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Le président américain Donald Trump au siège de l'Agence de protection de l'environnement le 23 juillet 2026 à Washington, DC.
Crédit : Kevin Dietsch / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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La croisade commerciale de Donald Trump continue. Les États-Unis ont décidé d'imposer une nouvelle salve de droits de douane contre près de 80 pays au moment où les surtaxes temporaires mises en place par le président américain en février arrivent à échéance. Une surtaxe de 10% ou 12,5% s'appliquera désormais à un certain nombre de produits entrant aux États-Unis.
Ces nouvelles barrières tarifaires prendront le relais des droits de douane de 10% imposés en février dernier par l'administration américaine. Ces droits de douane temporaires, d'une durée de 150 jours, avaient été mis en place par Donald Trump dans la foulée de la décision de la Cour suprême d'annuler la majorité des surtaxes instaurées depuis son retour à la Maison Blanche.
Les nouveaux droits de douane, justifiés par la Maison Blanche pour sanctionner les économies ne luttant pas suffisamment contre le "travail forcé", concernent un grand nombre de partenaires commerciaux des États-Unis, allant de l'Union européenne (surtaxe de 10%), à l'Inde (10%), au Brésil (12,5%), à l'Australie (12,5%) ou à l'Égypte (12,5%).
Ces droits de douane "vont permettre de commencer à corriger ce qui constitue à la fois une violation des droits de l’homme et une pratique commerciale déloyale, afin d’améliorer le bien-être des travailleurs partout dans le monde", a applaudi l'envoyé de Trump pour le commerce, Jamieson Greer, sur CNN.
Les réactions des États frappés par ces nouvelles taxes sur le "travail forcé" sont très contrastées. Avant même leur entrée en vigueur, les pays du Pacifique alliés aux États-Unis ont fustigé la décision américaine de leur imposer de nouveaux droits à 12,5%. L'Australie les trouve "injustifiés", la Nouvelle-Zélande "extrêmement décevants" et le Japon les "regrette".
"Nous pensons que, parmi tous les pays du monde, l'Australie est un de ceux qui prend le plus au sérieux la question de l'esclavage moderne", a réagi, dépité, le ministre du Commerce australien, Don Farrell. "Nous continuerons à faire pression sur le représentant américain au commerce pour qu'il supprime tous les droits de douane sur les produits australiens."
La Chine, grande rivale commerciale de Washington, a déclaré vendredi "s'opposer" aux nouveaux droits de douane américains. Le géant asiatique est inclus dans la liste des dizaines de partenaires commerciaux frappés de taxes de 12,5%. "Les guerres tarifaires et les guerres commerciales ne sont dans l'intérêt d'aucune partie", a prévenu Pékin.
Au Brésil, soumis également à une surtaxe de 12,5%, le président Lula a promis des mesures de rétorsion. "Étant donné le caractère totalement arbitraire et injustifié des droits de douane annoncés contre le Brésil, nous allons immédiatement entamer les procédures d'activation des instruments prévus par la loi sur la réciprocité (...) et nous porterons l'affaire devant le mécanisme de règlement des différends de l'OMC", a écrit le chef d'État brésilien sur ses réseaux sociaux.
D'autres pays ont bénéficié de plus de clémence de la part du locataire de la Maison Blanche, et n'ont droit à une surtaxe "que" de 10%. C'est le cas du Canada, du Mexique, de l'Argentine, de l'Inde, du Royaume-Uni ou encore de l'Union européenne. L'UE est une des rares économies à accueillir avec soulagement l'annonce de la nuit. D'autant que la surenchère américaine intervient au moment où Bruxelles a infligé une amende de 890 millions d'euros à l'entreprise californienne Google pour atteintes à la concurrence. Washington aurait pu décider d'alourdir la surtaxe pour les pays européens.
Vendredi, l'UE s'est ainsi félicitée "que ce résultat soit conforme aux engagements américains sur les droits de douane" figurant dans l'accord commercial conclu l'an dernier entre Bruxelles et Washington, a réagi Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne. "Il établit un taux de taxation de 10% tout compris pour l'UE, et réintroduit les exonérations de droits de douane additionnelles sur certains produits européens, comme le liège et les diamants", en plus de biens qui en étaient déjà exemptés comme les avions et leurs pièces détachées ainsi que les médicaments génériques, a relevé le porte-parole. Cela crée une "dynamique positive" pour les discussions transatlantiques sur différents sujets, allant des matières premières stratégiques à l'intelligence artificielle, a salué Olof Gill.
Non membre de l'Union européenne, la Norvège est le seul pays européen, avec la Suisse, à se voir imposer des droits de douane de 12,5%. Vendredi, Oslo a dit s'opposer fermement à ces tarifs différenciés. "Nous estimons que ces droits de douane contre la Norvège ne sont pas fondés, car nous disposons déjà de règles claires visant à empêcher le commerce de marchandises produites au moyen du travail forcé", a déclaré le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide.
La Suisse a de son côté pris acte de l'annonce de droits de douane additionnels. Mais sans les critiquer ouvertement. Pour le ministère de l'Économie suisse, cette mesure respecte "la déclaration d'intention commune" signée entre les deux pays le 14 novembre, qui avait ramené les droits de douane appliqués sur les produits suisses de 39% à 15%. Les droits à 12,5% sont une légère amélioration. Le Conseil fédéral s'oppose néanmoins aux "allégations de travail forcé" prises comme excuse par les Américains pour imposer ces nouvelles taxes.
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