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"Un accord d'un autre âge" : Emmanuel Macron votera contre le traité entre l'UE et le Mercosur vendredi à Bruxelles

Le président de la République a fait savoir, ce jeudi 8 janvier, que la France voterait contre l'accord avec les pays du Mercosur, ce malgré les concessions annoncées par la Commission européenne.

Emmanuel Macron, le 19 décembre 2026

Crédit : Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP

AFP - édité par Jérémy Descours

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La pression des agriculteurs a-t-elle payé ? Emmanuel Macron a annoncé, ce jeudi 8 janvier, que la France voterait "contre la signature de l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur". Le président de la République a justifié sa décision en invoquant un "rejet politique unanime".

Malgré des "avancées incontestables" dont "il faut donner acte à la Commission européenne", "le constat doit être dressé d'un rejet politique unanime de l'accord, comme l'ont clairement montré les récents débats à l'Assemblée nationale et au Sénat", a insisté le chef de l'État dans un communiqué.

"L'étape de la signature de l'accord ne constitue pas la fin de l'histoire. Je continuerai de me battre pour la pleine mise en œuvre concrète des engagements obtenus de la Commission européenne et pour protéger nos agriculteurs", a-t-il assuré.

Cette décision s'ajoute à l'opposition de l'Irlande, de la Pologne ou de la Hongrie, mais ne devrait cependant pas empêcher la Commission européenne d'obtenir le feu vert d'une majorité d'États membres lors de ce vote à la majorité qualifiée, vendredi, à Bruxelles.

"L'accord UE-Mercosur est un accord d'un autre âge, négocié depuis trop longtemps"

Selon Emmanuel Macron, confronté aussi à la pression des agriculteurs qui manifestaient, ce jeudi, dans Paris, "la France est favorable au commerce international, mais l'accord UE-Mercosur est un accord d'un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes".

"Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l'accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne (+0,05% sur le PIB de l'UE à l'horizon 2040 selon la Commission). Il ne justifie pas d'exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire", a-t-il estimé.

Il a toutefois salué les "avancées" obtenues auprès de Bruxelles : "une clause de sauvegarde spécifique", sorte de "frein d'urgence" sur les importations agricoles des pays latino-américains du Mercosur en cas de déstabilisations de marché en Europe, mais aussi des "mesures de réciprocité sur les conditions de production", et des "contrôles" renforcés.


"Plusieurs de ces progrès doivent encore être finalisés, la France y veillera", a assuré le locataire de l'Élysée. Il s'est aussi félicité d'autres "engagements majeurs de la Commission européenne", sur le montant du budget futur de la Politique agricole commune (PAC) et sur les prix des engrais.

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