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"Du chagrin de mon cœur fou, je me suis libérée" : pour Augustin Trapenard, convoquer Forrough Farrohkzad, c'est résister et soutenir le peuple iranien

Face à la répression du régime iranien, la poésie devient un acte de résistance, estime Augustin Trapenard. Forough Farrokhzad, poétesse décédée, incarne cette lutte par ses mots interdits mais toujours utilisés.

Augustin Trapenard, le 16 janvier

Crédit : RTL

Convoquer Forrough Farrohkzad, c'est résister et soutenir le peuple iranien

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Convoquer Forrough Farrohkzad, c'est résister et soutenir le peuple iranien

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Augustin Trapenard - édité par Alexian Giron

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Devant le soulèvement populaire du peuple iranien, devant le courage face à la répression meurtrière du régime, faisons usage des mots libres et incandescents d'une des plus grandes poétesses iraniennes, Forough Farrokhzad, qui incarne une certaine idée de le résistance. L'Iran, depuis l'Antiquité, a fait de la poésie le socle de sa culture. Il continue d'en produire, d'en chanter, d'en dire, malgré la censure du régime des mollahs. Un pays où avant la révolution islamique, la poésie était considérée comme un espace de contestation et de lutte. 

Forough Farrokhzad est morte à la fin des années 60, incarnant la liberté des femmes iraniennes. Elle est évidemment interdite de publication depuis la révolution islamique. Ses mots sont ceux de l'amour et de la résistance, dans la grande tradition de la poésie perse. 

"Ses lèvres ont versé l'envie sur mes lèvres. Du chagrin de mon cœur fou, je me suis libérée. Une histoire d'amour, je lui ai raconté. Je te veux, mon bien-aimé, je te veux", sont les mots de la poète dans son œuvre Le péché. Cet éloge brûlant de la passion, de l'ivresse, de la liberté, représente ce que certains voudraient faire taire. 

Il faut rappeler les soulèvements populaires de masse, les actes de résistances ou encore les voix qui s'élèvent depuis huit ans. Malgré la répression, la censure, les efforts du régime pour disperser les voix dissidentes, ils refusent de se taire. "Femme, vie, liberté", étaient des mots interdits, devenus un cri. Les petites voix s'élèvent, comme celle d'un étudiant de Téhéran, criant à un membre du régime : "Vous avez peur de la plume, vous avez peur de la voix". 

Dans ce pays de la poésie qu'est l'Iran, il n'y a pas plus grand enjeu que de parler, de dire tout haut, de faire usage des mots. Et si on décide de se taire, de rester discret sur ce qui s'y passe, la vérité étant qu'on les trahit. 

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