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3 min de lecture
Une voiture de la gendarmerie turque et des journalistes rassemblés devant le poste-frontière de Razi-Kapikoy avec l'Iran, alors que des ressortissants iraniens arrivent en Turquie le 1er mars 2026.
Crédit : Ali IHSAN OZTURK / AFP
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Alors que les espaces aériens demeurent fermés au Moyen-Orient, RTL s'est rendu dans le Kurdistan turc, à la frontière avec l'Iran, plus précisément à Kapikoy. Depuis le début de l'offensive américaine, quelques personnes ont quitté le pays, mais ce poste frontière, en partie désert et bloqué du côté iranien, symbolise la chape de plomb instaurée par le régime depuis le début de l'offensive.
D'habitude, cet endroit est très fréquenté. Pour s'y rendre, il faut emprunter une route à quatre voies, habituellement embouteillée en raison des échanges de marchandises et de personnes entre les deux pays. La route est désormais déserte, les Iraniens ayant fermé l'accès. Seuls quelques travailleurs turcs peuvent encore passer, comme cet homme qui accepte de témoigner.
"C'est assez bizarre comme ambiance de l'autre côté. On entend ces bombardements et dans les rues tout est vide, plus aucun magasin n'est ouvert, ni aucune administration", raconte-t-il.
En une heure, les Iraniens ne laissent passer qu'une dizaine de personnes. Derrière ce travailleur, Etan, un étudiant turc vivant à Téhéran depuis deux ans, franchit la frontière avec ses valises. Il ne compte pas retourner en Iran. "Mes parents m'ont dit de rentrer en Turquie donc j'ai pris toute mes affaires. J'ai accepté parce que je suis tombé sur des appels à manifester pour ce lundi, ça va être suivi et ça va devenir encore plus chaotique", estime-t-il.
Il raconte l'ambiance dans les rues en Iran. "Au début je trouvais que c'était plutôt normal mais tout a fermé, magasin, bâtiments publics... parce qu'il y a ce deuil national qui est décrété, mais aussi parce que ca fait un peu peur de sortir", explique-t-il.
Il faut attendre de longues minutes avant de voir quelques familles iraniennes, accompagnées d'enfants, franchir la frontière. Elles ne souhaitent pas s'exprimer, et nous ne croisons qu'une poignée de personnes ayant obtenu le droit de partir.
L'Iran se referme sur ses frontières, les réseaux téléphoniques sont coupés, et les nombreux réfugiés iraniens au Kurdistan turc attendent des nouvelles de leurs proches restés au pays. À quelques kilomètres de ce poste frontière, nous sommes invités à boire le thé chez Eilann, 26 ans, mariée à un Turc. Son frère habite à Tabriz, une ville bombardée depuis trois jours.
"Je ne l'ai eu qu'une fois au téléphone depuis. Mon frère m'a dit que ca allait pour lui puis soudain j'ai entendu trois détonations derrière sa voix, puis vers midi, c'est mon père qui m'a envoyé un message écrit, j'ai tenté de l'appeler mais je n'ai jamais réussi à l'avoir", confie-t-elle, anxieuse.
La jeune femme fait d'habitude des allers et retours en Iran chaque semaine, mais elle craint de ne plus pouvoir le faire pendant des mois. "La mort de Khamenei, c'est le plus gros risque je le perçois dans mes échanges. Cela a créé du jusqu'auboutisme chez ses partisans, dans certaines boucles de messages ils disent qu'il ne faut pas arrêter la guerre, qu'il faut aller jusqu'au bout, mais la conséquence pour les gens comme moi, c'est qu'on ne sait plus trop de quoi sera fait l'avenir", affirme-t-elle.
Le peuple iranien est plongé dans l'incertitude. Dimanche, Eilann a pu parler à son frère une seule fois le matin, mais depuis, ses messages ne lui parviennent plus.
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