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Le président iranien Massoud Pezeshkian - membre du triumvirat ayant repris le pouvoir par intérim à Téhéran -lors d'un discours à l'ONU, le 24 septembre 2024 à New York.
Crédit : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Un régime décapité mais pas encore tombé. Après la mort du guide suprême Ali Khamenei, le pouvoir iranien tente de se réorganiser tandis que les frappes contre Téhéran se poursuivent. Donald Trump a assuré dimanche 1er mars que 48 "leaders" iraniens avaient été tués. Des frappes dans l'ouest ont provoqué également la mort de 43 membres des forces de sécurité, selon un média iranien.
Le Conseil chargé d'assurer la transition après la mort de l'ayatollah Khamenei "a commencé son travail", selon le président iranien Massoud Pezeshkian. Le temps d'élire un nouveau guide suprême, la République islamique est dirigée par intérim - comme le prévoit l'article 111 de la constitution iranienne - par un triumvirat composé du président iranien, du chef du pouvoir judiciaire en Iran Gholamhossein Mohseni Ejeï, ainsi que du dignitaire religieux Alireza Arafi, âgé de 67 ans.
Dans l'ombre de l'ayatollah Khamenei, ce dernier est depuis de nombreuses années une pièce maîtresse du régime. Né dans une famille très religieuse, il a été envoyé dès ses 11 ans dans la ville sainte de Qom pour suivre des études de théologie. Durant son séminaire, il a étudié le Coran mais aussi le droit islamique et la philosophie. À partir de 2008, il préside la Al-Mustafa International University, une université religieuse qui forme des étudiants du monde entier en Iran, mais aussi dans d'autres pays, avec des vidéos promotionnelles comme pour n'importe quel autre campus.
L'homme de confiance de l'ayatollah Khamenei cumule les postes clés car il est membre de l'Assemblée des experts, ces hauts dignitaires chargés de désigner le guide suprême. Père d'un fils également imam, il siège aussi au conseil des Gardiens de la Révolution, les Pasdaran. Réputé pour très bien parler anglais, l'ayatollah Arafi avait notamment été reçu au Vatican par le pape François fin mai 2022.
Un autre dirigeant est appelé à jouer un rôle majeur dans ce processus, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani. Dimanche, c'est lui qui a présenté les plans de transition post-Khamenei. Il a juré sur X de frapper Israël et les États-Unis "avec une force qu'ils n'ont jamais connue".
Les hauts dirigeants iraniens se cachent, ils savent leur tête mise à prix. Mais le régime de Téhéran continue de s'en prendre aux intérêts américains et israéliens dans la région. Pour cela, il dispose de missiles très divers : balistiques, de croisières courtes et moyennes portées, des drones. On ne connaît pas leur nombre exact, ni si l'Iran dispose encore de suffisamment de lanceurs pour les envoyer.
Reste qu'Israël et les pays du Golfe sont toujours à portée de missiles comme en témoignent des frappes ce lundi matin vers le Bahreïn, le Koweït, le Qatar, Abou Dhabi aux Émirats arabes unis et sur le nord de l'Irak, près de l'aéroport d'Erbil. Mais également sur le Liban.
L'Iran ne se fixe "aucune limite" dans son droit à se défendre, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine ABC. "Ce que font les États-Unis est un acte d'agression. Ce que nous faisons, c'est nous défendre. C'est très différent", a-t-il insisté.
Selon le général François Chauvancy, Téhéran dispose d'une réserve assez faible de missiles pour une guerre de cette intensité : "entre 1.200 et 2.000" missiles, avec la capacité d'en fabriquer seulement une centaine par mois. "Quant aux drones, ils sont sans limite : il est extrêmement facile d'en fabriquer, cela coûte beaucoup moins cher et c'est beaucoup moins long à fabriquer", explique-t-il sur RTL. En l'occurrence, ils sont produits de manière industrielle, l'Iran étant le principal fournisseur de drones à la Russie.
Selon des experts en défense, l'Iran a utilisé 10% de son stock de missiles et pourrait à ce rythme tenir moins de dix jours. "Nous nous sommes préparés à ces moments et avons envisagé tous les scénarios possibles", a rappelé ces dernières heures le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. Reste à savoir si dans le contexte actuel, les 88 hauts dignitaires du régime pourront se réunir et désigner le nouveau guide suprême et si leur choix se portera définitivement sur Alireza Arafi pour incarner officiellement le régime des mollahs.
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