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Nigeria : mariée, une des lycéennes de Chibok a refusé d'être libérée

La jeune fille a expliqué qu'"elle était bien" et mariée" et a refusé de partir comme les 82 autres lycéennes.

Une marche silencieuse pour la libération des lycéennes de Chibok, en 2015
Une marche silencieuse pour la libération des lycéennes de Chibok, en 2015
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Une des 200 lycéennes nigérianes de Chibok enlevées par Boko Haram a refusé d'être être libérée dans un échange de prisonniers avec le groupe jihadiste nigérian, déclarant qu'"elle était bien" et "mariée", a annoncé mardi 9 mai le porte-parole de la présidence, Garba Shehu.  Ce dernier avait annoncé il y a plusieurs semaines que des pourparlers avec le groupe jihadiste étaient en cours sur la libération de 83 jeunes filles. Finalement, seules 82 ont été libérées.  Le porte-parole de la présidence a expliqué mardi qu'une de ces lycéennes avait "dit non" : "Je suis bien où je suis. Je suis mariée".

Après cette nouvelle libération - 21 d'entre elles ont été échangées en octobre 2016, 3 ont été retrouvées par l'armée et 57 s'étaient échappées -, 113 jeunes filles sont toujours retenues par le groupe jihadiste. Ces adolescentes font partie des 276 jeunes filles enlevées dans leur lycée à Chibok (nord-est) par le groupe jihadiste en 2014, suscitant une vague d'indignation internationale. Boko Haram, qui utilise les enlèvements de masse comme forme de recrutement, a enlevé des dizaines de milliers de personnes, que l'armée nigériane libère au fur et à mesure de leur incursion dans des territoires. Le gouvernement et l'armée vérifient leur identité avant de les remettre à leurs familles.

La suspicion est généralement très forte dans les communautés pour connaître leur degré de sympathie et d'affiliation au groupe jihadiste. Toute personne qui a vécu dans des villages tenus par Boko Haram, ou kidnappée par le groupe doit procéder à des "screenings" (vérifications) par l'armée, pour des durées aléatoires et durant parfois plusieurs mois. M. Shehu a toutefois assuré que si les lycéennes n'avaient toujours pas rejoint leur famille, c'est parce que les autorités veulent être certaines de leur identité.

Un soutien psychologique adéquat demandé par Amnesty

"Ces jeunes filles ne viennent pas toutes de la ville de Chibok, mais aussi des villages des environs", a ajouté le porte-parole de la présidence nigériane. "Les noms ont été publiés, mais à cause de certaines similarités de noms, nous préférons nous assurer de leur identité en montrant les photos aux familles", a ajouté M. Shehu. "Nous ne voulons pas créer de confusion".

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Amnesty International a demandé dimanche aux autorités nigérianes d'apporter aux lycéennes libérées un soutien psychologique adéquat et de ne pas prolonger la traditionnelle enquête militaire devant évaluer leur allégeance au groupe jihadiste. Début avril, l'Unicef avait également dénoncé la mise en détention de centaines d'enfants par l'armée qui les interroge sur Boko Haram et leur appartenance présumée à l'organisation jihadiste.

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