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Le comédien Philippe Torreton en 2024.
Crédit : JOEL SAGET / AFP
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Pourquoi quitter le confort d’une carrière installée pour affronter la rue ? Le comédien Philippe Torreton, à l'affiche de la pièce de théâtre Le Cercle des Poètes Disparus et auteur du livre Veiller publié le 11 février dernier, a expliqué sur RTL s’être inscrit dans la collection "L’Engagé" chez Calmann-Lévy, qui propose à des auteurs de plonger dans une réalité sociale.
"J’ai choisi le Samu social parce que la détresse me préoccupe depuis pas mal de temps. (…) De savoir que cette misère qui s’accumule, qui augmente… qui touche des gens de plus en plus jeunes, de plus en plus de femmes dans la rue. Ça me sidère" a-t-il exprimé. Parrain de la Fondation Droit au Logement, il dit ne plus pouvoir "se satisfaire des choses comme elles vont".
Philippe Torreton a passé quelques nuits avec le Samu social. Des nuits de maraude dans Paris, aux côtés des infirmiers, des travailleurs sociaux et des gens qui vivent dans la rue. Une expérience qu'il a tenu à retranscrire dans son livre.
Dès la première maraude, le choc est frontal et il a tenu à ce que "l’écriture procure ce choc-là que j’ai eu". Il a adopté alors un style brut, "comme un long slam", convaincu que "la poésie est un vrai moyen de raconter la vérité".
Cette vérité, il la résumait sans détour : "La nuit, c’est de la peur. La nuit, c’est du vol, c’est du viol, c’est du froid". Il a décrit "des corps abîmés", "les poux, la gale", des personnes qui "pourrissent à vue de nez à nos pieds".
Avant d’ajouter à cela : "À l’heure où on se parle, je pense qu’il y a au moins deux personnes que j’ai vues pendant ces nuits-là qui sont probablement décédées. (…) La nuit, ça tue. (…) On exécute dans Paris. Les gens meurent de leur maladie, de leur folie, d’assassinat."
Le rôle du Samu social ne se limite pas à distribuer des biens de première nécessité. "Ce n’est pas la soupe populaire", a-t-il insisté. "Ce sont des garçons et des filles qui sont là pour remettre en jour, comme ils disent."
La nuit isole, coupe des services, enferme dans une logique de survie. "L’installation en rue va très vite", a observé l’acteur. "Au début, on pense que c’est provisoire. (…) Et très vite, les nuits s’accumulent, le corps se dégrade. (…) On est collé au bitume comme un chewing-gum aplati."
Même les centres d’hébergement d’urgence ne constituent pas toujours une solution idéale. "Chaque cas dans la rue est un cas particulier. Or nos réponses sont un peu normées." Un chien, un problème de mobilité, et l’accès devient compliqué.
Son message aux pouvoirs publics est clair : "L’abandon humain coûte plus cher que les solutions."
Au retour chez lui, le contraste est rude. "C’est compliqué. (…) Moi, j’ai un foyer, une maison qui m’attend." Son livre, a-t-il étayé, n’est "pas un pamphlet", mais "un hommage" aux équipes du Samu social.
Face aux promesses politiques, notamment celles d’éradiquer le sans-abrisme, il a mis en garde : "Il faut se méfier des phrases définitives. (…) On ne pourra jamais empêcher des gens d’être dans la rue. Ce qu’on peut, c’est avoir une qualité de réponse."
Aux critiques qu’il a anticipé, il a répondu : "Je ne donne aucune leçon à personne. (…) Il y a juste à ouvrir les yeux." Puis, il a conclu par un appel simple : "Veillons. (…) Veillons ensemble à ce que le sort de nos concitoyens dans la rue puisse s’améliorer vite."
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