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Guerre en Ukraine : qui sont ces Ukrainiens évacués en Russie et comment sont-ils accueillis ?

Près de 2 millions d'Ukrainiens sont actuellement réfugiés en Russie où l'intégration reste difficile malgré l'aide d'une armée de volontaires qui agit dans l'ombre.

Des restes de barricades dans la ville de Severodonetsk dans le Donbass.
Des restes de barricades dans la ville de Severodonetsk dans le Donbass.
Crédit : RONALDO SCHEMIDT / AFP
Guerre en Ukraine : qui sont ces Ukrainiens évacués en Russie et comment sont-ils accueillis ?
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Sophie Joussellin - édité par Charlène Slowik

Samedi dernier, le président ukrainien a décidé d'une évacuation obligatoire des 200.000 habitants encore dans la région de Donetsk face aux frappes russes de plus en plus violentes. Zelensky incite la population à se réfugier à l'ouest du pays mais une partie pourrait se rendre en Russie voisine selon les derniers chiffres du HCR (Haut comité aux réfugiés de la guerre).

Sur les 6 millions d'Ukrainiens qui ont quitté le pays, près d'un tiers, 1,8 million est actuellement en Russie. Il s'agit souvent de personnes âgées, de femmes seules avec enfants qui ne parlent que russe et ukrainien et qui n'osent pas aller dans un autre pays d'Europe. Les premiers sont arrivés en direction de Kharkiv puis de Marioupol. Actuellement, ils viennent des territoires de l'Est du Donbass.

Cependant, des rumeurs circulent sur le fait que ces réfugiés auraient été mis de force dans des bus. L'État ukrainien parle même de déportations. Aucun interlocuteur ne l'a confirmé, mais il est vrai que ces réfugiés n'ont souvent pas le choix : soit ils restent sous les bombes, soit ils partent en Russie. 

Les réfugiés sont répartis sur le territoire russe

C'est ce qu'a fait Oleksandre, 21 ans, vivant à Marioupol. Il a choisi de traverser la Russie ce qui représente plus de 2.000 km pour aller en Finlande avec sa fiancée. "On en pouvait plus des bombes et un jour on nous a dit qu'il y avait un bus gratuit pour la Russie alors on l'a pris dès le lendemain", raconte le jeune homme. 

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"Ensuite, on a pris un autre bus pour Saint-Pétersbourg. De là, on est passé en Finlande. On n'a jamais pensé rester en Russie, vous comprenez, on ne peut pas vivre dans le pays qui a détruit le nôtre", confie-t-il. 

Une fois en Russie, soit les réfugiés qui ont de la famille la rejoignent, soit ils sont répartis sur le territoire. L'état russe a tout prévu pour cela. Ils sont nourris et logés pendant quelques semaines. Fin mai, 300 réfugiés de Marioupol ont ainsi été accueillis à 7.000 km de chez eux.

Une intégration difficile

Quand ils décident de rester, les réfugiés reçoivent un statut de résident permanent pour un an et la Russie leur octroie une aide unique, presque symbolique. "La Russie verse 10.000 roubles à chaque réfugié, un peu plus de 150 dollars. Bien sûr que ça ne suffit pas pour vivre s'ils veulent rester quelques mois. Ils doivent se nourrir, se loger et donc trouver un travail", détaille le comité d'assistance civique.

Le statut de résident permanent leur permet logiquement de pouvoir trouver un travail mais peu d'employeurs russes acceptent de leur en donner car la préférence nationale est de mise. "Avec mes parents et ma fille, on habite maintenant chez des proches. On vit de l'aide humanitaire. Ils nous donnent un peu d'argent chaque mois. Bien sûr, je cherche du travail mais c'est compliqué, les emplois qui sont proposés sont très mal payés", explique une réfugiée ukrainienne de la région de Kharkiv.

Des volontaires aident les réfugiés au péril de leur vie

La population russe est tout de même sensible au malheur des Ukrainiens. Il y a une entraide extraordinaire sur les réseaux sociaux grâce à des volontaires. Ce sont eux qui ont aidé Oleksandre et sa fiancée à passer la frontière. "Ils nous ont aidés pour tout. Pour le logement, les billets de bus, pour les formalités. Ils nous ont donné de l'argent et à Saint-Pétersbourg, une dame très gentille nous a même fait visiter la ville", rapporte Oleksandre.

Ces volontaires aident les Ukrainiens au péril de leur vie. "C'est l'armée de l'ombre. Pour l'instant, notre mouvement est toléré mais tout peut changer d'un moment à l'autre. N'importe qui peut être accusé d'espionnage", souligne Olga, qui accompagne régulièrement des réfugiés. La majorité des réfugiés d'Ukraine restent en Russie. Un peu plus de 100.000 ont décidé de passer en Europe.

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