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"L'Unesco protège les musées, pas les gens" : en Slovaquie, un village classé au patrimoine mondial de l'humanité demande le retrait de son label

Classé à l'Unesco depuis 1993, le village slovaque de Vlkolínec attire chaque année des milliers de touristes. Mais derrière ses façades folkloriques impeccables, ses habitants dénoncent un classement qui a transformé leur lieu de vie en "zoo".

Le village de montagne de Vlkolínec, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans les Hautes Tatras, en Slovaquie, en Europe.

Crédit : Michael Runkel / Robert Harding Premium / robertharding via AFP

Jérémy Descours

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Situé en Slovaquie centrale, le village de Vlkolínec est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1993. Chaque année, près de 100.000 touristes s'y rendent pour admirer son architecture folklorique traditionnelle, remarquablement préservée dans les montagnes des Carpates du Nord.

Mais pour ses habitants, cette reconnaissance internationale a un revers. "L'Unesco protège les maisons, mais pas les gens", déplore Anton Sabucha, 67 ans, le plus ancien résident permanent du village, dans les colonnes du quotidien slovaque Denník N. Selon lui, "il vaudrait mieux que l'Unesco nous raye de sa liste".

Les règles de conservation imposées aux habitants sont strictes. "Nous ne pouvons plus élever d'animaux ni cultiver de petites parcelles de terre comme avant", regrette le doyen Anton Sabucha. En revanche, certaines atteintes liées au tourisme sont tolérées : cyclistes malgré les interdictions, visiteurs pénétrant dans les cours privées ou regardant par les fenêtres. 

À cela s'ajoutent les stands de souvenirs et de restauration rapide qui jurent avec le cadre historique du lieu. Et ce malgré l'installation de barrières et de panneaux "propriété privée" ou "photographies interdites".

"L'inscription a apporté honneur et prestige, mais aussi des problèmes"

Un expert en patrimoine, questionné par le journal slovaque, rappelle que Vlkolínec a été classé non seulement pour son architecture, mais aussi parce qu’il s’agissait d’un village vivant. 

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"L'inscription a apporté honneur et prestige, mais aussi des problèmes", souligne-t-il, évoquant la pression touristique, la perte d'intimité et la transformation de nombreuses maisons en résidences secondaires. "L'Unesco nous a transformés en zoo", lance à ce sujet un habitant du village 

"L'environnement est extrêmement fragile et vulnérable", avertit par ailleurs l'expert en patrimoine, estimant que le village est en train de "se transformer en un musée à ciel ouvert vide et mort".

En parallèle, le village doit faire face à un déclin de sa population. De 27 habitants en 1993, répartis en sept familles, il n'en reste aujourd’hui que 14, au sein de quatre familles. 

Concernant un éventuel retrait de la liste de l'Unesco, cette décision doit être pise entre l'État et l'organisation internationale. Une procédure rare qui s'annonce compliquée pour le petit village slovaque. 

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