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Guerre en Ukraine : comment les oligarques russes contournent le gel de leurs comptes bancaires

REPORTAGE - À Saint-Jean-Cap-Ferrat, les oligarques russes sont méfiants et se retirent de la péninsule, tandis que d'autres tentent de contourner le gel de leurs comptes bancaires.

Le port de Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes).
Le port de Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes).
Crédit : Hugo Amelin / RTL
Sanctions contre la Russie : comment les oligarques russes contournent le gel de leurs comptes bancaires ?
00:04:41
Hugo Amelin - édité par Charlène Slowik

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les sanctions ne cessent de tomber sur la Russie mais aussi sur les oligarques russes. Près de 70 villas et hôtels particuliers appartenant à une liste de 1.200 proches du Kremlin ont été "gelés" en France. Cela représente l’équivalent de 700 millions d’euros.

Saint-Jean-Cap-Ferrat est une péninsule immergée dans les eaux turquoises à quelques kilomètres de Monaco, qui pourrait aisément être surnommée Moscou-sur-méditerranée. La concentration d’oligarques et de riches ressortissants russes y est particulièrement importante. Restaurants et épiceries aux saveurs de la mère patrie mais surtout yachts et villa démentiels, atteignant régulièrement les 30 et 40 millions d’euros l’unité. 

Un havre de paix chèrement défendu : une professionnelle de ce milieu révèle qu’un de ses clients avait 60 gardes du corps armés chaque jour sur sa propriété. Un autre a fait construire un double mur d’enceinte. Drones, caméras, vigiles tchétchènes et français : le conflit en Ukraine a décuplé la paranoïa des oligarques. Plusieurs d’entre eux ont mystérieusement connu des fins tragiques ces dernières semaines.

La villa Natacha n'est pas gelée, mais beaucoup de villas de cette zone géographique ont des petits noms russes.
La villa Natacha n'est pas gelée, mais beaucoup de villas de cette zone géographique ont des petits noms russes.
Crédit : Hugo Amelin / RTL

Le recours aux transferts financiers

"On commence à avoir des petits retards de paiement avec les occupants de certaines villas, qui nous ont demandé de patienter. Comme on les connaît depuis des années, on continue d’y envoyer du personnel, de surveiller les caméras en espérant qu’ils nous règleront bientôt. Nous avons de plus en plus de demandes, ça veut dire que les oligarques ont un peu peur", analyse Corinne Roux-Farrineti, la patronne d’SGP Sécurité. 

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Chaque agence immobilière du secteur compte au moins un agent à l’accent russe. Mais depuis trois mois, les villas se désertent, les yachts et les bolides prennent la poussière. Bertrand Cohen dirige "Sea Side", une agence maritime. Il vend, gère et loue des yachts, avec équipage et jet ski. 

"Il n’y a pas que les oligarques qui sont impactés par ces sanctions. Les chefs d’entreprises, les médecins, avocats russes qui viennent ici plusieurs mois dans l’année me disent qu’ils vont laisser leur yacht au hangar cet été, car ils sont limités à quelques milliers d’euros par mois en terme de transferts financiers de Russie en France. Ils n’ont pas tous des comptes bancaires à Monaco, alors certains échangent en crypto-monnaie, d’autres passent par une banque à Pékin, Istanbul ou Dubaï pour faire transiter leur argent jusqu’en France. Mais c’est moins souple, il y a des problèmes pour voyager aussi, alors on s’attend à une baisse de 15% de notre chiffre d’affaires cette saison", confie Bertrand Cohen.

L'arrivée de riches familles ukrainiennes

Sur le port de Saint-Jean-Cap-Ferrat, Robert sert des glaces et des salades vertes aux femmes et enfants de riches businessmen russes, qui eux restent au chaud dans leurs bunkers. "Dans une villa, ils ont viré tout le personnel du jour au lendemain. On voit aussi de plus en plus de plaques d’immatriculation Ukrainiennes. Il y a toujours eu une petite communauté mais là des familles de la 'haute sphère' sont arrivées en nombre. On voit qu’elles ne sont pas arrivées avec leur simple valise", rapporte-t-il. 

Anna, agent immobilier confirme : "On a beaucoup de demandes de la part de clients Ukrainiens, qui veulent louer des villas pour 40.000 euros par mois, pour rester un an ou un peu moins. Mais les sanctions nous empêchent de leur proposer certains biens".

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