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Mercosur : pourquoi l'accord commercial entre les pays latino-américains et l'Union européenne a aussi des conséquences climatiques

Les pays latino-américains du Mercosur et l'Union européenne doivent signer ce samedi 17 janvier au Paraguay un traité créant l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, malgré les inquiétudes du monde agricole dans de nombreux pays européens et celles des associations de défense de l'environnement.

Mercosur

Crédit : Luis ROBAYO / AFP

Les conséquences climatiques de l'accord UE-Mercosur

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Nathan Bocard & Fanny Rocher

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Après 25 ans de débats, de luttes, de négociations, l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur doit être signé ce samedi 17 janvier au Paraguay. Le texte est au cœur de la colère agricole, et certaines filières craignent d'être exposées à une concurrence déloyale. Le traité, qui va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, inquiète également les associations de défense de l'environnement. 
 
En multipliant les échanges, les transports de marchandises augmentent, principalement par bateau. Et le fret maritime est une énorme source d'émissions de gaz à effet de serre, devant le transport aérien. Une augmentation du transport est synonyme d'une augmentation du réchauffement climatique. Les émissions viennent également de la production même des produits, quels qu'ils soient, et l'accord favorise des filières particulièrement émettrices de gaz à effet de serre.

L'élevage bovin sud-américain, facteur de déforestation

L'accord facilite l'entrée en Europe de bœuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui alarment les filières concernées. L'élevage bovin émet énormément de gaz à effet de serre, d'autant qu'en Amérique du Sud, l'expansion de l'élevage se fait en déforestant. Plus de 60 % déforestation de l’Amazonie brésilienne est due à l'élevage. La déforestation émet du gaz carbonique, et les arbres ne jouent plus leur rôle majeur de captation du CO2.

En supprimant une large part des droits de douane, l'accord favorise les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages. Les voitures concernées sont des véhicules thermiques, qui seront interdits de vente sur le marché européen dans les prochaines années

Il y a un deux poids, deux mesures

Maxime Combes, économiste et coordinateur du collectif "Stop Mercosur"

Une incohérence que dénonce Maxime Combes, économiste et coordinateur du collectif "Stop Mercosur". "Il y a là un deux poids, deux mesures, comme si on considérait des biens et services qu'on ne voudrait plus utiliser sur le territoire européen du fait de leur impact environnemental négatif qu'ils seraient quand même légitimes de les exporter dans d'autres régions de la planète", fustige-t-il au micro de RTL.

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Pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l'agriculture européenne avec des produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. Les normes environnementales mais aussi sociales et sanitaires sont moins importantes côté Mercosur. En mettant en concurrence ces deux marchés, l'Europe s'expose à de plus en plus de demandes de rabaisser ces normes pour rester compétitive.

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