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"Il y a une diabolisation" : sur RTL l'ambassadeur d'Iran en France accuse les États-Unis et Israël de "manipuler" les manifestants

L'ambassadeur d'Iran en France, Mohammad Amin-Nejad, a vivement critiqué les États-Unis et Israël sur RTL, les accusant de manipuler les récentes manifestations dans le pays.

Mohammad Amin-Nejad, l'ambassadeur d’Iran en France sur RTL le 19 janvier 2026

Crédit : RTL

Mohammad Amin-Nejad, ambassadeur d'Iran en France accuse les États-Unis et Israël de "manipuler" les manifestants

00:10:56

Mohammad Amin-Nejad, ambassadeur d'Iran en France accuse les États-Unis et Israël de "manipuler" les manifestants

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Marc-Olivier Fogiel & Eléonore Aparicio

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Après plusieurs semaines de manifestations, les autorités iraniennes assurent que le calme est revenu dans la capitale. Initié le 28 décembre par des commerçants pour dénoncer l'inflation galopante dans le pays, le mouvement de contestation a été violemment réprimé par les mollahs au pouvoir.

Selon les bilans des différentes ONG, cité par l'AFP, le nombre de morts varie entre 3.000 et 20.000. Les autorités iraniennes admettent que "des milliers de personnes" ont été "tuées" lors de ces manifestations. "C'est plus que déplorable, mais tout le monde sait que ce sont les guidances de l'étranger qui ont manipulé (les iraniens, nldr)", estime l'ambassadeur d'Iran en France Mohammad Amin-Nejad, invité sur RTL, ce lundi 19 janvier.

Il dénonce "une diabolisation"

Selon le diplomate iranien, les Américains et les Israéliens ont encouragé ces manifestations et diabolisé le régime iranien. "Monsieur Pompeo (Mike, Pompeo, ex-directeur de la CIA et ancien secrétaire d'État) et beaucoup d'autres déclarent que les agents de Mossad marchent à côté des protestataires iraniens", assure-t-il. "Il y a une diabolisation, la réalité est là", estime-t-il, évoquant une situation comparable à "la guerre des 12 jours", qu'il décrit comme "une agression unilatérale sauvage américaine et israélienne", contre l'Iran. Pour eux, "le gouvernement iranien était un coupable", estime-t-il.

Samedi 17 janvier, l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien, avait déjà imputé au président américain Donald Trump la responsabilité des victimes des récentes manifestations en Iran. "C'était un complot américain", a-t-il assuré, précisant que "l'objectif des États-Unis est d'avaler l'Iran (...) l'objectif est de replacer l'Iran sous domination militaire, politique et économique".

Face à l'ampleur des manifestations, Donald Trump avait soutenu le mouvement de contestation intimant aux iraniens de "continuer à manifester". Le président américain avait menacé plusieurs fois d'intervenir militairement, notamment si les gardiens de la révolution procédaient à l'exécution de manifestants arrêtés lors des récentes protestations. Le pouvoir iranien avait alors interrompu toutes les exécutions prévues. 

La coupure internet levée ?

Le 8 janvier, l'Iran a brusquement coupé toutes les communications en réponse aux manifestations. Un moyen de mettre fin à "la manipulation" et l"'encouragement des amitiés", assure l'ambassadeur qui se justifie par la nécessité de maintenir la sécurité nationale.

Depuis, l'accès à l'internet mondial est presque impossible, bien que certaines restrictions aient commencé à être levées dimanche 18 janvier, notamment pour des sites comme Google. Sur RTL, l'ambassadeur iranien assure qu'Internet et les réseaux sociaux sont désormais "actifs à l'intérieur du pays".

Le sort de Jacques Paris et Cécile Kohler

Interrogé sur le sort de Jacques Paris et Cécile Kohler, les deux chercheurs français assignés à l'ambassade de France en Iran, Mohammad Amin-Nejad a affirmé que leur retour dépendait de "la justice iranienne". "La décision a été prise et le verdict rendu et il y a une peine prononcée. Les deux États ont ouvert un canal de communication pour discuter de la manière dont nous pouvons être utiles", explique-t-il. 

Arrêtés en 2022, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été condamnés respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage au profit des services de renseignement français et israélien. Ils ont purgé trois ans et demi de détention avant d'être libérés et assignés à l'ambassade de France en Iran.

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