3 min de lecture LGBT

G20 au Japon : Poutine dénonce les libertés sexuelles des pays occidentaux

À l'occasion du sommet du G20, au Japon, Vladimir Poutine a lancé l'offensive contre le progressisme occidental alors que la Russie est elle-même marquée par une forte répression de l'opposition et un contrôle toujours plus étroit de la société civile.

Le président russe Vladimir Poutine le 9 septembre 2018.
Le président russe Vladimir Poutine le 9 septembre 2018. Crédit : Alexey NIKOLSKY / Sputnik / AFP
Camille Descroix
Camille Descroix
et AFP

Vladimir Poutine est-il anti-occidental ? Au sommet du G20 à Osaka, au Japon, c'est le président russe qui a marqué les esprits en attaquant frontalement le progressisme dans les pays occidentaux, et en particulier les idées pro-LGBTQ+. Le président russe a dénoncé, samedi 29 juin, les idées de liberté sexuelle et de liberté de genre "imposées" selon lui aux gens, qui y seraient majoritairement hostiles.

"Dans certains pays européens, on dit aux parents que les filles ne peuvent plus mettre de jupes à l'école. C'est quoi ça?", a t-il déclaré. "Cette idée progressiste commence à être dépassée", a estimé le président russe, qui avait déjà provoqué un tollé en estimant dans une interview publiée à la veille du sommet dans le Financial Times que le progressisme "avait vécu".  

"Il y a toutes sortes de choses maintenant : on a inventé cinq ou six genres (...) je ne comprends même pas ce que c'est", a poursuivi le président russe. "Le problème est que cette partie de la société assez agressive impose son point de vue à la majorité écrasante", a-t-il affirmé. "Les représentants des idées libérales imposent un certain type d'éducation sexuelle à l'école, les parents ne le veulent pas, mais on ne demande pas leur avis", a encore assuré M. Poutine. 

Des scènes homosexuelles coupées dans la version russe du biopic sur Elton John

Le chanteur britannique Elton John s'est adressé, vendredi, avec une série de tweets à Vladimir Poutine, après que le maître du Kremlin a affirmé que la Russie n'"avait pas de problème" avec les personnes LGBTQ+ et voulait que tout le monde soit heureux, dans l'interview au Financial Times. Alors que des scènes d'amour homosexuelles et de consommation de drogues ont récemment été retirées de la version russe du biopic sur Elton John, la star britannique a accusé M. Poutine d'"hypocrisie"

À lire aussi
Le cour du Chapeau Rouge à Bordeaux (Gironde). Bordeaux
Agression transphobe à Bordeaux : "Je ne dors plus", témoigne Nana, la victime

"Nous avons une attitude très calme envers la communauté LGBTQ+", a rétorqué le président. "Nous avons une loi, critiquée par tout le monde, la loi interdisant la propagande homosexuelle auprès des mineurs", a-t-il rappelé. "Mais écoutez, laissez une personne grandir, devenir adulte et puis décider qui elle veut être", a lancé M. Poutine. 

>
Une lettre d'Amérique - Stonewall, emblème de la marche des fiertés Crédit Image : dailymotion | Crédit Média : RTL Originals | Date :

Les Européens ripostent face à Poutine

La conception du monde de Vladimir Poutine, d'ordinaire réservée en ces termes à son électorat en Russie et non sous les projecteurs de la diplomatie internationale, a visiblement touché une corde sensible chez certains dirigeants à Osaka. "Ce que je trouve vraiment obsolète, c'est l'autoritarisme, les cultes de la personnalité, le règne des oligarques", a ainsi rétorqué le président du Conseil européen, Donald Tusk. 

Le président français Emmanuel Macron a également répliqué aux propos de son homologue russe : "Je suis convaincu que, dans ce monde plein d'incertitudes, les démocraties libérales ont encore beaucoup à faire et à apporter". 

Donald Trump, pour sa part, a estimé que Vladimir Poutine "comprend ce qu'il se passe", ajoutant que des villes américaines comme San Francisco et Los Angeles étaient "tristes" parce qu'elles sont dirigées par des "progressistes". 

Poutine, en "croisade contre le progressisme" ?

Arrivé à la présidence de la Russie en 2000, Vladimir Poutine s'était d'abord présenté comme partisan du libéralisme économique et de la modernisation de la société russe. Ses années de pouvoir ont été marquées par un redressement économique du pays à la faveur de la manne pétrolière et son retour en force sur la scène internationale, mais également par une répression de l'opposition, un contrôle toujours plus étroit de la société civile et la mise au pas des médias trop indépendants

Les critiques, puis les sanctions à l'encontre de la Russie depuis 2014 ont attisé une attitude de plus en plus anti-occidentale, tandis que les idées conservatrices ont gagné du terrain au sein de la société, sous l'impulsion de la puissante Eglise orthodoxe. 

Le secteur de la culture subit notamment une forte pression des milieux conservateurs ces dernières années, certains spectacles, films et expositions se voyant attaqués ou tout simplement interdits. Le contrôle de l'internet s'est renforcé sous l'effet de plusieurs lois controversées et les organisations de défense des droits humains ou des LGBT sont plus que jamais sous la surveillance constante des autorités. 

Selon l'analyste indépendant Vladimir Frolov, le président russe mène une "croisade contre le progressisme" dans l'espoir d'unifier les forces conservatrices dans le monde entier autour de sa personne.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
LGBT Sommet du G20 Japon
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants