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"Trump joue au bulldozer" : pourquoi il faut rester prudent après les annonces du président américain sur un cessez-le-feu énergétique entre l'Ukraine et la Russie

Le président américain Donald Trump a semé la confusion dimanche 11 octobre en annonçant une trêve énergétique entre l'Ukraine et la Russie, provoquant l'étonnement de Kiev et le silence à Moscou.

Donald Trump s'adresse aux journalistes le 19 juillet 2026 sur la base aérienne d'Andrews, dans le Maryland.

Crédit : Andrew Harnik / Getty Images via AFP

Guerre Russie-Ukraine : Claude Blanchemaison est l'invité de Jérôme Florin

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Juliette Vignaud & AFP

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Une annonce surprise. Donald Trump a pris de court Volodymyr Zelensky, ce dimanche 11 octobre, en déclarant que la Russie et l'Ukraine avaient convenu de mettre fin aux frappes contre leurs infrastructures énergétiques respectives. Le président ukrainien a rapidement déclaré n'avoir pas été prévenu de cet accord, se disant néanmoins prêt à l'accepter. Moscou, de son côté, est restée silencieuse. 

"Trump, suivant son habitude, joue au bulldozer, c'est-à-dire qu'il fait comme s'il y avait un accord, mais bien entendu, il n'y avait pas d'accord avec Zelensky", analyse Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France en Russie, invité de RTL Petit Matin ce lundi. Le chef de l'Ukraine s'est néanmoins dit prêt à l'accepter si la Russie faisait de même. 

"Cet hiver, si la Russie n'accepte pas un cessez-le-feu énergétique, nous répondrons", a répété Volodymyr Zelensky lors d'un discours en vidéoconférence à un forum sur la sécurité à Varsovie lundi. "Si la Russie veut que nous arrêtions nos frappes de longue portée contre ses raffineries pétrolières et ses exportations de pétrole, alors la Russie doit cesser ses frappes contre notre système énergétique et nos infrastructures critiques. Et arrêter de tuer notre peuple", a-t-il ajouté. 

Londres, Paris et Ottawa ont affirmé soutenir cet "appel" du président américain. Emmanuel Macron a affirmé que la France soutenait "sans réserve l'appel à une vraie trêve énergétique, à laquelle l'Ukraine est disposée". Mais, "à ce stade, la Russie continue de la refuser en intensifiant ces dernières heures encore ses frappes contre les infrastructures ukrainiennes", a-t-il noté. En effet, aussitôt l'annonce de ce "cessez-le-feu énergétique" Kiev a dénoncé de nouvelles frappes russes sur ses infrastructures.

"Poutine n'a pas envie d'avoir un cessez-le-feu dans l'immédiat"

Donald Trump a également annoncé avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou. "Il veut faire baisser le prix du gazole sur le marché américain", explique Claude Blanchemaison, selon qui, ce ne sera "pas forcément très efficace". "Ça fera peut-être baisser un petit peu le prix du gazole américain, mais pas beaucoup, parce que les quantités en cause sont faibles", estime le diplomate.

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Le président américain a aussi tenu d'autres propos semblant aller dans le sens de Moscou face à Kiev. Il a notamment vivement attaqué Volodymyr Zelensky, estimant qu'il était "temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président" afin, selon lui, d'ouvrir la voie à la fin de la guerre avec la Russie. 

"Avec tout le respect vis-à-vis du président Trump, c'est à notre société, à notre peuple, qu'il revient de choisir tel ou tel dirigeant", a réagi le président Volodymyr Zelensky, en réitérant son appel à un cessez-le-feu avec la Russie de "60 jours", ce qui permettrait, selon lui, d'organiser des élections. "Dites à Poutine de nous accorder deux mois, soixante jours de cessez-le-feu total, soixante jours, et nous organiserons les élections", a-t-il affirmé.

"Je pense que Poutine n'acceptera pas car il n'a pas envie d'avoir un cessez-le-feu dans l'immédiat puisqu'il pense qu'il tient le bon bout et qu'il peut avoir dans sa guerre, d'usure maintenant, le dessus sur l'Ukraine. Surtout la période hivernale approchant", analyse Claude Blanchemaison.

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