de l'année 2016. Une fois transmis à l'ICIJ, les médias partenaires se sont coordonnés pour enquêter. Les données proviendraient essentiellement de trois sources, détaille Le Monde

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La première serait le cabinet d'avocats Appleby, un établissement offshore basé aux Bermudes et disposant également de bureaux aux îles Caïman, à Guernesey, à Jersey, aux Seychelles et sur l'île de Man. Près de 7 millions de documents internes sont parvenus à l'ICIJ. 6,2 millions de documents sont issus des registres des sociétés de dix-neuf paradis fiscaux. Le reste des documents, presque 600.000, proviennent du cabinet Asiaciti Trust, basé à Singapour.

Appleby, à la fin du mois d'octobre, avait publié un communiqué faisant état d'un "incident" informatique mettant en péril la sécurité de ses données. Le cabinet avait également précisé dans son communiqué qu'il avait "reçu des demandes de renseignements de l'ICIJ".

2. Quelles personnalités concernées ?

Des personnalités très variées apparaissent dans les documents qui ont fuité. Des noms qui, à première vue, ont peu de choses en commun. D'après les premières publications, des membres de la garde rapprochée de Donald Trump, comme Wilbur Ross et Rex Tillerson, sont mentionnés, mais aussi le trésorier du parti libéral canadien Stephen Bronfman, proche du premier ministre Justin Trudeau. 

En Europe, la reine d'Angleterre est également éclaboussée par les divulgations. Plus largement, des oligarques russes proches de Vladimir Poutine, des multinationales ayant pignon sur rue comme Nike et Apple mais aussi des grandes fortunes hexagonales, sportifs célèbres et hommes d'affaires africains. Peu de franges du "gotha mondial" semblent épargnées.

3. Est-ce légal ?

Les pratiques mises au jour par le consortium international des journalistes d'investigations sont très variables. L'enquête révèle des facettes multiples des paradis fiscaux, qui sont érigés en systèmes à part entière et permettent à des grandes fortunes ou des multinationales de mettre des actifs à l'abri dans ces territoires, se soustrayant aux taxes en vigueur dans leurs États de rattachement. 

Contrairement aux "Panama Papers", qui s'intéressaient davantage au blanchiment d'argent, les "Paradise Papers" mettent en évidence des montages profitant de failles juridiques, des pratiques légales ou à la limite de la légalité.

Pour certaines situations, des soupçons de conflits d'intérêts sont levés, à l'instar de l'enquête concernant les affaires de Wilbur Ross, secrétaire d'État au commerce de Donald Trump. Ce dernier aurait conservé une participation importante dans une société, dont l'un des plus gros clients serait une entreprise contrôlée par des proches de Vladimir Poutine. Des révélations qui peuvent faire écho à l'enquête visant les soupçons d'ingérences russes lors de la dernière campagne présidentielle américaine.

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