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INVITÉE RTL - Béluga coincé dans la Seine : "Pas question d'envisager l'euthanasie", selon Sea Shepherd

La présidente de l'ONG, Lamya Essemlali, explique cependant qu'il est urgent de trouver une solution pour sortir l'animal de la Seine. Très affaibli, il ne pourrait pas survivre pendant longtemps dans les eaux chaudes et stagnantes du fleuve français. La piste de l'extraction est privilégiée par les autorités.

Un béluga est coincé dans une écluse de la Seine depuis le 6 août 2022
Un béluga est coincé dans une écluse de la Seine depuis le 6 août 2022
Crédit : AFP
INVITÉE RTL - Béluga coincé dans la Seine : "Pas question d'envisager l'euthanasie", selon Sea Shepherd
00:07:10
Antoine Cavaillé-Roux - édité par Benjamin Hue

Cela fait bientôt une semaine qu'un béluga est coincé dans la Seine. Il se trouve actuellement dans une écluse dans l'Eure, à 70 kilomètres de Paris. Son état inquiète au plus haut point. Au fil des jours, la crainte de ne pas pouvoir le sauver se fait de plus en plus précise. 

Mise à jour 19h10 : L'option d'une extraction et d'un transport vers la mer du béluga égaré dans la Seine depuis bientôt une semaine a finalement été privilégiée par les autorités, a annoncé lundi la sous-préfète d'Evreux.

Invitée de RTL Soir, ce lundi 8 août, Lamya Essemlali, fondatrice et présidente de l'ONG Sea Shepherd, a évoqué plusieurs motifs d'espoir, expliquant que l'animal est "plutôt dans un état stable et même meilleur que ces derniers jours" et qu'il "réagit à son environnement". "Ce qui est encourageant, c'est que c'est un animal encore vivace, qui s'accroche et s'intéresse à ce qu'il lui arrive. Il fait de plus en plus de mouvements de la tête", précise-t-elle. En outre, "les tâches qu'il avait sur le dos n'y sont plus. Il s'est frotté sur les parois de l'écluse ce matin et s'est complétement nettoyé en une demi-heure".

Pour autant, le béluga est loin d'être tiré d'affaire. Décrit comme "très amaigri" par la préfecture, le cétacé n'a pas pu être alimenté, malgré les tentatives qui ont été faites ces derniers jours, sans succès, ce qui réduit ses chances de survie. Lamya Essemlali confirme que cette maigreur constitue le principal sujet de préoccupation. "On pense que le fait qu'il ne s'alimente pas est un symptôme d'une maladie ou d'un mal dont il est atteint mais dont on ignore la teneur. Il faudrait savoir s'il s'agit d'un mal incurable ou si c'est quelque chose pour lequel on peut l'aider à guérir".

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Autre motif d'inquiétude, la température de l'eau de la Seine, alors que le cétacé est un habitué des eaux froides. Un séjour prolongé dans l'eau de l'écluse, chaude et stagnante par rapport à son milieu aquatique habituel, est préjudiciable pour son état de santé. "Il est certain que les eaux de la Seine ne correspondent absolument pas à ses besoins physiologiques. C'est pourquoi il est important qu'il en sorte rapidement. Il est dans cette écluse depuis deux jours. Le bateau de Sea Shepherd le suivait. Ça a permis de l'avoir sous surveillance, de pouvoir tenter de le nourrir et de lui injecter des antibiotiques. Maintenant, l'urgence est de le sortir de là dans les meilleures conditions possibles. Et ce n'est pas si simple qu'il n'y paraît", explique Lamya Essemlali.

"C'est un animal curieux, qui n'est pas moribond"

Parmi les hypothèses imaginables, sont évoquées une extraction ou une ouverture de l'écluse avec l'espoir que le cétacé regagne la Manche. "Il y a un arbitrage à faire. Beaucoup de gens nous posent la question, mais il n'est pas possible d'endormir les dauphins car ce sont des animaux qui respirent de manière consciente. Si vous l'endormez, il ne respire plus et il meurt. La première option imaginée était que le bateau de Sea Shepherd le guide vers l'embouchure de la Seine. Le problème, c'est qu'il y a plus de 150 kilomètres et qu'il est en mauvaise condition physique. Avec le risque qu'on le perde de vue. Et s'il prenait la direction de Paris, ce serait catastrophique", explique la dirigeante de Sea Shepherd qui n'envisage pas d'avoir recours à l'euthanasie, "pas une option à ce stade", pour abréger les souffrances de l'animal. "On participe à toutes les réunions qui sont faites avec les autorités. On est bien au fait de l'évolution de la situation. On le suit 24 heures sur 24. On peut statuer sur l'évolution de son état. C'est un animal curieux, qui n'est pas moribond, il n'est donc pas question d'envisager l'euthanasie à l'heure actuelle".

La piste de l'extraction finalement privilégiée

En fin de journée, lundi, la piste de l'extraction du béluga tenait la corde, a annoncé la sous-préfète d'Evreux. "Il nous a semblé possible de réfléchir peut-être à un transport vers la mer. Dans l'intérêt de ce béluga ça peut se tenter, nous y travaillons ardemment. On est tous très contents de travailler sur cette option", a-t-elle déclaré. "Personne ne peut promettre qu'elle va réussir", a-t-elle toutefois reconnu.

Étant donné la complexité de mouvoir un animal de cette dimension, pesant environ 800 kg, malade et décharné, la sous-préfète n'a pas été en mesure d'indiquer "quand, où et comment" cette délicate opération pourrait intervenir. En outre, la Manche n'est pas toute proche: l'écluse de Saint-Pierre-La-Garenne (Eure), où le cétacé est entré de lui-même vendredi à 70 km au nord-ouest de Paris, se trouve à environ à 130 km de l'embouchure de la mer. La préfecture de l'Eure a précisé à l'AFP que le transport pouvait se faire par péniche, voie terrestre ou hélicoptère.

Selon l'observatoire Pelagis, spécialiste des mammifères marins, il s'agit du second béluga connu en France après qu'un pêcheur de l'estuaire de la Loire en avait remonté un dans ses filets en 1948. "C'est extrêmement rare, confirme Lamya Essemlali. Ce qui est étonnant, c'est surtout qu'il ait pu remonté aussi loin avant d'être aperçu. Il a dû nager très vite. Vu l'état de sa peau, qui est en bonne condition. Il n'est pas dans la Seine depuis longtemps. Par contre, son état de maigreur, est le résultat de plusieurs semaines, voire plusieurs mois sans s'alimenter, ce qui signifie qu'il ne mangeait pas déjà lorsqu'il était en mer". 

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