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"Acte malveillant", vol de métaux... Quelles sont les pistes envisagées par les enquêteurs après le déraillement d'un TER en Normandie ?

Vendredi soir, un TER reliant Rouen à Caen a déraillé faisant 44 blessés dont un grave. Un morceau de rail de 300 kilos retrouvé sur la voie est au cœur des interrogations des enquêteurs. Pour l'heure, il n'y a pas de certitude sur l'origine de la présence de ce bout de rail sur le ballast.

Photo du déraillement d'un TER reliant Rouen et Caen, le vendredi 11 septembre 2026

Crédit : AFP PHOTO / COURTESY OF LUIS BRANCO

Déraillement d'un TER en Seine-Maritime : quelles hypothèses sont envisagées par le police judiciaire de Rouen ?

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Thomas Prouteau - édité par Justine Audollent

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Un morceau de rail de cinq mètres et de 300 kilos retrouvé sur place au cœur des interrogations des enquêteurs. Après le déraillement d'un TER reliant Rouen à Caen vendredi soir qui a fait 44 blessés dont un grave, la police judiciaire de Rouen s'intéresse à plusieurs pistes. Celle d'un acte malveillant intentionnel est sérieusement étudiée mais ce n'est pas la seule ce samedi 12 septembre.

Parmi les hypothèses envisagées notamment, il y a celle d'un vol de métaux qui aurait tourné court avec l'abandon de ce morceau de rail par des malfaiteurs. Ce que l'on sait, c'est que le train précédent était passé une heure avant environ, indique la maire de Cléon. Par ailleurs, il n'y avait pas de chantier SNCF en cours. Pour tâcher de comprendre comment la pièce de métal s'est retrouvée là, les enquêteurs exploitent donc les données de la SNCF et notamment les systèmes d'enregistrement du TER ainsi que tous les indices disponibles : empreintes, témoignages, éventuelles images de vidéosurveillance et téléphonie. 

L'hypothèse d'un sabotage

En ce qui concerne l'hypothèse d'un sabotage, une source sécuritaire évoque les précédents connus visant la SNCF et notamment, ceux liés à l'affaire dite de Tarnac. En 2008, des crochets à béton avaient été placés sur les caténaires de plusieurs lignes TGV mais n'avaient jamais occasionné de victimes physiques. Le mode opératoire serait donc inédit. 

Bernard Aubin, secrétaire général de la Fédération indépendante du rail, évoque plusieurs scénarios. "Si la SNCF détecte un défaut dans un rail, elle va tronçonner le rail de part et d'autre du défaut, le retirer, le remplacer par un neuf, et puis par la suite venir chercher le rail en question. Il fallait que quelqu'un soit au courant de la présence de ce rail. (...) Selon le positionnement de ce rail dans les voies, ça aurait pu arrêter la circulation. Alors, est-ce le fait du hasard que ce rail n'ait pas arrêté la circulation ? C'est une hypothèse. Est-ce que c'est une connaissance spécifique de cette spécificité qui fait que le rail a été justement placé pour ne pas arrêter les circulations ? Ça interpelle également", explique-t-il au micro de RTL.

Le procureur reste très prudent

Julien Joly, expert transport au cabinet de conseils Wavestone, appelle à prendre des précautions sur RTL. "Il y a un élément un petit peu troublant, c'est la présence de ce morceau de rail à proximité du train qui a déraillé sur lequel porte tous les soupçons aujourd'hui. Pour faire dérailler un train, c'est assez inhabituel. À ma connaissance, je n'ai pas d'événements similaires en France d'actes malveillants qui auraient mené au déraillement d'un train. Mais il faut savoir que pour déplacer un rail, ce n'est pas si facile. 300 kilos ça ne se porte pas sous le bras donc ça laisse peut-être à penser qu'il s'agit d'un acte prémédité. Mais une fois plus, l'enquête dira ce qu'il en est", explique-t-il dans RTL Soir.

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Il reste donc encore de nombreuses interrogations dans cette affaire. Ce samedi soir, le procureur de Rouen s'est montré très prudent. "Les investigations menées n’ont apporté aucun élément nouveau sur les causes de la présence - sur un des rails de la voie - d’un morceau d’un autre rail. Je rappelle en conséquence qu’à ce stade, aucun élément ne permet d’évoquer un acte de 'malveillance' commis avec l’intention délibérée de faire dérailler le train, et donc encore moins un 'attentat'", a indiqué Sébastien Gallois dans un communiqué. 

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