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Nobel de la Paix 2022 : qui est Ales Bialiatski, inébranlable opposant du système Loukachenko ?

PORTRAIT - Le comité Nobel norvégien a appelé le Bélarus à libérer le militant emprisonné Ales Beliatski, lauréat du prix Nobel de la Paix conjointement avec deux ONG russe et ukrainienne.

Ales Beliatsky en 2011 à Minsk
Ales Beliatsky en 2011 à Minsk
Crédit : VIKTOR DRACHEV / AFP
Aymeric Parthonnaud & AFP

C'est un homme derrière les barreaux que le Comité Nobel a sacré aujourd'hui, offrant probablement une protection symbolique puissante à ce militant pour les droits humains. Le Biélorusse Ales Viktaravitch Bialiatski a été récompensé par le prestigieux Prix Nobel de la Paix, ce 7 octobre 2022 avec deux autres organisations luttant pour les droits de l'homme : l'ONG russe Memorial et le Centre ukrainien pour les libertés civiles. 

Né le 25 septembre 1962, Ales Bialiatski est un militant politique connu pour son travail à la tête du Centre des droits de l'homme Viasna (Printemps), la principale organisation de défense des droits de l'homme en Biélorussie. Il est le vice-président de la Fédération internationale pour les droits humains. Le Noble de la Paix n'est pas la première récompense de ce genre que reçoit Ales Bialiastki. L'homme a déjà reçu le prix Homo Homini, le prix Lech-Wałęsa ou encore le prix Per-Anger pour sa défense de la démocratie et des droits humains. 

Né dans une actuelle province russe de parents biélorusses, il se spécialise tout d'abord dans la littérature de son pays. Au coeur des années 80, il sert dans l'armée en tant que conducteur de véhicule blindé dans une batterie d'artillerie antichars près de la ville russe d'Iekaterinbourg.

Lutte contre le système Loukachenko

Depuis une dizaine d'années, ses positions politiques lui valent plusieurs procès et séjours en prison. Il a été par exemple arrêté pour fraudes fiscales en 2011 avant d'être libéré trois ans plus tard dans le cadre d'une amnistie générale commémorant la libération de la Biélorussie de l'envahisseur nazi, 70 ans plus tôt. Retour à la case prison, toujours sous les mêmes prétextes en juillet 2021. En réalité, c'est son opposition ferme au régime d'Alexandre Loukachenko qui semble à l'origine de ces problèmes judiciaires. 

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Il s'agissait là de porter un coup au vaste mouvement de contestation post-électoral de l'été 2020 qui a fait trembler son régime. Pendant des semaines, des dizaines de milliers de Biélorusses, bravant la peur, sont descendues dans la rue pour protester contre la réélection pour un sixième mandat du chef de l'État. À leur côté, Viasna recensait les arrestations, les accusations de tortures en prison et les blessés.

"La répression brutale de Viasna n'est qu'une partie de la purge de la société civile décidée par le président Alexandre Loukachenko", notait alors Human Rights Watch. Fondée en 1996 lors de manifestations massives pro-démocratie au Bélarus, une ex-république soviétique déjà dirigée alors d'une main de fer par Alexandre Loukachenko, Viasna a commencé son travail en apportant une aide aux personnes incarcérées et à leurs proches.

Son travail s'est ensuite étendu à la défense des droits humains en général, dans un pays où les abus sont généralisés en la matière. Membre de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Viasna est rapidement devenu un moniteur clé des atteintes aux droits, qu'il s'agisse du décompte des arrestations lors des manifestations, de la défense des prisonniers politiques ou de la surveillance des élections.

Une purge de la société

Ales Beliatski a été l'un des membres du "conseil de coordination" mis en place par l'opposition biélorusse l'année dernière pour contester la réélection jugée frauduleuse d'Alexandre Loukachenko et tenter de forcer le pouvoir au compromis. Il y a côtoyé dans cet organisme la prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch, qui s'est exilée, ou encore la figure de l'opposition Maria Kolesnikova, récemment condamnée à 11 ans de prison.

La quasi-totalité des membres de ce conseil ont été emprisonnés ou poussés vers l'exil, tandis que des dizaines de médias indépendants et d'ONG ont été liquidés sur décision de justice. Plusieurs membres de Viasna sont détenus dans diverses affaires allant du "trouble à l'ordre public" à la "participation à une organisation criminelle". Des perquisitions ont visé en février et en juillet 2021 plus de 50 lieux liés à des membres de l'organisation.

"Tant dans les petites villes que dans les villes régionales et la capitale, il y a une véritable terreur", relevait dans une interview Ales Beliatski en août 2020, quelques jours après la réélection contestée de Loukachenko. "L'objectif est très simple : conserver le pouvoir à tout prix et semer la peur dans la société", prédisait-il.

"Submergée par l'émotion"

La cheffe de l'opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa, soutien du militant, s'est réjouie de cette récompense : "Le prix est une reconnaissance importante pour tous les Biélorusses combattant pour la liberté et la démocratie", a-t-elle écrit sur Twitter. L'épouse du lauréat, Natalia Pintchouk, a dit à l'AFP être "submergée par l'émotion", saluant "la reconnaissance du travail d'Ales, de ses collaborateurs, de son organisation".

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