3 min de lecture

"Dario a raison" : Sam Altman et Elon Musk soutiennent l'appel du patron d'Anthropic à ralentir sur le développement de l'IA

Le patron d'Anthropic, Dario Amodei, a appelé ce samedi 12 septembre à ralentir la vitesse de développement de l'intelligence artificielle (IA), un message auquel se sont rapidement ralliés Elon Musk et Sam Altman (OpenAI).

Sam Altman et Elon Musk

Crédit : AFP

AFP & La rédaction numérique de RTL

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Un nouvel appel à mieux réguler l'intelligence artificielle. Ce samedi 12 septembre, le patron d'OpenAI Sam Altman et Elon Musk se sont dits favorables à la proposition du directeur général d'Anthropic Dario Amodei de ralentir le rythme de développement de l'intelligence artificielle (IA), sur fond de multiples incidents impliquant l'IA. 

Il faut "temporiser" l'amélioration de l'IA "pour que la prévention des risques soit en mesure de suivre le rythme", a écrit le directeur général d'Anthropic dans un message publié sur son site personnel. "Dario a raison", a réagi, quelques heures plus tard, Elon Musk, sur X. "Je suis d'accord avec Dario", a aussi écrit le patron d'OpenAI Sam Altman, également sur X. "C'est un des principaux sujets de discussions chez OpenAI ces dernières semaines." 

Si Elon Musk a régulièrement eu des commentaires positifs sur Anthropic et son approche de l'IA, il est très rare de voir le patron d'OpenAI soutenir une initiative de celui d'Anthropic, les deux entreprises étant les deux grandes rivales du secteur. 

Des incidents qui se multiplient

Dario Amodei a, par ailleurs, quitté OpenAI en 2020 pour partie parce qu'il considérait que la start-up californienne se montrait trop laxiste sur la question de la sécurité de l'IA, avant de fonder Anthropic en 2021. La proposition de Dario Amodei fait écho à plusieurs autres de même nature lancées depuis début juin, d'abord par lui-même, puis par Sam Altman, et enfin par un groupe d'employés du milieu. Ces exhortations intervenaient après un incident lors duquel des modèles d'OpenAI étaient sortis spontanément de leur milieu confiné lors de tests pour rejoindre internet et attaquer la plateforme d'IA Hugging Face. 

À lire aussi

Depuis, plusieurs autres événements ayant vu des IA d'OpenAI et Anthropic se rendre sur internet à l'insu de leurs superviseurs ont été rapportés par les deux entreprises. À chaque fois, ils impliquaient des agents IA, c'est-à-dire un programme spécifique bâti sur un modèle et doté de ses propres connaissances et de ses propres objectifs. Les agissements et les méthodes de ces agents ont d'autant plus inquiété qu'ils ont montré une propension à se coordonner, à établir une hiérarchie entre eux, à tricher et à effacer les traces de leurs méfaits. 

Contrôler l'intégralité d'internet

Vu l'accélération actuelle du développement de l'IA, "je redoute que d'ici 6 à 12 mois, un groupe (d'agents) soit capable de prendre le contrôle de l'intégralité d'internet", prévient Dario Amodei, ce qui "pourrait entraîner des centaines de milliards de dollars de dégâts". Mardi, Jacob Coxon, salarié démissionnaire d'Anthropic et ancien d'OpenAI, avait dénoncé l'inertie des deux concurrents. "Aucune des deux entreprises n'agit de manière responsable. Elles foncent tout droit vers une superintelligence capable de s'améliorer elle-même et jouent avec nos vies", a-t-il écrit sur le réseau social X. 

Début août, le gouvernement américain a mis en place un cadre de supervision, qui prévoit l'examen, sur la base du volontariat, de nouveaux modèles d'IA avant leur sortie. Mais ce dispositif reste opaque. Beaucoup s'interrogent sur son efficacité, dans la mesure où Donald Trump s'est régulièrement dit opposé à toute mesure ralentissant le développement de l'IA aux États-Unis, qu'il s'agisse de la sortie des modèles ou de la construction des centres de données. 

Après avoir identifié les dérapages de leurs modèles, OpenAI et Anthropic ont chacun suspendu ou freiné le travail sur leurs nouvelles IA durant quelques jours, avant de le reprendre au même rythme. Dans sa communication, Dario Amodei s'inquiète de l'arrivée de l'amélioration récursive autonome (RSI), un processus qui voit l'IA s'améliorer elle-même sans intervention humaine. "Sans supervision, (cette méthode) pourrait dépasser nos capacités de compréhension et de contrôle de ces systèmes", explique le patron d'Anthropic. Elle doit être appliquée "avec beaucoup de prudence", "si tant est qu'il faille l'utiliser". 

L'intégration d'observateurs indépendants

Outre son appel, Dario Amodei formule plusieurs propositions, en premier lieu, l'intégration par les fleurons de l'IA d'observateurs indépendants. 
S'il la recommande à toute l'industrie, le dirigeant s'engage à la mettre en place unilatéralement chez Anthropic. Les observateurs auront les mêmes accès que les employés de l'entreprise et pourront vérifier que la start-up se tient bien à ses engagements, faire état d'éventuels nouveaux incidents et surveiller l'encadrement des modèles pour éviter leurs dérives. 

Samedi, Sam Altman a promis d'en faire de même chez OpenAI. Dario Amodei prône aussi la collaboration entre les entreprises les plus avancées pour définir des normes de sécurité communes. Il se dit aussi favorable à une forme de coordination politique entre toutes les grandes nations de l'IA. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée