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"On aurait dit une tentative d'intimidation" : dans la Manche, stupeur après des tirs de la Marine française en pleine interview d'un député britannique par la BBC

Mardi 28 juillet, un militaire français a procédé à des tirs à proximité d'un bateau de pêche britannique sur lequel le député Chris Philp était interviewé par la BBC sur le sujet des traversées de migrants. La préfecture maritime estime qu'il s'agissait d'un simple exercice de routine.

Un patrouilleur de la Marine nationale française navigue dans le port de Calais, dans le nord de la France, lors d'une opération de sauvetage mobilisant des ressources françaises et britanniques le 12 août 2023.

Crédit : Bernard BARRON / AFP

Quentin Menu

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"Même maintenant, on ne sait toujours pas clairement ce que visait le patrouilleur." Stupeur sur le petit bateau de pêche qui transportait un député britannique et une équipe de la BBC, mardi 28 juillet, dans le cadre d'un reportage sur les traversées de migrants dans la Manche. En pleine interview, les Britanniques présents sur le navire ont fait état de plusieurs tirs en provenance d'un patrouilleur français qui naviguait à proximité.

Le député Chris Philp, par ailleurs ministre "fantôme" de l'Intérieur, était interrogé par le journaliste Michael Keohan, raconte la BBC sur son site internet. Alors que la caméra tourne, les deux hommes sont interrompus par une succession de bruits secs. Sur la vidéo de l'entretien partagée par l'élu et le média public britannique, on entend clairement les tirs. Le patrouilleur français était alors très proche du bateau de pêche.

Les Anglais assurent, images à l'appui, avoir aperçu un militaire français brandissant une arme. L'homme a tiré 17 fois en pointant vers la mer. "Notre bateau n'a reçu aucun avertissement, aucun signe ne laissait présager les intentions des Français", dénonce Michael Keohan. Le reporter de la BBC spécule : "On aurait dit une tentative d’intimidation pour nous empêcher de couvrir les traversées de migrants."

La France se défend

La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord confirme à RTL que le patrouilleur Flamant a bel et bien procédé "à un exercice de tir à l’arme de poing au large du cap de Gris-Nez", dans le Pas-de-Calais. Mais elle se défend de toute tentative d'intimidation. "Cet exercice est sans lien avec la présence d’un navire britannique dans la zone, qui se trouvait hors de portée des tirs", se défendent les autorités.

"Les signaux réglementaires tels que prévus par les normes internationales pour cet exercice de tir ont été arborés, et le gabarit de sécurité a été respecté", dit la préfecture. Celle-ci précise par ailleurs que le navire français n'était pas engagé dans une mission de surveillance des embarcations de migrants dans la Manche.

"Aberrant"

Le député conservateur présent au moment des tirs est un fervent critique de la France, qu'il juge inefficace dans le contrôle de sa frontière maritime avec l'Angleterre. Après l'épisode de mardi, il a réagi avec une certaine ironie : "Il est aberrant que la Marine française tire à balles réelles pour défendre ses eaux contre un homme politique britannique, mais se montre incapable d'agir contre les traversées illégales de la Manche. Si la France traitait les passeurs avec autant de sérieux qu'elle m'en a témoigné, les bateaux cesseraient de passer. Au lieu de ça, les Français les laissent passer et les refilent aux garde-côtes britanniques, comme si c'était notre problème."

Un représentant du Home Office, le ministère des Affaires étrangères britannique, a indiqué à la BBC être entré en contact avec les autorités françaises pour faire toute la lumière sur cet évènement.

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