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Mali : des attaques coordonnées de "groupes terroristes" dans plusieurs villes, l'armée assure que la situation est "sous contrôle"

Des affrontements ont lieu au Mali entre des "groupes terroristes" et l'armée qui assure que la situation est "sous contrôle" ce samedi 25 avril au soir. Les rebelles touaregs assurent avoir pris la ville de Kidal.

Une vidéo vérifiée par l'AFP de groupes armées à Kati, au Mali, le 25 avril 2026.

Crédit : anonymous / UGC / AFP

Mali : des attaques coordonnées de groupes djihadistes dans plusieurs villes

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Morad Djabari & AFP - édité par Marine Langlois

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La confusion est totale au Mali. Dans ce pays d'Afrique de l'Ouest dirigé par une junte militaire depuis 2020, des tirs nourris sont entendus depuis ce samedi 25 avril à Bamako et dans plusieurs autres villes. Plusieurs groupes djihadistes se sont alliés et ont pris la direction des grandes villes du pays. 

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, des centaines de djihadistes à bord de pick-up, en voiture ou à moto et armés, sont montrés en train d'attaquer des bases militaires, des bâtiments administratifs. L'aéroport de Bamako, la capitale du Mali, a été fermé une partie de la journée en raison de combats violents. 

L'armée malienne assure ce samedi soir que la situation est sous contrôle. Après avoir indiqué que "des groupes armés terroristes, non encore identifiés", avaient "pris pour cibles tôt ce matin certains points et casernes de la capitale et de l'intérieur" et que des combats étaient en cours, elle a déclaré plus tard dans un nouveau communiqué que la situation était "sous contrôle", en dépit de tirs toujours entendus, et que "plusieurs terroristes ont été neutralisés et des équipements détruits". 

Les rebelles assurent avoir pris la ville de Kidal

Il n'y a aucun bilan donné à ce stade. Mais un groupe djihadiste et indépendantiste, le Front de libération de l'Azawad (FLA), les rebelles Touaregs, assurent avoir pris la possession de la ville de Kidal. Sur les réseaux sociaux, des habitants de Kati et de la zone aéroportuaire ont publié des images de leurs maisons détruites par les déflagrations. 

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Dans le bâtiment du gouverneur, des vidéos montrent des djihadistes présents dans son immense salon, s'asseoir dans son canapé, se balader dans l'immense bâtisse. Ils fêtent leur victoire, la prise de la grande ville du nord du Mali. Kidal avait été reprise en novembre 2023 par l'armée malienne, appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner, mettant fin à plus d'une décennie de contrôle par des groupes rebelles. 

L'armée française s'est retirée du Mali en 2022 et le pays est confronté au groupe djihadiste depuis plus d'une décennie. Située dans la région du Sahel, il y a au Mali une concentration de plusieurs groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda, à l'État islamique et des groupes plus autonomes. Les attaques sont incessantes. Certaines zones du pays sont hors de contrôle de l'État malien, dirigées depuis 2020 par une junte militaire après deux coups d'État. 

L'Union africaine condamne "fermement" les attaques"

Après départ de l'armée française et l'opération Barkhane, les mercenaires russes de Wagner ont pris la place. Depuis leur arrivée, l'insécurité a augmenté et les attaques djihadistes se sont intensifiées. En septembre 2024, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) avaient revendiqué une double attaque d'une rare ampleur contre l'aéroport militaire de Bamako et contre l'école de gendarmerie, qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires. 

Les derniers rebondissements sont les attaques les plus sérieuses contre la junte par les jihadistes et la rébellion touareg du FLA depuis des années. "Nous faisons face à une vaste offensive coordonnée dans tout le pays à un niveau inédit depuis 2012, lorsque le gouvernement a perdu la moitié du pays. (Il y a eu de ) graves défaillances de sécurité à Bamako", a commenté auprès de l'AFP Charlie Werb, analyste du cabinet de conseil Aldebaran Threat Consultants (ATC). 

De son côté, l'Union africaine (UA) a dit "condamner fermement" ces attaques par des groupes armés, estimant qu'elles "risquent d'exposer les populations civiles à des dangers importants". 

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