3 min de lecture Union européenne

L'Europe en front uni face aux "caprices" de Trump

Les dirigeants des pays européens veulent envoyer un signal fort au président américain dans les dossiers du nucléaire iranien et du commerce international.

Emmanuel Macron et le Premier ministre macédonien, Zoran Zaev, à Sofia
Emmanuel Macron et le Premier ministre macédonien, Zoran Zaev, à Sofia Crédit : Ludovic MARIN / AFP
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Les dirigeants des pays européens ont affûté mercredi 16 mai leur réponse collective aux "caprices" du président américain dans les dossiers du nucléaire iranien et du commerce international. 

Bien que leur dîner de travail n'ait pas abouti à des décisions formelles, les 28 ont convenu que "l'UE continuera de se battre pour un système international basé sur des règles malgré les récentes décisions sur le climat, les droits de douane et l'Iran", a expliqué une source européenne à l'AFP. 

Des annonces fracassantes et intolérables pour Donald Tusk. "Nous sommes témoins aujourd'hui d'un nouveau phénomène, l'attitude capricieuse de l'administration américaine", a dénoncé le président du Conseil européen avant la début de la réunion. "Quand on regarde les dernières décisions du président Trump, on pourrait même se dire qu'avec de tels amis, pas besoin d'ennemis", a-t-il ajouté. 

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Des moyens de pression limités

Des fortes turbulences dans les relations transatlantiques face auxquelles l'Union Européenne affiche un front uni. Les 28 ont cherché à afficher une unité sans faille face aux défis américains. Tout particulièrement, celui du retrait de l'accord sur le nucléaire iranien et des sanctions frappant leurs entreprises européennes opérant dans ce pays. Les chefs d'États et de gouvernements continueront de soutenir l'accord, "pour autant que l'Iran le respectera". Et ils vont "lancer leurs travaux pour protéger les entreprises européennes affectées par la décision américaine", a précisé une source européenne à l'AFP. 
               
"Les moyens sont là, nous les utiliserons. Mais il ne faut pas se voiler la face, les moyens sont limités", a toutefois prévenu le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. La preuve avec Total. Le géant français a averti qu'il mettrait fin à son grand projet gazier en Iran, à moins d'obtenir une dérogation de la part des autorités américaines, avec le soutien de la France et de l'UE. 

Les 28 ont aussi fait le point sur les discussions en cours avec Washington au sujet des droits de douane sur l'acier et l'aluminium. "Mon objectif est simple: rester fermes. Cela signifie une exemption permanente" de ces taxes douanières, a réaffirmé Donald Tusk. Avant d'ajouter : "Il est absurde de penser que l'UE pourrait être une menace pour les Etats-Unis. Nous devons ramener la réalité dans cette discussion". Pour rappel, l'UE est exemptée jusqu'au 31 mai à minuit des taxes douanières américaines de 25% sur ses exportations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium. Pour que ce privilège soit permanent, les États-Unis exigent une plus grande ouverture du marché européen

"Les relations transatlantiques sont et resteront d'une importance capitale"

Un bras de fer outre-Atlantique que les 28 comptent bien remporter. "L'UE ne négociera pas avec un pistolet sur la tempe", ont-ils affirmé ensemble à Sofia. Une fermeté qu'ils veulent toutefois nuancer. Si les États-Unis leur accordent l'exemption permanent, les Européens se disent prêts "à ouvrir des discussions" sur plusieurs sujets. Parmi eux, l'amélioration de "l'accès réciproque aux marchés, pour les produits industriels, dont les automobiles, et l'ouverture des marchés publics". 

"Malgré toutes les difficultés que nous rencontrons ces jours-ci, les relations transatlantiques sont et resteront d'une importance capitale", avait souligné la chancelière allemande Angela Merkel devant le Bundestag. Outre l'Iran et le commerce, les 28 avaient aussi prévu de parler mercredi soir des événements à Gaza, qui sont aussi liés "à la question plus vaste des conséquences des décisions de Donald Trump", a souligné un haut responsable européen.
 
Jeudi 17 mai, les Européens vont rencontrer leurs homologues de six pays des Balkans (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Macédoine et Kosovo) pour raffermir les liens avec cette région où la Russie tente d'étendre son influence. "C'est la première fois depuis 15 ans que l'UE rencontre ses partenaires de la région sous ce format", souligne une source européenne, tout en précisant qu'il ne sera pas question de parler d'élargissement

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2018-05-17 02:48:00
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