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Des personnes pleurent la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors d'une frappe conjointe des États-Unis et d'Israël, sur une place de Téhéran, le 1er mars 2026.
Crédit : ATTA KENARE / AFP
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Des bombardements massifs ciblent de nouveau l'Iran lundi 2 mars, au troisième jour de l'opération "Fureur épique" lancée par les États-Unis avec Israël et destinée à décapiter la République islamique. Une intervention qui a conduit à la mort de nombreux leaders du régime de Téhéran, dont le guide suprême Ali Khamenei ce samedi.
En conséquence, le Conseil chargé d'assurer la transition après la mort de l'ayatollah "a commencé son travail", selon le président iranien Massoud Pezeshkian. Le temps d'élire un nouveau guide suprême, la République islamique est dirigée par intérim via un triumvirat composé du président iranien, du chef du pouvoir judiciaire en Iran Gholamhossein Mohseni Ejeï, ainsi que du dignitaire religieux Alireza Arafi, âgé de 67 ans.
Mais comment fonctionne concrètement le régime iranien ? Depuis 1979 et la révolution islamique qui a mis fin à la monarchie, une nouvelle constitution est en place avec pour boussole le chiisme, l'une des deux principales branches de l'Islam. Voici un petit lexique pour tout comprendre, avec certaines subtilités qui tiennent aux relations hiérarchiques.
Le mollah - qui signifie "maître" - est un religieux érudit. Pour le devenir, il a passé entre sept et quinze ans dans une hawza, un séminaire chiite. Il exerce des fonctions variées - juges, enseignants, conseillers spirituels, gestionnaires de mosquées - et est par ailleurs chargé d'interpréter les textes du Coran et de veiller à l'application de la loi islamique, la charia.
Selon les estimations, il y a environ 180.000 mollahs en Iran. De ce fait, ils sont omniprésents dans la société et, comme ils ont largement contribué à renverser la monarchie à la fin des années 1970, la théocratie iranienne est souvent désignée comme "le régime des mollahs".
Tous les ayatollahs sont des mollahs, mais l'inverse n'est pas vrai. Concrètement, des mollahs peuvent devenir des ayatollahs : on en dénombre une petite centaine, qui correspondent donc à l'élite religieuse. Leur nom veut d'ailleurs dire "signe de Dieu".
L'ayatollah est un titre honorifique que ses pairs décernent à un mollah qui a atteint le niveau mujtahid, c'est-à-dire une connaissance exceptionnelle dans la jurisprudence, mais également de la théologie, de l'éthique et de la philosophie islamique. Autrement dit, cela peut prendre plusieurs décennies. L'ayatollah est reconnu capable de former des mollahs et d'émettre des avis juridiques indépendants, des fatwas.
Encore au-dessus des ayatollahs, on retrouve ceux ayant acquis une grande notoriété et une notoriété morale incontestable : les marja' (les grands ayatollahs). Ils ont une autorité supérieure : ce sont ceux dont les fidèles suivent les avis religieux et moraux dans leur vie quotidienne. Par exemple, si un Iranien se demande s'il peut utiliser un médicament qui contient de l'alcool ou s'il peut avoir recours à la PMA, il consulte d'abord son marja' par courrier ou sur son site internet. Tous les marja' en ont aujourd'hui. Et ensuite, quel que soit cet avis, le fidèle est censé s'y tenir.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei le 3 novembre 2025
Crédit : KHAMENEI.IR / AFP
À la tête du régime, on trouve enfin le Guide suprême, le plus haut responsable politique et religieux du pays. Il est élu à vie par l'Assemblée des experts, composée de membres religieux, si bien qu'il n'y a eu que deux titulaires de cette fonction depuis 1979 : Rouhollah Khomeini pendant dix ans, puis Ali Khamenei, tué samedi par des frappes américano-israéliennes. Théoriquement, ce conseil de 88 membres, élus pour huit ans au suffrage universel direct majoritaire, peut révoquer le leader, mais ce n’est jamais arrivé.
Parmi ses prérogatives, le guide suprême gère le commandement en chef des forces armées et de sécurité, nomme les hauts responsables non élus et définit les grandes orientations de l'Iran. Ainsi, aucune décision d'envergure n'est prise sans son approbation, ce qui a amené l'ayatollah Khamenei à négocier avec Donald Trump autour d'un accord sur leurs capacités d'enrichissement nucléaire avant sa mort.
Élu au suffrage universel, le président lui est le chef du gouvernement pour quatre ans, et s'occupe des affaires courantes.
Des Gardiens de la Révolution à Téhéran (Iran), le 10 janvier 2025.
Crédit : Morteza Nikoubazl / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Les Gardiens de la Révolution correspondent au bras armé de la République islamique. Créé en 1979, ce corps est l'équivalent d'une armée chargée de servir l'idéologie islamiste chiite du régime. Les "Pasdaran", comme on les appelle en farsi, forment un groupement de 150.000 à 200.000 personnes, dirigé depuis juin par Mohammad Pakpour, un vétéran de la guerre Iran-Irak dans les années 1980.
Ses dirigeants étant nommés par le guide suprême, ce sont eux qui sont accusés d'avoir orchestré la répression sanglante de la contestation populaire en janvier, sous l'impulsion du pouvoir en place. À tel point que l'Union européenne les a placé sur la liste des "organisations terroristes" fin janvier.
Leur budget militaire est estimé entre 6 et 9 milliards de dollars par an, soit environ 40% du budget militaire officiel iranien, selon les données récoltées par le chercheur David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la fondation Jean-Jaurès, cité par l'AFP.
Le Shah est un titre royal utilisé par les dirigeants d'Iran, ou de façon plus générique par le souverain ou le monarque d'un État. La dynastie Pahlavi est la dernière à avoir régné - pendant 54 ans - avant la mise en place de la République islamique. En 1979, le Shah Mohammad Reza Pahlavi, un pro-occidental, a finalement été contraint de fuir avec sa famille après la Révolution iranienne ayant abouti à l'avènement de l'ayatollah Khomenei.
Reza Pahlavi en juin 2025, à Paris.
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Désormais, son fils Reza Pahlavi, qui vit aux États-Unis, se pose comme une alternative au pouvoir iranien. Dimanche, il a invité le peuple à célébrer la mort d'Ali Khamenei. S'il fait partie des visages de l'opposition aux mollahs, il ne fait toutefois pas l'unanimité, et pas seulement à cause de son accent américain. Ses relations apaisées avec Israël passent mal, comme l'héritage de son père qui a lui aussi été un monarque autoritaire avant son exil.
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