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Bernie Ecclestone libre contre 100 millions de dollars dans une affaire de corruption

Le grand patron de la F1, Bernie Ecclestone a signé un chèque de 100 millions de dollars pour mettre fin à un procès pour corruption.

Bernie Ecclestone, patron de la F1, entendu par la justice allemande, le 16 juillet 2014 à Munich
Bernie Ecclestone, patron de la F1, entendu par la justice allemande, le 16 juillet 2014 à Munich Crédit : AFP / CHRISTOF STACHE
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le tribunal de Munich (sud de l'Allemagne) a annoncé mardi 5 août qu'il mettait fin au procès pour corruption du patron de la F1 Bernie Ecclestone en échange d'un paiement de 100 millions de dollars par le prévenu. 

"La procédure est arrêtée, en accord avec le parquet et le prévenu, conformément à l'article 153a" du code de procédure pénale qui régit ce type de négociations, a déclaré Peter Noll, le président du tribunal qui jugeait cette affaire.

Ecclestone, 83 ans, était jugé depuis le 24 avril à Munich pour avoir versé 44 millions de dollars (31,8 millions d'euros) de pots-de-vins présumés, en 2006 et 2007, au banquier allemand Gerhard Gribkowsky, qui travaillait pour la banque publique bavaroise Bayern LB, en vue de conclure la vente des droits de la F1 au fonds d'investissement CVC Capital Partners. 

Le "prix du silence" ?

Ecclestone dispose d'une semaine pour verser les 100 millions de dollars (74 millions d'euros) dont 99 millions iront dans les caisses de l'Etat régional de Bavière et 1 million dans celles d'une fondation d'aide à l'enfance. Avec cet accord, le casier judiciaire d'Ecclestone demeure vierge, ce qui lui permet de continuer à diriger la Formule 1.

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Paradoxalement, la défense a monnayé un abandon des poursuites alors qu'Ecclestone n'a cessé de nier les charges contre lui. Apparu fringant à l'ouverture du procès en avril, le milliardaire n'a manqué aucun jour d'audience, laissant à ses avocats le soin de s'exprimer.

Ecclestone ne contestait pas le paiement de 44 millions de dollars à Gribkowsky mais il présentait cela comme le "prix du silence" pour que ce dernier ne fasse pas de révélations gênantes sur son patrimoine au fisc britannique. Entendu mi-mai, le banquier allemand a maintenu ses accusations de corruption.

Un soutien appuyé du monde de la F1

L'homme d'affaires britannique, un fils d'ouvrier dont la fortune tourne autour de quatre milliards d'euros, va pouvoir poursuivre son règne sur le monde de la F1 entamé il y a quarante ans, et qui lui a valu un soutien appuyé du monde du sport automobile. Sans attendre la décision des juges bavarois, l'ancien champion du monde Niki Lauda avait salué dès samedi le retour d'Ecclestone aux manettes de la F1. "Il est le seul qui connaît tout, le business, les problèmes des équipes, il a tout en tête", se réjouissait l'ex-pilote autrichien.

L'arrêt du procès après quatre mois d'audience, pour un montant sans précédent, a suscité beaucoup moins d’enthousiasme en Allemagne. Déplorant qu'on puisse "acheter la justice", certains médias et responsables politiques ont réclamé un changement de législation.

"Quelle que soit sa situation financière et sa place dans la société, chacun doit rendre des comptes", avait notamment martelé l'ex ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger (parti libéral FDP). Interrogée par la radio Deutschlandfunk, elle a plaidé pour une "restriction drastique" de ces négociations par la loi. 

Blanchiment judiciaire

Le Süddeutsche Zeitung, dans un éditorial acide, avait aussi dénoncé à l'avance une opération de "blanchiment judiciaire" relevant de la "provocation", d'autant que l'autre protagoniste de l'affaire, Gerhard Gribkowsky, purge une peine de huit ans et demi de prison ferme.

"Les tarifs pratiqués dans cette station de lavage diffèrent assurément de ceux d'une station-service normale. Et l'on n'y nettoie pas une simple voiture, mais le patron du circuit", avait dénoncé le chroniqueur judiciaire du Süddeutsche, ancien magistrat à Munich. 

En guise de commentaire, le journal populaire Bild, plus gros tirage de la presse allemande, s'est contenté de citer le réalisateur serbe Emir Kusturica: "Quand tu ne peux pas régler un problème par de l'argent, tu peux toujours le régler avec encore plus d'argent".

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