4 min de lecture
La Bulgarie a adopté l'euro, près de 20 ans après son entrée dans l'UE.
Crédit : Nikolay DOYCHINOV / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
À minuit, ce jeudi 1er janvier 2026, le petit pays des Balkans, entré dans l'UE en 2007, a tiré un trait sur le lev, sa monnaie nationale en vigueur depuis la fin du XIXe siècle, pour adopter l'euro avec l'espoir de renforcer ses liens économiques avec les autres membres de la zone. Mais en Bulgarie surgit aussi la crainte d'une flambée des prix dans un contexte politique en outre instable.
À Sofia, dans la nuit de mercredi à jeudi, les habitants de la capitale ont donc fait la fête, comme tout le monde, mais pas vraiment pour célébrer l'arrivée de l'euro. Pourtant, aux 12 coups de minuit, sur la place du Prince Alexandre, un montage vidéo montrant des images de la monnaie européenne a été projeté sur le mur de la banque de Bulgarie, allusion à l'entrée du pays dans la zone euro.
Mais comme Alexandra, le public était là surtout pour célébrer la nouvelle année. C'était le cas aussi de Boyan, plutôt favorable à l'euro, mais qui n'avait pas l'intention de se précipiter pour retirer des billets aux distributeurs. "On peut utiliser les lev bulgares jusqu'à la fin du mois de janvier, donc ce n'est pas la peine de se presser pour retirer des euros", témoigne Boyan au micro de RTL.
À minuit, les distributeurs de billets proposaient en effet des euros, mais il n'y avait pas foule pour venir en retirer. D'ailleurs plusieurs sondages, publiés ces derniers temps, indiquent qu'un Bulgare sur deux est inquiet de cette nouvelle monnaie dans leur pays. Notamment chez les plus âgés.
Pour Dina, par exemple, l'arrivée de l'euro "est une horreur". "Imaginez-vous, je ne connais pas les billets en euros. Et on nous dit qu'il va y en avoir des faux. Alors, qu'est-ce qu'on va pouvoir faire ?", s'interroge cette Bulgare.
Jean-François Barranca, lui, tient le restaurant "Tartiflette" à Sofia et il vend aussi du fromage. L'arrivée de l'euro l'inquiète également. "On est un petit peu angoissé de ce passage à l'euro, ça ne nous plaît pas forcément. Nos craintes, c'est que tout augmentera automatiquement. On a vu une certaine tranquillité avec le lev", lance le commerçant sur RTL.
Contrairement à d'autres, Dimitar n'est pas foncièrement hostile à l'arrivée de la monnaie européenne, mais il estime qu'elle est déjà responsable de la flambée des prix. En un an, l'inflation a augmenté de 5% dans le pays. "Les prix ont vraiment augmenté ces six derniers mois. Par exemple, le pain qui coûtait un lev, c'est-à-dire environ 50 centimes d'euros, coûte maintenant deux lev, c'est presque un euro. Et les salaires, eux, n'augmentent toujours pas", déplore-t-il.
Et s'ajoute la crainte de la corruption. Jean-François Barranca remarque que ses clients sont très méfiants sur l'évolution des prix, car plusieurs cas de tromperie à la conversion ont déjà été dénoncés. "Quelques petits magasins ont effectivement un peu exagéré sur le taux de conversion. Si deux leva représentent à peu près un euro, ils ne vont pas hésiter à mettre 10 centimes de plus, explique le restaurateur. J'ai vu certains clients qui regardent si on a bien étiqueté les prix, qui ont regardé et qui se sont dit : 'oui c'est bon, c'est bien, c'est pas exagéré'".
La Bulgarie connaît, par ailleurs, une grave crise politique. Le gouvernement a dû démissionner après des manifestations monstres dénonçant la corruption dans le pays.
Mais tous les habitants de la capitale bulgare ne pas pas hostiles à l'euro. Il y a ceux, notamment, qui pensent que c'est un plus pour le pays. C'est le cas de Radoslav. Il travaille dans la cybersécurité et se réjouit de l'arrivée de la monnaie unique européenne. "C'est positif. Ça va faciliter les transferts d'argent. Ce sera bon pour le commerce, pour les entreprises, et ça n'aura pas de conséquences pour l'inflation. Il y en a toujours eu dans le pays. Vraiment, pour moi, c'est très bien que la Bulgarie rejoigne la zone euro".
À 75 ans, Yulia n'oublie pas le lev, mais elle pense qu'adopter l'euro est une étape importante pour l'avenir de son pays. "Je trouve ça très bien. La Bulgarie est dans l'Europe. Il n'y aura pas de retour en arrière. Je ne suis pas nostalgique du lev, mais j'ai quand même gardé des billets et des pièces. Il faut respecter le passé et se construire un avenir nouveau", assure la septuagénaire au micro de RTL.
Jean-François Barranca, lui qui importe son fromage de France, trouve qu'il y a quand même un bon côté au passage à l'euro : "Je n'ai plus de conversion à faire entre l'euro et le lev, donc oui, ça nous retire du travail. Ça va nous faire gagner un temps précieux quand même".
L'euro deviendra la seule monnaie officielle bulgare le 1er février 2026. Le lev n'aura plus cours à la fin du mois.
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte