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États-Unis : pourquoi le pays redoute une vague d'expulsions au mois d'août

Conséquence de la pandémie et de la reprise économique assez forte qui a suivi aux États-Unis, le marché immobilier est très tendu.

Un sans-abri aux États-Unis (illustration)
Un sans-abri aux États-Unis (illustration)
Crédit : FREDERIC J. BROWN / AFP
Logement : une vague d'expulsions à craindre aux États-Unis
03:20
Carrie Nooten - édité par William Vuillez

La pandémie en matière de logement, a creusé les inégalités aux États-Unis et ce sera encore plus criant dès la fin du mois, dès que le moratoire national sur les expulsions va expirer. Tout cela dessine une nouvelle Amérique. Jusqu’au 31 juillet, les locataires qui n’étaient pas en mesure de payer leurs loyers pouvaient rester chez eux, théoriquement. C’est une mesure sanitaire qui avait été mise en place dès le début de la pandémie, lorsque les Américains se sont faits licenciés par milliers. 

C'est une décision exceptionnelle pour les États-Unis, il faut tout de même le rappeler. Mais dès le 1er août, les expulsions pourront reprendre à travers le pays. Sans compter que sur ce marché tendu, le prix des loyers commence à augmenter. Or, près de 6 millions d’habitants ont encore du mal à payer leur loyer, surtout dans les foyers les plus modestes, et, malheureusement, les minorités raciales sont aussi les plus touchées. Et cela inquiète les villes, mais pas uniquement à cause des foules de sans-abris qu’elles peuvent prévoir, pour une autre raison aussi. 

En plus de craindre d’avoir des invasions dans les parcs, sous les ponts, ces mairies ont surtout peur qu’une forte augmentation de population de sans-abris entraîne une recrudescence des infections au coronavirus. En effet, les précaires sont aussi les moins vaccinés. Et s’ils se retrouvent dans la rue, cela va contribuer à de nouvelles contaminations. Un journal médical a calculé que dans une ville d’un million d’habitants, avec un taux d’expulsions à 1% par mois, cela pourrait entraîner 50.000 infections qui
n’auraient pas eu lieu sans mouvement de population.

Les villes s'organisent pour faire face à l’afflux de sans- abris

À situations exceptionnelles, solutions exceptionnelles. Les villes ont du être créatives pour réagir, car même si le moratoire n’expire que ce mois-ci, le nombre de sans-abris dans le pays a déjà gonflé de 30%. Alors il y a différentes pistes, dès le mois de décembre, la ville de Denver a décidé de créer des petites communautés de campements avec à chaque fois une quarantaine de tentes individuelles, une sécurité 24h/24, des repas livrés tous les jours, des sanitaires et la présence d’un médecin

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Le maire de la ville lui-même n’était pas convaincu, mais assez vite, il a vu que ces gens qui
avaient un coup dur, une fois que leurs besoins vitaux étaient assurés (un lit régulier, un endroit pour se laver et de quoi manger), ils n’entraient pas dans un cercle infernal, et pouvaient plutôt se concentrer sur la suite.

Un autre exemple, à Philadelphie, l’une des villes les plus pauvres des États-Unis, qui a créé un processus d’évitement d’expulsion il y a quelques mois. En gros, à partir du moment où un locataire est en défaut de paiement, le propriétaire peut demander une médiation à la ville et un plan est installé pour que le locataire puisse rester dans son logement, mais que le propriétaire soit payé en attendant. 1.500 foyers ont déjà bénéficié de cette médiation et 90% d’entre-eux ont réussi à éviter l’expulsion.

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