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"Le Boucher des Balkans" : qui était Ratko Mladić, ce chef de guerre condamné pour le génocide de Srebrenica, mort à 84 ans ?

Ratko Mladić, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie condamné à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, est mort en prison à 84 ans. Son nom reste associé au siège de Sarajevo et au massacre de Srebrenica, l’un des pires crimes commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

L'ancien chef militaire serbe de Bosnie, Ratko Mladic lors de la lecture du verdict définitif en appel concernant sa condamnation pour génocide dans le cadre du massacre de Srebrenica de 1995, le 8 juin 2021 à La Haye.

Crédit : Peter Dejong / POOL / AFP

Eléonore Aparicio

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Son nom est devenu indissociable de certains des crimes les plus graves commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Ratko Mladić, l'ancien commandant de l'armée des Serbes de Bosnie, est mort en prison à l'âge de 84 ans, a annoncé la télévision nationale de Serbie (RTS). Il a été l'un des principaux chefs militaires du conflit qui a ravagé la Bosnie entre 1992 et 1995. 

Condamné à la prison à perpétuité en 2017 par la justice internationale pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Ratko Mladić avait sollicité en avril une libération provisoire pour raisons de santé auprès du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux. Sa requête a été rejetée il y a quelques jours.

Un militaire de carrière

Né en 1943 en Bosnie-Herzégovine, alors intégrée à la Yougoslavie, Ratko Mladić choisit très tôt la carrière militaire. Il rejoint l'Armée populaire yougoslave, l'institution militaire de la Yougoslavie socialiste et gravit progressivement les échelons de la hiérarchie. 
Lorsque la Yougoslavie commence à se désintégrer au début des années 1990, les tensions nationalistes débouchent sur plusieurs guerres. En Bosnie-Herzégovine, où cohabitent Bosniaques musulmans, Serbes et Croates, la proclamation de l’indépendance en 1992 précipite le pays dans une guerre civile qui oppose forces bosniaques, Serbes de Bosnie et Croates de Bosnie. 

Le 12 mai 1992, Ratko Mladić est nommé commandant de l'état-major principal de l'Armée de la République serbe de Bosnie, généralement désignée par son acronyme VRS. Il conservera cette fonction jusqu'en novembre 1996 au moins. Il devient ainsi l'un des hommes les plus puissants du camp serbe de Bosnie et le principal responsable de ses opérations militaires. 

Le siège de Sarajevo

Sous le commandement de Mladić, les forces serbes de Bosnie encerclent Sarajevo le 5 avril 1992. La capitale restera assiégée pendant trois ans, soumise aux tirs d'artillerie et aux tireurs embusqués. 

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Lors de son procès, les juges internationaux concluent que Mladić a participé à une entreprise criminelle visant à répandre la terreur parmi la population civile de Sarajevo par une campagne de tirs de snipers et de bombardements. Il sera notamment reconnu coupable de terrorisation de la population civile et d'attaques illégales contre des civils. 

Srebrenica, le crime qui marque son nom

C'est cependant à Srebrenica qu'il scelle son surnom du "Boucher des Balkans". En juillet 1995, cette enclave à l'est de la Bosnie déclarée "zone de sécurité" par les Nations unies, tombe aux mains des forces serbes de Bosnie. Dans les jours qui suivent, des milliers d'hommes et de garçons bosniaques musulmans sont séparés de leur famille puis exécutés. Un massacre qui sera reconnu comme un génocide par la justice internationale. 

Ratko Mladić est inculpé pour la première fois par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie en juillet 1995 qui émet un mandat d'arrêt contre lui. Pourtant, il échappe pendant près de seize ans à la justice internationale. Sa fuite prend fin le 26 mai 2011, lorsqu'il est arrêté en Serbie. Quelques jours plus tard, le 31 mai, il est transféré au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye aux Pays-Bas. 

Son procès s'ouvre le 16 mai 2012. L'accusation et la défense présentent pendant plusieurs années leurs témoins et leurs éléments de preuve. Les derniers témoins de la défense sont entendus en 2016, avant les réquisitoires et plaidoiries finales en décembre de la même année. 

Condamné à perpétuité

Le verdict tombe le 22 novembre 2017. Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie reconnaît Mladić coupable de génocide, de crimes contre l'humanité et de violations des lois ou coutumes de la guerre. Il est notamment condamné pour le génocide de Srebrenica, mais aussi pour persécutions, extermination, assassinats, meurtres, expulsions, transferts forcés, terrorisation, attaques illégales contre des civils et prise d’otages de membres du personnel des Nations unies. Il est condamné à la perpétuité. 

Le militaire fait appel de la décision du Tribunal pénal international. Le 8 juin 2021, la Chambre d'appel du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux confirme ses principales condamnations ainsi que sa peine de réclusion à perpétuité. Sa condamnation devient alors définitive. 

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