3 min de lecture Panama Papers

"Panama Papers" : les documents permettent de retracer le parcours d'un tableau "volé" de Modigliani

Un entrepreneur canadien demande la restitution de l'oeuvre. "L'Homme assis appuyé sur une canne" aurait été dérobé pendant l'occupation de Paris durant la Seconde Guerre mondiale.

Un tableau de Modigliani lors d'une exposition à Londres en 2013.
Un tableau de Modigliani lors d'une exposition à Londres en 2013.
Nicolas Ledain

Le volet financier de l'affaire des "Panama Papers" fait trembler des responsables politiques, des industriels et des personnalités du monde entier, mais aussi des collectionneurs d'art impliqués dans ce gigantesque système d'évasion fiscale dévoilée par la fuite de plus de 11 millions de documents du cabinet d'avocats Mossack Fonseca. Un véritable bras de fer sur fond de trafic présumé d'oeuvre d'art s'engage entre la Suisse, le Canada et les États-Unis. Au cœur de cette affaire dans l'affaire, il y a un tableau du peintre italien Amedeo ModiglianiL'Homme assis (appuyé sur une canne).

La toile qui représente un petit homme moustachu chapeauté avec une canne aurait été volée à l'antiquaire juif Philippe Stettiner durant l'occupation de Paris par les nazis au milieu de la Seconde Guerre mondiale. Lors d’une vente, le 3 juillet 1944, "un tableau de Modigliani" est adjugé pour 16.000 francs (3.600 euros). L'histoire ne dit pas s'il s'agit du bon tableau. La peinture n'a ensuite plus été vue pendant près de 50 ans avant de réapparaître lors d'une vente aux enchères d'objets d'art en 1996. Elle avait alors été achetée par une société du Panama, l'International Art Center (IAC). Prêtée à quelques reprises pour des expositions temporaires, on ignore aujourd'hui officiellement où elle se trouve, alors que la famille de l'antiquaire demande sa restitution. 

Les "Panama Papers" permettent de retrouver le propriétaire

Comme le démontre Radio Canada, c'est là qu'entrent en jeu les "Panama Papers". L'International Art Center est une société qui éveille les soupçons puisque sa directrice sur le papier est aussi à la tête de plus de 11.000 autres entreprises au Panama. Dans les documents qui ont fuité, le nom de l'actionnaire a été dévoilé, il s'agit de David Nahmad, un collectionneur d'art, dont la famille détiendrait une collection d'une valeur de 4 milliards de dollars selon le magazine Forbes. Les descendants de l'antiquaire juif spolié ont donc désormais une piste pour entamer des poursuites. Ils sont soutenus par James Palmer, le responsable d'une firme de restitution d’œuvres d'art de Toronto qui a engagé des démarches devant un tribunal américain. "David Nahmad contrôle la peinture maintenant dans une zone franche. C'est lui qui a le contrôle, qui tire les ficelles", a expliqué James Palmer à Radio Canada.

Une oeuvre estimée à 25 millions de dollars cachée à Genève

Si les fuites des "Panama Papers" convergent vers eux, les membres de la famille Nahmad affirment qu'ils ne sont pas en possession de cette oeuvre estimée à 25 millions de dollars, ils avancent qu'elle appartient à la société panaméenne qui l'a achetée en 1996. La Tribune de Genève dévoile que L'Homme assis appuyé sur une canne se trouverait dans les locaux d'une entreprise de stockage des Ports Francs de la ville suisse pour le compte de la société International Art Center. David Nahmad a tout de même reconnu du bout des lèvres qu'il était le responsable de l'IAC puisqu'il a précisé qu'il serait prêt à restituer l'oeuvre si la famille de l'antiquaire arrive à démontrer qu'elle appartenait à Philippe Stettiner. "S'ils peuvent prouver que la toile leur appartient, alors ils peuvent aller en cour avec les reçus de vente", a précisé le collectionneur au quotidien suisse.

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