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Les États-Unis peuvent-ils gagner leur guerre économique contre l'Iran ? Pourquoi l'Amérique de Trump "n'en a pas les moyens"

Donald Trump veut faire plier l’Iran par l’économie plutôt que par les armes. Mais entre les circuits de contournement mis en place par Téhéran et la prudence américaine face à la Chine, cette stratégie de sanctions montre vite ses limites. François Lenglet livre son analyse sur RTL.

Donald Trump, le 31 juillet 2026

Crédit : Aaron Schwartz / AFP

Les USA peuvent-ils gagner leur guerre économique contre l'Iran ?

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Donald Trump espère faire tomber l'Iran, sans utiliser de frappe militaire. Le président américain souhaite mener une guerre économique contre son adversaire. Mais, cela ne va pas fonctionner. L'Amérique de Trump n'en a pas les moyens. Même si dans l'hypothèse, elle les avait, elle hésiterait à les utiliser.

Les responsables américains, eux, ont utilisé des mots très durs, comparant même au "D Day", le débarquement de 1944 en Europe, les sanctions économiques qu'ils prennent. Du baratin. Les États-Unis butent sur deux difficultés. D'abord, l'Iran a une économie construite autour des sanctions. Celles-ci sont en vigueur depuis 1979, avec quelques brèves interruptions.
Le pays a donc développé d'innombrables canaux parallèles de transactions financières via le Moyen-Orient, la Chine et les places off-shore. Il a fait de même pour le transport des marchandises qu'il vend et qu'il achète, en les transbordant d'un bateau à l'autre parfois à plusieurs reprises pour éviter les contrôles. Depuis 50 ans, dès qu'un intermédiaire est identifié et sanctionné, il est remplacé par d'autres. 

L'autre problème de l'Amérique : la Chine

Pour isoler économiquement l'Iran, Washington prend des sanctions secondaires, qui frappent ceux (entreprises ou individus) qui commercent avec les Mollah. Ces sanctions représentent l'interdiction d'utiliser les systèmes financiers internationaux, contrôlés de facto par l'Amérique, l'interdiction d'utiliser le dollar, ou encore de faire du commerce aux États-Unis. À cela peuvent s'ajouter des pénalités financières.
Or, le partenaire commercial le plus important de Téhéran est Pékin. La Chine absorbe 80 à 90% du pétrole iranien. Au cours du mois d'août 2026, Pékin a ainsi acheté 500.000 barils par jour. Toujours avec ces circuits parallèles, mobiles, où les acteurs de l'ombre se substituent les uns aux autres.
Washington aurait dû frapper à la tête de ce système : les banques chinoises, qui financent le trafic. Elles ont besoin du dollar et des paiements internationaux. Cela aurait été un gigantesque problème pour elles. Mais, Donald Trump ne l'a pas fait. Il a préféré taper sur d'obscures sociétés installées à Hongkong. Certes, ce sont des Chinois, mais pas les plus importants. 

Pourquoi Donald Trump ne passe pas à l'acte

La dernière fois que le président américain s'est mesuré à Xi Jinping, c'était au moment de la guerre des tarifs. Donald Trump a dû en rabattre. Le président chinois menaçait de couper l'approvisionnement en terres rares. Des matériaux essentiels pour l'industrie de pointe américaine. Il y a également un sommet entre les deux chefs d'États prévu en septembre 2026. Ce n'est pas le moment de se brouiller.

Une dernière raison ? À son habitude, Donald Trump braille sur ses réseaux sociaux avec des termes insultants. En réalité, le locataire de la Maison-Blanche compte sur la Chine. C'est le seul pays qui peut exercer une influence modératrice sur l'Iran. Quant aux Chinois, ils aimeraient voir la situation s'apaiser et les prix du pétrole redescendre. Bien qu'ils protègent l'Iran. Pékin reste le plus gros acheteur de brut du monde. 

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