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Présidentielle américaine 2016 : la menace de Daesh au cœur du débat des républicains

Les candidats républicains à la Maison Blanche, parmi lesquels Donald Trump et Jeb Bush figurent, ont presque tous énuméré les menaces terroristes en promettant fermeté et détermination face à la faiblesse supposée du président démocrate Barack Obama.

Les candidats à la primaire républicaine pour les élections américaines de 2016 Donald Trump, Jeb Bush et Ted Cruz le 15 décembre 2015 à Las Vegas.
Les candidats à la primaire républicaine pour les élections américaines de 2016 Donald Trump, Jeb Bush et Ted Cruz le 15 décembre 2015 à Las Vegas.
Crédit : JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Après les attentats de Paris et la fusillade de San Bernardino, le cinquième débat des candidats républicains à la Maison Blanche a été mardi soir 15 décembre totalement dominé par les questions de sécurité nationale. Un seul mot d'ordre parmi les neuf candidats qui s'étaient réunis à Las Vegas : détruire Daesh. 

Comme au lendemain des attentats du 11-Septembre, les prétendants à la primaire républicaine se sont interrogés sur l'équilibre approprié entre sécurité nationale et protection des libertés individuelles de la vie privée. "L'Amérique est en guerre", a annoncé le sénateur du Texas Ted Cruz. "Notre liberté est attaquée", a dit Jeb Bush. "Notre pays est hors de contrôle", a tonné l'homme d'affaires Donald Trump.

La politique Barack Obama remise en cause

Face à la menace terroriste, islamiste et jihadiste, ils ont promis fermeté et détermination. Un discours qui a dû faire mouche près de deux semaines après l'attaque de San Bernardino, en Californie, par un couple radicalisé de longue date. 

Les candidats ont pris pour punching ball commun l'actuel président démocrate Barack Obama, obsédé selon eux par un "politiquement correct" qui aurait affaibli les défenses de l'Amérique, par exemple en acceptant des réfugiés syriens. Tous ont redit leur opposition à leur accueil. Pour le sénateur Marco Rubio, pas question de risquer que l'un d'eux soit un "tueur de l'État islamique". Le débat est revenu sur les loupés des services de renseignement,qui n'ont pas su repérer le couple américano-pakistanais qui a tué 14 personnes en Californie, et avant eux les frèresTsarnaev, auteurs des attentats du marathon de Boston en 2013. Les candidats ont dénoncé la frilosité de l'administration Obama à fouiller les communications sur les réseaux sociaux.

L'immigration et les services de renseignements divisent

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Jugée choquante outre-Atlantique, la proposition de Donald Trump de ne plus laisser entrer de musulmans sur le sol américain a été reprise par son adversaire. "Je comprends pourquoi Donald a fait sa proposition", a dit Ted Cruz, ménageant ostensiblement l'homme d'affaires. "Nous stopperons les attaques terroristes avant qu'elles se produisent car nous ne serons pas prisonniers du politiquement correct".

Le milliardaire en tête des sondages (33%) a plaidé pour la fermeture de certains pans d'internet en Syrie ou en Irak, et appelé à "pénétrer l'internet pour savoir exactement où se trouve Daesh". "Vous me parlez autant que vous voulez de liberté d'expression, je ne veux pas qu'ils utilisent notre internet". 

Seule voix discordante sur ce sujet, le sénateur Rand Paul, représentant de l'aile libertaire du parti républicain. "Quand on exclut certaines religions, quand on censure internet, les terroristes ont gagné", a-t-il argué. Il est aussi l'un des rares à ne pas appeler à renverser Bachar al-Assad en Syrie. Des dissensions entre les faucons conservateurs et les partisans d'une ligne plus libertaire sont par ailleurs apparues sur l'ampleur des pouvoirs à donner aux services de renseignement. Marco Rubio a regretté que la dernière réforme de l'Agence de sécurité nationale (NSA), prohibant la collecte systématique des métadonnées téléphoniques par l'agence, ait été approuvée par certains de ses rivaux. Il s'est heurté, durement, à Ted Cruz sur ce thème et sur l'immigration clandestine, l'un des grands sujets de division entre républicains.

Trump populaire sans briller

L'affrontement entre les deux premiers des sondages, Donald Trump et Ted Cruz (16% des intentions de vote), n'a pas eu lieu.  "Il a un tempérament formidable", a souri l'homme d'affaires, interrogé alors qu'il avait traité Ted Cruz d'"allumé". Le milliardaire a au passage joué l'apaisement en refaisant allégeance au parti républicain, alors qu'encore récemment, il avait une nouvelle fois laissé entendre qu'il pourrait se présenter en indépendant en novembre 2016.

Episode routinier, Jeb Bush a le plus violemment attaqué Donald Trump. "Donald, vous ne gagnerez pas la présidence en insultant tout le monde", a dit le frère cadet du dernier président républicain, George W. Bush. "Je suis à 42%. Vous êtes à 3%. Pour l'instant, je gagne", a rétorqué Donald Trump.

L'homme d'affaires n'a pas brillé dans ce débat, mais il ne s'était pas non plus distingué dans les joutes précédentes. Cela ne l'a pas empêché de maintenir une avance considérable sur ses adversaires. Son populisme anti-immigrés et anti-musulmans est populaire auprès d'une partie croissante de l'électorat conservateur, alors que les primaires commenceront le 1er février. Selon un sondage Washington Post/ABC, 59% des électeurs républicains approuvent son idée de fermer temporairement les frontières aux musulmans.

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