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Trois cas suspects à bord du bateau de croisière MV Hondius, foyer d'hantavirus, ont débarqué au Cap-Vert le 6 mai 2026.
Crédit : AFP
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L’épidémie d’hantavirus détectée à bord du navire de croisière MV Hondius a mis en lumière les différences de stratégie sanitaire entre les pays occidentaux. Alors que l’OMS recommande une surveillance de 42 jours pour les personnes exposées, chaque État a interprété différemment le niveau de risque, la place de l’hôpital et le degré de contrainte acceptable pour les passagers rapatriés.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS a déclaré, ce mardi 12 mai, espérer que les États suivront "les conseils et les recommandations" de l’OMS face à l’hantavirus, après l’évacuation de plus de 120 passagers et membres d’équipage de plus de vingt nationalités du navire.
Il a rappelé les limites de son pouvoir face à la souveraineté des États : "Nous ne pouvons pas contraindre les pays à appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander". Pour le moment, trois passagers du navire sont morts, deux ont été testés positifs au virus, le troisième est un cas probable.
Plusieurs dizaines de passagers contaminés ou considérés comme cas contacts ont été répartis entre la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Canada et les États-Unis. Mais à leur arrivée, ils n’ont pas tous été soumis aux mêmes règles. La France et l’Espagne ont adopté les protocoles les plus coercitifs et médicalisés.
En France, la confirmation d’un cas positif chez une passagère française a entraîné un durcissement des règles d’isolement. Les cas contacts ont été placés en "quarantaine renforcée" à l’hôpital, avec un suivi sanitaire quotidien. Sébastien Lecornu a par ailleurs plaidé pour une "coordination plus étroite" des protocoles sanitaires au sein de l’Union européenne.
Sur le même modèle, les quatorze passagers espagnols ont été transférés à l’hôpital militaire Gómez Ulla de Madrid pour une quarantaine complète de 42 jours. La télévision publique espagnole RTVE décrit un dispositif inspiré des protocoles Ebola : chambres individuelles, contrôle biquotidien de la température, PCR répétées et limitation stricte des interactions humaines.
Les Pays-Bas, l’Allemagne et, dans une moindre mesure, le Royaume-Uni ont privilégié une stratégie plus décentralisée avec une "quarantaine à domicile". Aux Pays-Bas, les autorités sanitaires ont imposé six semaines de quarantaine à domicile avec auto-surveillance : prise de température deux fois par jour, appels quotidiens des services sanitaires régionaux (GGD), obligation d’éviter les rassemblements et possibilité de sorties limitées sous masque, rapporte le média NOS.
Aucune visite spontanée à domicile n'est prévue pour vérifier que les règles sanitaires sont respectées. "On va leur faire confiance", a déclaré une représentante du GGD, l'équivalent néerlandais des Agences régionales de Santé.
L’Allemagne suit une ligne proche. Le Robert Koch Institut recommande jusqu’à six semaines de surveillance pour les cas contacts asymptomatiques, mais sans hospitalisation systématique. Dans ce pays, l’application de ces règles peut varier selon les Länder (régions), explique Die Zeit.
Le Royaume-Uni adopte lui une position intermédiaire : les passagers rapatriés passent d’abord 72 heures dans une unité d’observation spécialisée avant de poursuivre leur isolement à domicile jusqu’à 45 jours. Les autorités britanniques misent sur un premier contrôle rapide, puis sur la responsabilité de chacun.
De son côté, les autorités sanitaires portugaises ont simplement fait savoir qu'elles respectaient les recommandations de l’OMS, sans préciser exactement quel dispositif était mis en place. Lisbonne considère que le risque interne de contamination est "faible", rapporte le quotidien Diário de Notícias.
Le Canada et les États-Unis ont adopté une approche beaucoup plus flexible et individualisée. Au Canada, les passagers ont été soumis à un isolement préventif d’au moins 21 jours, pouvant être prolongé jusqu’à 42 jours selon l’évolution clinique. Les autorités sanitaires provinciales ajustent les contraintes au cas par cas.
Les États-Unis ont adopté un protocole fondé sur une évaluation individualisée du risque plutôt que sur une quarantaine pour tous les passagers du MV Hondius. Après leur évacuation depuis Tenerife, les passagers américains ont été regroupés au Nebraska, au sein du National Quarantine Center de l’University of Nebraska Medical Center, un centre déjà utilisé pour Ebola et autres agents hautement infectieux. Les autorités sanitaires américaines ont ensuite classé les passagers selon leur niveau d’exposition et leurs symptômes, explique The Guardian.
Les cas positifs ou symptomatiques ont été placés dans des unités de bioconfinement à haute sécurité, avec chambres à pression négative et surveillance médicale continue. Les cas contacts jugés à haut risque ont été maintenus en quarantaine médicale au Nebraska avec tests réguliers et contrôle quotidien des symptômes. En revanche, les passagers considérés comme faiblement exposés ont pu rentrer chez eux sous surveillance des autorités sanitaires locales, avec auto-contrôle pendant jusqu’à 42 jours. Le patron de l'OMS a estimé dimanche 10 mai que ce protocole pouvait "présenter des risques".
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