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Mali : la France revendique la mort d’un haut responsable jihadiste

Les autorités françaises ont revendiqué le décès de Bah Ag Moussa, un cadre opérationnel jihadiste lié à Al-Qaïda, responsable de nombreuses attaques au Mali depuis plusieurs années.

La force Barkhane déployée au Mali (illustration)
La force Barkhane déployée au Mali (illustration)
Crédit : Daphné BENOIT / AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien
Journaliste

Un cadre opérationnel jihadiste de tout premier plan lié à Al-Qaïda a été neutralisé par la force Barkhane déployée depuis le 1er août 2014 au Mali, ont indiqué les autorités françaises vendredi 13 novembre. Bah Ag Moussa est responsable de nombreuses attaques depuis plusieurs années. Une neutralisation saluée par la ministre des Armées Florence Parly. 

Dans un communiqué diffusé mardi, la ministre a évoqué une opération engageant "d'importants moyens de renseignement ainsi qu'un dispositif d'interception composé d'hélicoptères et de troupes au sol" qui a conduit à une frappe contre Bah Ag Moussa. Ce dernier est décrit comme le "chef militaire" du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et un "cadre historique de la mouvance jihadiste au Sahel".

Accusé d’avoir mis sur pied "plusieurs attaques contre les forces maliennes et internationales", Bah Ag Moussa, alias "Bamoussa", était un ancien officier de l'armée malienne mais aussi un membre fondateur du groupe jihadiste Ansar Dine. Il "était considéré comme l'un des principaux chefs militaires jihadistes au Mali, notamment chargé de la formation des nouvelles recrues", détaille le communiqué.

Cinq hommes tués

Le porte-parole de l'état-major français, le colonel Frédéric Barbry, a apporté quelques détails sur l’opération : à une centaine de kilomètres de Menaka, dans le nord-est du pays, les militaires ont tenté d'intercepter le pick-up du jihadiste qui était accompagné de quatre autres personnes non identifiées. "Les occupants fortement armés ont alors brusquement ouvert le feu avec des mitrailleuses et de l'armement individuel", provoquant une riposte, a-t-il expliqué. Dans cet affrontement, qui a duré une quinzaine de minutes, les cinq hommes ont été tués.

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En juin dernier, les forces armées françaises avaient tué le chef historique d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droukdal, une neutralisation considérée comme une victoire de prestige puisque l'Algérien était au cœur du jihad sahélien depuis 20 ans. Cependant, l’homme restait prudemment éloigné du terrain et sa mort n'a pas changé la donne sécuritaire dans le pays

Une mort significative

En revanche, le décès d’Ag Moussa semble lui plus significatif car celui qui est considéré comme un "terroriste" par les Nations unies et Washington, a été un acteur majeur des rebellions touareg des années 1990 et 2000. "Bah Ag Moussa est moins vu (par les communautés touareg) comme jihadiste que comme un leader historique de la contestation touareg", a déclaré Ferdaous Bouhlel, chercheuse associée à l'université de Tours et experte en médiation. 

Réintégré dans l'armée en 1996 puis en 2006, il avait fait défection à chaque fois : vers la rébellion la première fois, puis vers le jihadisme en 2012. Le think-tank Counter-Extremism Project (CEP) estime que "Bamoussa" était depuis 2017 "le dirigeant opérationnel" du GSIM dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly. Le groupe est devenu depuis l'une des principales forces jihadistes au Sahel avec son ennemi intime, l'État islamique au grand Sahara (EIGS). 

La stratégie militaire privilégiée

Les deux factions en lutte l’une contre l’autre sont depuis des mois les cibles prioritaires de Barkhane, qui comprend plus de 5.000 soldats, et de ses alliés régionaux. Cette dernière opération confirme que la stratégie militaire reste privilégiée par la France, qui avait annoncé ces derniers jours des opérations distinctes contre le GSIM et l'EIGS, en revendiquant la "neutralisation" d'une centaine de jihadistes.

"Il est clair que ce coup contre le (GSIM) est une façon de marquer l'opposition de la France à des éventuelles négociations", estime un analyste malien. "Cela retardera d'éventuels pourparlers, parce que leurs responsables ne se mettront plus facilement à découvert", a t-il estimé. 

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