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États-Unis : quand l'ADN s'invite dans la campagne présidentielle de 2020

La démocratisation des tests génétiques pour les particuliers pose de réelles questions éthiques dont s'empare la classe politique.

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États-Unis : quand l'ADN s'invite dans la campagne présidentielle de 2020 Crédit Image : Andrew Brookes / Cultura Creative | Crédit Média : RTL | Date :
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Philippe Corbé
Philippe Corbé
Journaliste RTL

De plus en plus de particuliers réalisent des tests génétiques aux États-Unis. Pour quelques dizaines de dollars, le curieux envoie une petite fiole de salive par la poste. Une fois ce précieux ADN analysé et comparé avec d'autres profils répertoriés, le laboratoire délivre une probabilité d'origine.

Les résultats peuvent être mélangés. Des Afro-américains découvrent par exemple qu'ils présentent des traces ADN d'Européens parce qu’il y a eu un viol d’une de leurs ancêtres esclaves. Depuis trois ans, 15 millions de personnes ont réalisé ces tests ADN. Des sociétés privées ont ainsi pu constituer des fichiers gigantesques avec ces données génétiques. Et c’est une révolution pour la police.

Dans le magazine Science, des chercheurs écrivaient récemment que d’ici trois ans, la plupart des Américains d’origine européenne seront identifiables grâce à leur ADN. Car il suffit qu’il y ait dans la base les données génétiques d’un cousin éloigné, avec lequel vous n’avez seulement qu’un arrière-arrière-grands-parent en commun, pour qu’on identifie votre ADN.

Donald Trump et "Pocahontas"

Un exemple est particulièrement frappant. Au printemps dernier, des bases de données génétiques ont permis de retrouver un violeur et tueur en série qui échappait aux autorités depuis 32 ans. Jusqu’à ce qu’un enquêteur ait l’idée de comparer de l’ADN retrouvé sur une scène de crime, avec ces bases de données généalogiques.

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Ils n’ont pas trouvé cet homme directement, mais le profil génétique d’un cousin. Ils ont donc reconstitué un arbre généalogique jusqu’au 19e siècle, et cherché dans les multiples branches de cet arbre de possibles cousins éloignés qui correspondraient au profil. C’est comme cela qu’ils ont identifié le coupable en avril. Depuis, au moins une quinzaine de dossiers criminels ont été résolus de la sorte, et cela ne fait que commencer, même si cela pose des questions éthiques.

Les tests ADN ont également des conséquences politiques.  En effet, ces tests ADN ont fait la une de l’actualité politique ici. Donald Trump surnomme "Pocahontas" une sénatrice démocrate, probable candidate à la primaire pour l’affronter en 2020. Le président américain lui reproche d’avoir menti en affirmant avoir des origines cherokees. Il avait promis de donner un million de dollars si elle faisait un test ADN. Elle vient de les réaliser, qui prouve selon elle qu’elle bien des origines amérindiennes. Trump conteste les résultats statistiques. La première bagarre de la campagne 2020 tourne donc autour d’un test ADN.

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