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"L'avenir de ce mouvement ne sera pas dicté à Téhéran" : comment les États-Unis vont décider du sort des manifestants iraniens

Tandis que le bilan humain s'alourdit en Iran, les regards se tournent vers les négociations entre Washington et Téhéran. Celles-ci pourraient bien sceller le sort du mouvement contestataire.

Des manifestants bloquent une rue à Kermanshah, en Iran, le 8 janvier 2026

Crédit : Kamran / Middle East Images / Middle East Images via AFP

Iran : Adel Bakawan est l'invité de Jérôme Florin

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Eléonore Aparicio

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Depuis plusieurs semaines, l'Iran est secoué par un mouvement de contestation. La répression s'intensifie, et les manifestants paient un lourd tribut. Selon l'Organisation non gouvernementale Iran Human Rights, au moins 192 personnes ont déjà perdu la vie. Dans ce contexte tendu, les États-Unis semblent jouer un rôle crucial dans l'avenir du pays.

"Hélas, l'avenir de ce mouvement ne sera pas dicté à Téhéran et dans les rues de l'Iran, mais plutôt à Mascate, la capitale de Oman", a confié sur RTL Adel Bakawan, directeur de l'Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient, ce lundi 12 janvier.

Des négociations sont en cours entre Washington et Téhéran, a confirmé la diplomatie iranienne. Les États-Unis ont clairement énoncé leurs exigences pour sauver le régime des mollahs. Parmi celles-ci, l'abandon total du programme atomique, du programme balistique, et du soutien aux milices au Moyen-Orient.

"Si l'Iran accepte, le régime sera sauvé et donc la République aura la main libre pour réprimer, à l'instar de Saddam Hussein dans les années 90, lorsqu'il a eu le feu vert américain", averti Adel Bakawan. 

Des messages échangés "à chaque fois que c'est nécessaire"

Un canal de communication est "ouvert" entre l'Iran et l'émissaire américain pour le Moyen-Orient malgré d'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis, a déclaré ce lundi le ministère iranien des Affaires étrangères, selon l'AFP.

"Ce canal de communication entre notre ministre des Affaires étrangères (Abbas Araghchi) et l'émissaire spécial du président des Etats-Unis est ouvert", a souligné e porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, dans une déclaration retransmise par la télévision d' État, semblant faire référence à l'émissaire de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.

"Des messages sont échangés à chaque fois que c'est nécessaire", a-t-il dit, soulignant que les intérêts américains en Iran étaient représentés par l'ambassade de Suisse, en l'absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, rompues en 1980.

Des manifestants qui dépendent malgré eux des États-Unis

Les manifestants iraniens affirment avec force qu'ils ne sont pas manipulés par les États-Unis et qu'ils ne sont pas le résultat d'une ingérence étrangère. Leur colère est motivée par la dégradation de leur économie nationale et une inflation galopante qui pèse lourdement sur leur quotidien.

Malgré leur volonté de ne pas être instrumentalisés par Washington, leur destin semble inextricablement lié aux décisions de Donald Trump. Sans le soutien des États-Unis leur combat est presque vain, face à un régime disposant de toutes les ressources pour réprimer. 

"Si on reste comme on a été en 2009, le mouvement vert, en 2019, en 2022, c'est-à-dire un mouvement de contestation livré à lui-même face à un régime qui dispose de toutes les ressources pour réprimer le mouvement, oui, dans quelques semaines, peut-être dans quelques mois, on n'en parlera plus", assure le directeur de l'Institut européen pour les études sur le Moyen-Orient. "Le peuple est désarmé face à un régime qui n'a aucune, vraiment aucune retenue pour réprimer le peuple", conclut-il. 

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